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Octobre 2008 : Analyse de la crise

octobre 2008

CONTRIBUTION À L’ANALYSE DE LA CRISE ET TÂCHES DES COMMUNISTES

Comité Central de l’URCF

Nous sommes confrontés à la plus sévère crise engendrée par le capitalisme. Elle se manifeste sur une longue durée à la manière d’une poupée gigogne : crise écologique permanente qui menace l’avenir des générations ultérieures résultat de la recherche effrénée du profit maximum par les monopoles – crise des subprimes – crise financière/boursière – crise structurelle et générale du système d’exploitation. Seules les dimensions politiques de la crise retardent sur la dégénérescence économique.

Plusieurs rappels :

Le capitalisme est un système mondial, fondé sur l’interdépendance et l’imbrication de chaque économie nationale. Rompre avec le révisionnisme exige d’abandonner les schémas sur un capitalisme présenté comme juxtaposition de « capitalismes nationaux », comme le présentait le PCF des années 70/80. Pour obtenir les profits, le système impérialiste conduit les monopoles français, par exemple, à délocaliser, à casser les emplois en France, et à s’emparer de pans entiers de certains secteurs comme l’électricité au Brésil ; ce sont les mécanismes logiques du capitalisme parvenu au stade impérialiste. Les monopoles agissent encore sur une base nationale (dans une économie mondialisée), non pour défendre les intérêts du pays, mais pour servir la classe capitaliste nationale.

L’Etat bourgeois, dans chaque pays, est au service de son oligarchie financière et de ses monopoles.

On assiste à un aiguisement des contradictions interimpérialistes – Cf. France/Allemagne – bataille pour le leadership entre l’Union européenne et les Etats-Unis, ainsi qu’entre ces derniers et la Russie capitaliste.

Dans cette crise financière, les sommes dilapidées sont colossales. Il y a un an, c’étaient 200 milliards de dollars – il y a 6 mois 500, puis au début de la crise en septembre 950, et maintenant 24 000 milliards de $ ! Ces sommes affectées au service des besoins en eau et en électricité de humanité, auraient résolu ses problèmes globaux. On mesure le parasitisme et les gaspillages de ce système inique.

Le capitalisme, fondé sur la propriété privée des moyens de production, d’échange, des médias, sur la dictature des monopoles sur l’Etat, comme l’analysait à juste titre le programme de l’Internationale Communiste (1928), est bien la cible historique dans les pays impérialistes. C’est important car l’opportunisme sévissant dans les PC s’est polarisé sur les tâches intermédiaires (économiques, sociales, démocratiques) sous-estimant ou niant le but final stratégique : la révolution et le socialisme. Nous y reviendrons avec le débat sur le « Comment faire ? ».

Aspects de la crise financière

Cette chute boursière spectaculaire va entraîner une récession profonde en France et dans les autres pays impérialistes, annoncée dans notre journal Intervention communiste dès février 2008. Certains Etats capitalistes moyennement développés sont au bord ou menacés de la faillite – comme l’Islande, l’Argentine, la Hongrie, l’Ukraine.

La stratégie de la bourgeoisie monopoliste va consister à faire payer la crise aux travailleurs. On peut donc prévoir l’aggravation de l’offensive anti-ouvrière et anti-sociale :

- Fermetures d’entreprises
- Licenciements
- Délocalisations

La stratégie de la classe ouvrière doit précisément être de refuser de faire payer la crise aux travailleurs. Des affrontements de classe majeurs peuvent surgir, il faut y être prêts.

On sait que chaque crise structurelle du capitalisme se traduit par la volonté de la classe dominante de recourir à une politique de préparation et de déclenchement de la guerre impérialiste (bruit de bottes sur l’Iran, la Syrie, voire embrasement de l’Afghanistan, comme le souhaite Obama sous prétexte d’écraser le foyer mondial du terrorisme.

Crise qui s’accompagne de mesures d’encadrement policier de la société, sans précédent par leur maillage et leur efficacité. Fascisation, autoritarisme, réaction sur toute la ligne, accompagnent la crise économique.

Des cartes de transport aux cartes bancaires, rayons X, portiques aux empreintes de l’iris, chaque individu est sous surveillance permanente. Fichier EDVIGE maintenu pour l’essentielle, officines secrètes, traitement et camps d’internement pour les sans-papiers, tel est le visage anti-démocratique de la réaction sur toute la ligne en France et dans les autres citadelles de l’impérialisme.

Donc programme de fascisation et de guerre, auquel il faut ajouter le pillage semi-colonialiste (Etats formellement indépendants, mais dont l’économie est totalement dépendante des grandes puissances capitalistes). Nul doute que l’impérialisme va multiplier les ingérences, les coups d’Etat, la mainmise économique de pays dominés sur tous les continents.

L’impérialisme est bien le « capitalisme pourrissant, agonisant » (mais pas de chute spontanée) analysé par Lénine. Les contradictions du système entre la socialisation croissante de la production et l’appropriation privée monopoliste, la loi de la baisse tendancielle du taux de profits, conduisent les capitalistes, pour satisfaire le profit monopoliste (c’est-à-dire le profit maximum), à des opérations qui mettent en péril l’équilibre de leur système en sapant leurs alliances avec la bourgeoisie non monopoliste, les couches moyennes.

La casse des emplois, les fermetures et délocalisations, la paupérisation, la précarité, découlent de la recherche absolue du profit, mais affaiblissent contradictoirement les bases de la domination de la classe bourgeoise.

L’impérialisme se caractérise par le renforcement aigu des tendances parasitaires et spéculatives du Capital ; c’est une loi objective ; on peut toujours rêver d’un capitalisme industriel, des investissements productifs, comme le font le PCF et Besancenot, mais le rêve se heurte à la réalité du mode de production capitaliste.

Ces dernières années, en proie à la baisse tendancielle du taux de profits, l’oligarchie financière et les banques se sont livrées à une véritable fuite en avant vers les profits faciles et immédiats que constituaient les subprimes, les fonds de pension, entraînant l’apparition d’un réel cancer financier.

La plus-value acquise par les monopolistes (ne jamais oublier que la plus-value naît de l’exploitation de la classe ouvrière, c’est la base de la production capitaliste) se multipliait par 4 grâce aux opérations boursières. Les crises boursières surgies et multipliées n’ont pas empêché la frénésie, une bulle spéculative, car l’économie fictive prenait le pas sur l’économie réelle.

- Les subprimes, en 2006, ont rapporté des profits record. Une même maison se vendait 3 ou 4 fois dans l’année. Les monopoles bancaires français se sont alors emparés d’actions juteuses dans ces subprimes (BNP, Société Générale, Caisse d’Epargne).

- Mais les faillites, les liquidités monstrueuses en jeu ont précipité la chute. Les Working Poor (appellation des travailleurs payés en dessous du salaire minimal) n’ont pu s’acquitter de leur surendettement et ont provoqué, début 2008, la faillite de 9 banques US (garantissant 5000 milliards de dollars), les usuriers rapaces étaient victimes de leur piège tendu aux pauvres et aux familles modestes.

Puis ce fut la contagion et la diffusion de l’épidémie. Toutes les citadelles de l’impérialisme sont atteintes.

Nous sommes confrontés à une crise du système impérialisme mondial.

Retraçons ce qu’a été le triomphe de la politique néolibérale de la classe capitaliste.

Le néolibéralisme est apparu comme réponse des monopoles les plus réactionnaires et bellicistes (ceux qui soutiennent le fascisme) à la crise de surproduction des années 70. La politique traditionnelle de CME (Capitalisme monopoliste d’Etat), fondée sur les enseignements de Keynes, s’est avérée impuissante pour conjurer la crise montante. Certains idéologues, comme les économistes Hajek et Friedmann, ont proposé de rompre avec « l’intervention de l’Etat » et de faire du « marché le seul régulateur du système capitaliste ». Très vite, cette politique va être expérimentée à grande échelle aux Etats-Unis avec la « reaganomics » (politique économique sous Reagan), en Grande-Bretagne sous Thatcher et au Chili après le coup d’Etat fasciste de Pinochet.

Le néolibéralisme va se traduire partout par la casse des conquêtes sociales obtenues au XXème siècle par de dures luttes de classes, par la déréglementation généralisée des législations sociales, la flexibilité des conditions de travail, la précarité, l’allongement du temps de travail et de carrière, la privatisation des services publics, la libéralisation mondiale des échanges, avènement d’une société encore plus inégalitaire à plusieurs vitesses en raison d’une couche d’exclus (chômage de masse et de longue durée).

Cette politique réactionnaire au plus haut degré a cassé le mouvement ouvrier dans les pays cités ci-dessus, par la violence du capital et de ses corps répressifs. Le néolibéralisme a été étendu à l’ensemble du globe en commençant par les pays dominés. Les organismes impérialistes comme le FMI et la Banque Mondiale, avec leur politique cynique et sinistre « d’ajustement structurel », ont conduit un continent comme l’Afrique à la paupérisation absolue. Dans les Etats impérialistes de l’UE, le capital financier a fixé un programme général d’application du néolibéralisme : traité de Maastricht, d’Amsterdam, sommet de Lisbonne, projet de traité constitutionnel européen, puis après son rejet, le nouveau traité de Lisbonne.

Social-démocratie (devenue social-libérale) et partis conservateurs ont établi un consensus autour des solutions néolibérales. Les gouvernements en France, de droite comme de gauche, ont appliqué petit à petit la transformation réactionnaire du pays, tout en avançant prudemment, dès que se manifestaient des résistances comme lors des grèves de décembre 95 ou de 2003.

Les années 90 ont été euphoriques pour les monopolistes. La destruction du camp socialiste, au moyen de contre-révolutions bourgeoises, a libéré la « mondialisation » des échanges.

L’existence d’un camp socialiste constituait un frein à la mainmise des multinationales sur l’économie mondiale, favorisait les luttes syndicales, car la bourgeoisie craignait la contagion révolutionnaire, servait de base arrière aux luttes de libération nationale en Afrique, Asie, et Moyen-Orient.

De plus, la montée des moyens modernes de télécommunication (minitel/internet/téléphonie) favorisait la course au profit maximal et même la plus-value extra dans ces secteurs. La longueur des câbles (fibre optique) a quintuplé de 1998 à 2001.

La bourgeoisie mondiale pouvait à juste titre s’écrier avec son idéologue néolibéral Fukuyama « sur la fin de l’histoire », sous-entendu le capitalisme n’a plus d’adversaire historique !

Justement dans le domaine des moyens de communication, ces investissements provoquèrent l’endettement des monopoles en raison de la crise de surproduction ; très vite, il y eut contradiction entre les capacités (installations) et la demande réelle (analyse nécessaire du lien léniniste entre révolution dans la production et analyse des contradictions anciennes et nouvelles du Capital) ; il y eut très vite accumulation d’un capital devenu excédentaire (celui qui ne rapporte pas le profit maximal).

Le capital monopoliste fut particulièrement aveugle. Les idéologues du capitalisme pensaient avoir trouvé la parade aux crises périodiques du système et niaient même leur caractère précisément systémique !

Alors que les éléments d’une aggravation de la crise se frayaient leur chemin, les politiciens et partis au service du capital (sociaux-démocrates et conservateurs) vantaient leur attachement au libéralisme, de Sarkozy à Royal en passant par Delanöe.

La campagne des présidentielles en 2007, orchestrée par les instituts de sondage et les médias à la botte, avait pour toile de fonds l’application du néolibéralisme intégral, version brutale de Sarkozy ou plus « soft » de Royal. En effet, la France était tancée lors des sommets européens pour son retard à réformer selon les critères obligatoires adoptés au sommet de Lisbonne (2001) ratifiés par Chirac et Jospin. Les monopoles français jugeaient leur « immobilisme « (relatif) inconcevable et ont orchestré le renouvellement du personnel politique bourgeois avec Royal et surtout Sarkozy, plébiscité par la presse depuis des années.

Sarkozy élu se fixe à travers ses 50 réformes de liquider les dernières conquêtes liées à la victoire sur le fascisme hitlérien. Le modèle thatchérien est revendiqué.

On mesure la faiblesse partisane de l’idéologie bourgeoise qui voulait appliquer à marche forcée, une politique qui précisément, était en train de craquer partout. Ecoutez les louanges de Sarkozy en 2007 sur les subprimes et son appel à les prendre pour modèle afin que la « France soit un pays de propriétaires ». Les bourgeois s’en remettront : l’analyse, chez eux , n’a pas pour but d’expliquer scientifiquement (ils en sont d’ailleurs incapables) mais de justifier l’exploitation et le mode de production capitaliste.

Le néolibéralisme ne supprime pas les contradictions internes du capitalisme découvertes par Marx, notamment la loi de la baisse tendancielle du taux de profit.

Loi de la baisse tendancielle du taux de profit

« De son côté, l’accumulation accélère la baisse du taux de profit … D’autre part, la baisse du taux de profit accélère à son tour la concentration et la centralisation du capital … par la dépossession des capitalistes de moindre importance ». (Karl Marx Livre III).

Plus élevé est le degré de concentration des monopoles, plus ils ont recours, pour compenser la baisse du taux de profit, à l’augmentation de la masse des profits qui va s’accompagner de plusieurs mesures :

Aggravation de l’exploitation de la classe ouvrière avec la systématisation de l’allongement de la journée de travail. (Diminution des dépenses du Capital variable et recherche de la plus-value absolue).

Renforcement et élargissement de l’exploitation capitaliste à la couche de plus en plus nombreuse des employés, aux conditions de vie et de travail proches de celles du prolétariat.

Utilisation du chômage de masse, en augmentant les cadences infernales et la productivité des travailleurs restants – flexibilité pour avoir une main d’œuvre à bon marché (recherche de la plus-value relative).

Prise en charge d’une partie croissante des frais d’investissements des monopoles par l’Etat.

Actionnariat, intéressement ou « participation » des travailleurs à la bourse. En France, il y a 5 millions d’actionnaires.

Pour contrecarrer la baisse tendancielle et les éléments montants de crise financière, plusieurs mesures ont été prises partout (transformation du système impérialiste mondial) :

- tranformation des Etats nationaux en prestataires – les dirigeants politiques deviennent des VRP des monopoles sur la scène internationale
- production à flux tendus – toyotisme (Cf. Renault) journée de chômage, baisse du salaire réel
- privatisation des monopoles publics
- concentration monopoliste – pour imposer la prise de positions supermonopolistes dans plusieurs secteurs.

Cette dernière décennie :
le Capital investi : + 42 %
Masse de profit : + 106 %
Le taux de profit est passé de 1 à 1,5 %

Dans les années 1990-2000, la crise a été retardée uniquement par la destruction de capitaux et d’emplois, au détriment des intérêts de l’ensemble de la société. Le champ des victimes du capitalisme s’est considérablement élargi (ouvriers bien sûr, pensionnés, couches moyennes, et même bourgeois non monopolistes).

Mais c’était en réalité un répit provisoire car pendant ce temps, toutes les contradictions s’aggravaient, prélude à l’éclatement de la crise actuelle.

Très vite va se manifester l’aiguisement des contradictions pour le capital lui-même :

- Destruction du Capital au moyen d’amortissements : 64 à 75 % des investissements (destruction de capitaux – réduction d’impôts).

- Socialisation de la destruction de capitaux.

- Ruine/insolvabilité.

- Fusion/acquisitions transfrontalières ralenties.

Cette politique du capital, au bord du gouffre, allait s’attaquer durement au niveau de vie et aux conditions de travail de l’immense majorité des travailleurs

- Croissance rapide du chômage de masse, renforcement de la sous-consommation et surproduction, ce qui aggrave la crise.

- Politique de baisse des salaires qui va entraîner une paupérisation absolue des couches les plus précaires, ce qui ralentit la consommation populaire.

- Formation d’une nouvelle catégorie de salariés les « working poor » (travailleurs payés en-dessous des salaires minimaux). 1/3 des travailleurs dans le monde connaît le chômage sous telle ou telle forme. Le continent africain s’est paupérisé – baisse de 50 % du pouvoir d’achat en 30 ans.

- Crise accentuée par le boom du marché des actions (achat d’entreprises à prix élevé au moyen d’échange d’actions avec destruction de capitaux). Cela a retardé momentanément, le déclenchement d’une crise de surproduction mondiale, avant d’amplifier les effets de la crise.

- Phénomènes sinon nouveaux du moins modifiés, puisque la spéculation boursière s’imbrique avec le processus de reproduction de capital plus que jamais, aggravant la tendance à la baisse tendancielle du taux de profit.

- Les cours montèrent à des hauteurs vertigineuses, éloignés de plus en plus de l’économie réelle.

- Les fusions et acquisitions baissèrent de 48 % de 1995 à 2003.

- Dès lors plus rien ne put empêcher le déclenchement de cette nouvelle crise mondiale du capitalisme

Le déclenchement périodique de crises économiques est un phénomène inhérent au capitalisme, qui a pour base la contradiction entre la production sociale et l’appropriation privée capitaliste : « Le mode de production se révolte contre le mode d’échange ». (Engels).

On peut parler de crise économique, quand la production redescend à un niveau atteint voici des années.

- Les 500 plus grands monopoles mondiaux ont connu une baisse en moyenne de leur chiffre d’affaires de 0,4 %.

- Des secteurs comme la métallurgie, l’équipement informatique et bureautique, l’électronique, les réseaux, la chimie, l’automobile, sont des secteurs sinistrés, où la recherche du profit maximum va se traduire par le redéploiement : fermetures, délocalisation, licenciements massifs, baisse de salaires (travail à temps partiel).

- Les formes principales de destruction du capital vont se manifester par la faillite gigantesque d’entreprises.

- Prenons l’exemple d’Enron (le plus grand monopole d’énergie en 2001) – 6ème rang de tous les monopoles. En 2000, Enron possède 2500 entreprises dans le monde. En décembre 2001, Enron enregistre 18 milliards de dollars de dettes, « on triche » avec les actionnaires et on manipule les bilans. La fraude est découverte et l’action boursière va chuter de 91 $ à 6 cents !

Cela a engendré une faillite et des conséquences sociales immenses. Baisse catastrophique des fonds de pension et perte définitive des retraites pour des milliers de salariés ! La bourgeoisie monopoliste propose (Cf. victoire Sarkozy) d’imposer un néolibéralisme intégral, alors que celui-ci a en germe sa propre crise.

D’autres phénomènes s’aggravèrent. Il y a crise de la régulation par le jeu du marché. En raison des imbrications des économies, les mesures nationales sont peu efficaces face au niveau international de la crise et aggravent les contradictions interimpérialistes ; chacun roule pour lui. La Chine risque d’apprendre à ses dépens le coût de la participation à la division impérialiste du travail.

La crise bancaire internationale touche les centres de pouvoir du système mondial impérialiste que sont les monopoles bancaires (rappelons l’analyse léniniste sur le rôle décisif des banques). On assiste à un renforcement sans précédent des dettes des Etats frôlant l’insolvabilité et la faillite du pays, y compris les Etats-Unis.

C’est la 4ème crise boursière depuis 10 ans. L’économie fictive et son accumulation de capital ont pris le pas sur l’économie réelle.

Les grandes banques mobilisèrent des capitaux pour prévenir les risques

En 2001, la chute de bénéfice des banques se monta à près de 30 %.

Cela fit baisser le coût des actions de certaines banques et multiplia la spéculation et la bulle financière.

La vente excessive d’actions posa, très vite, la question des liquidités. On jeta alors plus d’actions sur le marché pour garantir la solvabilité. Cela fit tomber les cours et aggrava la crise boursière. Ce qui ruina des banques de moyenne importance, incapables d’assurer leur solvabilité.

Crise de la régulation d’Etat

Le néolibéralisme n’a pas supprimé l’intervention de l’Etat bourgeois dans le domaine économique. Les aides de l’Etat au patronat n’ont jamais cessé, avec leur cortège de transfert de l’argent des travailleurs dans les poches du capital. Les instruments de cette intervention, à des fins de régulation, sont les suivants :

Le taux d’escompte de la Banque Centrale Européenne, qui fixe le taux de crédit afin de relancer les cours – investissements – spéculation.

Les commandes d’Etat – pour les guerres (Cf. intervention Afghanistan, en Irak,).

Les aides d’Etat aux PME et indirectement aux monopoles, car les aides vont prioritairement aux sous-traitants des grandes sociétés.

Les baisses d’impôts des richards (le bouclier fiscal).

Il est plus difficile qu’auparavant de surmonter les crises. Le marché est largement mondialisé. Il faut non seulement dépasser les concurrents, mais les faire disparaître par le chômage – les fermetures d’entreprises, en s’accrochant à une parenthèse « interventionniste » pour le retour au néolibéralisme.

En réalité, après l’incapacité des méthodes de gestion keynésiennes à conjurer la crise, le néolibéralisme prouve son incapacité à empêcher la crise systématique et de plus, il porte celle-ci à un degré supérieur d’aggravation et de décomposition.

L’Etat bourgeois organise un vol massif de l’argent public, de l’épargne populaire, pour éponger le passif des boursicoteurs, des banques, des monopoles.

Une des armes éprouvée du Capital va consister à aggraver le chômage massif en paupérisant ces travailleurs-là, en exerçant pression et chantage sur les autres, pour empêcher le déclenchement de puissantes grèves.

Le budget d’Etat, qui est un des moyens utilisés par la classe capitaliste pour redistribuer une partie croissante des revenus du travail dans les poches du Capital, rogne sur toutes les dépenses sociales, et poursuit sa politique de liquidation des conquêtes sociales forgées dans les luttes de classes.

L’impérialisme français va tenter aussi de faire payer sa crise aux peuples semi-colonisés qu’il opprime :

Le projet « Euro-Méditerranée », qui introduit le loup sioniste ennemi n° 1 des peuples arabes dans la zone occidentale de la Méditerranée, est clairement l’établissement d’une zone de libre-échange où les monopoles espèrent tirer les marrons du feu.

Nous avons le devoir comme révolutionnaires-communistes d’œuvrer à la solidarité et aux alliances de classe dans la conception léniniste-stalinienne avec les peuples opprimés par « notre » impérialisme.

Les idéologues impérialistes aux abois (Cf. déclaration Greenspan) misent sur la capacité indéniable du capitalisme à s’adapter. Les marxistes n’ignorent pas que le capitalisme connaît des cycles de crise et de « relance ».

La particularité de la crise structurelle contemporaine réside dans la permanence globale des éléments de crise et la brièveté des périodes de relance.

Lénine nous a enseigné « qu’il n’y a pas de solution sans issue ». Il existe une issue capitaliste à la crise : la destruction massive de capitaux en surnombre (ceux qui ne tirent pas le profit maximum)

Par les guerres impérialistes, et là-dessus notre vigilance s’impose.

Par la fermeture des usines, la ruine des concurrents, des exploitations paysannes au profit des agrariens, la surexploitation paupérisante – telle est l’issue capitaliste de sortie de la crise, apportant d’immenses malheurs pour les peuples.

La crise révèle aussi qu’il y a mûrissement des conditions objectives de la révolution prolétarienne ; malheureusement (c’est une contradiction au sein des masses) le facteur subjectif (le Parti, le syndicalisme de classe, les masses) retarde sur les besoins.

Il nous faut donc confirmer notre politique « Accusons le Capitalisme » et de notre but stratégique :

- la Révolution
- le Socialisme

Sur le plan théorique, il nous faut poursuivre la lutte contre les courants antiléninistes – révisionnistes/trotskistes au sein du mouvement populaire, courants qui vont monter au créneau pour défendre le « capitalisme régulé », constituant ainsi l’aile gauche du dispositif de dictature du Capital.

Sur le plan pratique, l’URCF invite ses militants à renforcer le travail en direction de la classe ouvrière et des travailleurs, par la diffusion de tracts soutenant les luttes syndicales en cours, organisant la solidarité financière dans les entreprises voisines, en oeuvrant à des comités de soutien aux grévistes. Il s’agit d’apporter, par nos messages l’analyse de classe marxiste des sources à l’origine de la politique gouvernementale et de l’Etat capitaliste : lois économiques du capitalisme, dictature de classe sur l’Etat, propriété privée des moyens de production, d’échange, d’information. Notre politique vise à élever les consciences jusqu’à la compréhension de la nécessité de lutter au quotidien pour les droits démocratiques, de la révolution socialiste et de la seule alternative populaire : le socialisme. Le programme de l’URCF, adopté au second congrès, est à cet égard un outil décisif.

Il est nécessaire, également, de mener un travail large dans les masses autour de la défense des activités économiques : entreprises, nationalisations, cadre de vie, logement, sans-papiers, en participant ou mieux encore en créant des collectifs larges de défense des activités concernées, en ayant pour objectif central le maintien des emplois dans une localité, des services publics, l’empêchement d’une expulsion, etc.

Enfin, il ne saurait y avoir de combat stratégique victorieux, sans avoir, durant des décennies, mené le combat syndical quotidien, pour défendre ses revendications vitales et urgentes, pour que la classe ouvrière résiste pied à pied à l’offensive brutale du capital.

Le mouvement syndical contemporain rencontre deux obstacles majeurs, outre la politique barbare du capital :

* La faiblesse de la syndicalisation (7 % de syndiqués), et parmi ces syndiqués, 94 % qui ont des CDI ou un statut, ce qui signifie que des pans entiers du prolétariat précaire, immigré, ne sont pas syndiqués, ce qui affaiblit considérablement la riposte ouvrière. Le premier devoir du militant syndical d’opinion communiste est d’œuvrer sans relâche à la syndicalisation, première forme d’organisation pour les forces du travail. Tâche qui va de pair avec le combat opiniâtre pour recenser et diffuser les revendications, et organiser les luttes dont la grève est la forme la plus éprouvée du combat quotidien, grève qui n’aura d’efficacité que dans la capacité de rassemblement interprofessionnel, puisque la tactique des « journées d’action », isolées les unes des autres, est malheureusement souvent le gage de la défaite assurée.

* Le second obstacle est la trahison du mouvement ouvrier par les bureaucraties syndicales intégrées à la gestion et à l’aménagement social du capitalisme via l’appareil d’Etat bourgeois, et qui dépolitisent les grèves en rejetant toute analyse de classe de la politique de l’Etat et du gouvernement, limitant ainsi les luttes à ce qui est acceptable par le système d’exploitation.

Des grèves spontanées, des collectifs de défense du syndicalisme de lutte de classes agissent pour que les travailleurs syndiqués puissent se doter de l’arme la plus efficace pour se défendre au quotidien : le syndicalisme de classe et de masse. L’URCF exprime son soutien aux initiatives organisées dans ce but, comme le meeting national interprofessionnel de lutte qui a réuni 250 militants de la CGT à Paris, le samedi 29 novembre.

A l’action, Camarades, sur tous les fronts de la lutte de classes, pour reconstruire un parti communiste, ouvrier marxiste-léniniste !

Rapport actualisé du Comité Central de l’URCF du 25 octobre 2008