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Non au néocolonialisme français !

Non au Putsch au Gabon

dimanche 6 septembre 2009

Déclaration de l’URCF

Depuis plus de 40 ans, une oligarchie compradore, constituée du clan Bongo et de ses affidés, règne sans partage sur le Gabon, au service de l’impérialisme français et de son propre enrichissement personnel.
Pays doté d’importantes matières premières - uranium (épuisé depuis 1999), pétrole, manganèse, molybdène, niobium, fer et bois -, le Gabon est sous la coupe des multinationales et des monopoles français comme Total, Bouygues, Veolia, BNP, Rougier.

Pour protéger les intérêts économiques de ses grands groupes, la France a conduit une politique clairement néo-coloniale, visant à utiliser son agent (au plein sens du terme, comme l’atteste sa biographie), Omar Bongo, pour servir les intérêts de Paris, en entraînant une indépendance formelle et une totale dépendance économique du Gabon, prouvées par la présence d’un corps expéditionnaire français assurant le « maintien de l’ordre », comme lors de la révolte de la jeunesse gabonaise en 1990.

Le clan Bongo utilisant même, en échange des « services rendus », sa colossale fortune pour financer les campagnes législatives des défenseurs de la « Françafrique », lors des élections législatives en métropole !
La mort d’Omar Bongo pouvait être l’occasion d’ouvrir une nouvelle page de l’histoire du Gabon, en assurant la transition vers l’indépendance et la démocratie.

Très vite, les candidatures en lice pour l’élection présidentielle montraient la prégnance du « système » Bongo, puisque outre le fils du président, concouraient des gens issus du sérail.

L’élection a été entachée de fraudes massives, d’irrégularités diverses, puis un véritable coup d’Etat « institutionnel » s’est déclenché avec la « proclamation de la victoire » d’Ali Bongo, vite relayée par les médias français proches du Quai d’Orsay et de l’Elysée.
« Victoire » contestée par les deux principaux rivaux d’Ali Bongo, déclenchant la colère et révolte du peuple qui s’en prend « aux intérêts français » en raison de l’implication probable de Paris dans la « proclamation » de la « victoire » (confirmée par la reconnaissance de Bongo junior comme « président » - cf. les déclarations de Kouchner et Joyandet ! -) et des responsabilités des monopoles français (avec leur mainmise sur l’économie), dans la misère et la surexploitation des Gabonais.

Le pouvoir gabonais issu du putsch ne connaît qu’un seul langage, celui de la force, et il a ouvert le feu sur les manifestants anti-impérialistes et anti-Bongo, faisant deux morts à Port-Gentil.

L’Union des Révolutionnaires-Communistes de France (URCF) condamne le coup d’Etat au Gabon, qui viole la souveraineté populaire de son peuple, la reconnaissance par le pouvoir de Sarkozy, de la prétendue victoire du fils Bongo, ce qui viole la souveraineté nationale du Gabon ; cela afin de servir les seuls intérêts des monopoles et du complexe militaro-industriel français.
L’URCF est solidaire du combat du peuple frère du Gabon pour son indépendance véritable, sa liberté et la démocratie. Les monopolistes qui pillent le Gabon sont les mêmes que ceux qui exploitent les travailleurs de France, pour assurer le profit maximum.

Cela jette les bases du combat commun, entre les peuples opprimés par l’impérialisme français et les travailleurs de France, contre le néo-colonialisme, pour l’arrêt des ingérences de Paris et pour le retrait des corps expéditionnaires.

Marx a écrit « un peuple qui en opprime un autre ne saurait être libre ». Organisation marxiste-léniniste, l’URCF lutte pour le socialisme comme seule alternative au capitalisme. Socialisme qui mettra fin à tous les traités inégaux, à la politique néo-coloniale de pillage (qui a sa source dans le mode de production capitaliste) et qui se fondera sur la reconnaissance de droits pleinement égaux entre le Gabon et la France, comme entre la France et tous les peuples.

URCF, le 6 septembre 2009