Accueil > Documents URCF > COMMENT COMBATTRE EFFICACEMENT L’UNION EUROPEENNE CAPITALISTE (...)

COMMENT COMBATTRE EFFICACEMENT L’UNION EUROPEENNE CAPITALISTE ?

2009

L’Union européenne s’est construite en confirmant l’analyse léniniste de l’impérialisme. Pour le leader bolchevik, les « Etats-unis d’Europe » étaient une entente de bandits impérialistes, à caractère réactionnaire marqué, « une machine de guerre dirigée contre le mouvement ouvrier et le socialisme »

En effet, chaque Etat impérialiste d’Europe (France, Allemagne, Grande-Bretagne, Italie…) du fait de l’hégémonie nord-américaine ne peut plus à partir de sa seule puissance nationale, évincer ses concurrents, conquérir de nouveaux marchés, établir de nouvelles zones d’influence. Cela constitue « l’entente » mais lorsque Lénine évoque le « banditisme », il a en vue que chaque grande puissance vise à satisfaire avant tout les exigences de ses propres monopoles, à garder sous sa coupe les pays qu’elle domine. C’est la source de la transformation du rôle des dirigeants bourgeois en VRP de leurs multinationales à chaque voyage à l’étranger. Les objectifs encore nationaux de chaque Etat capitaliste entraîne de vives contradictions inter-impérialistes au sein même de l’UE. Il existe un courant kautskiste contemporain qui voit dans l’UE, « l’Etat européen », la « fin des Etats- nations » surestimant le caractère d’entente. En réalité, l’UE est un cartel, un bloc des Etats impérialistes d’Europe

Ces contradictions se manifestent avec acuité lors des crises politiques (défaites lors des référendum) et financières où chacun vise à sauver ses propres intérêts et à renforcer son influence sur les autres Etats. D’où les retournements d’alliances entre euro-atlantistes et tenants d’une UE concurrentielle aux USA… afin de mieux soutenir leurs « intérêts nationaux » (lire capitalistes). On l’a vu récemment avec Sarkozy s’alliant avec Brown pour disputer l’hégémonie à l’Allemagne sur l’UE. C’est en cela que Lénine a eu raison de souligner le caractère impossible et durable d’une telle entente.

Rappeler la cruauté des faits

Toute la propagande pro-UE, dès l’école primaire, martèle cette idée : la construction européenne amènera la prospérité à chaque peuple. On court toujours après les résultats ! Partout opèrent le chômage massif, la réduction des salaires, les lois anti-immigrés, les délocalisations, les privatisations. Au contraire, l’UE facilite l’offensive patronale dans chaque pays y compris avec l’Euro-police et les législations liberticides pour liquider les conquêtes sociales du XXème siècle et allonger la journée de travail et repousser l’âge de la retraite entre 65/70 ans ! Les seuls bénéficiaires de la « construction européenne » sont les monopoles internationaux et l’oligarchie financière !

Contre l’UE ni euro-constructivisme ni nationalisme, la seule voie c’est l’anticapitalisme !

Le refus, l’ignorance ou le rejet de la théorie marxiste de l’Etat entraîne de graves confusions dans le mouvement populaire. Les euro-constuctivistes ignorent le caractère de l’UE comme mixte de la dictature des multinationales, de la bureaucratie de l’UE et de chaque Etat capitaliste. Certains envisagent une « autre Europe » antilibérale mais comment ? en contraignant les capitalistes à aller à l’encontre de leurs intérêts, tout en restant dans le cadre de ce système ? C’est une impasse qui maintient intact l’ignorance sur la nature de classe de l’UE et accompagne les illusions sur la « construction européenne ». D’autres progressistes rêvent d’un retour aux fondamentaux de la République, d’une France souveraine, pareillement dans le cadre du capitalisme. Mais alors quelle classe dirigera cette France souveraine et républicaine (mais encore capitaliste) ? Y aurait-il encore une fraction progressiste de la bourgeoisie ?

Si les travailleurs de France sont à la fois victime du capitalisme, de l’Etat des monopoles et de l’UE, la bourgeoisie française ne l’est nullement. Les délocalisations, les privatisations, la liquidation de secteurs industriels traditionnels, la casse des services publics restants ne sont pas imposés par Bruxelles mais correspondent à la l’objectif de réalisation du maximum de profits par les sociétés françaises. Prétendre le contraire, c’est dédouaner la classe capitaliste dans chaque pays de ses responsabilités.

On ne peut combattre efficacement le bloc impérialiste des Etats d’Europe que par le déploiement des luttes à caractère stratégique anticapitaliste. L’impérialisme français comme celui des autres Etats demeure la cible de notre combat pour renverser leur système et leur domination sur la société au moyen d’une révolution socialiste. L’offensive antisociale du capital jette les bases non seulement de la résistance à son gouvernement mais d’une résistance plus large à l’échelle de la classe ouvrière de l’Europe, parce que nous avons les mêmes intérêts de classe et le même adversaire capitaliste. Sommes-nous pour autant des « nihilistes de la nation » comme on nous accuse ? La lutte pour le retrait de l’UE n’est pas séparée par une »muraille de Chine » de la lutte pour établir le socialisme, condition incontournable pour assurer l’indépendance de chaque pays, son droit intangible à choisir sa propre voie de développement. C’est à la classe ouvrière et aux forces du travail au pouvoir de ne pas simplement « continuer la France », mais de donner un contenu nouveau à la nation, débarrassée de l’exploitation et de l’oppression, rompant avec le semi-colonialisme et ses traités inégaux, construisant une France nouvelle, socialiste et internationaliste.

On ne peut combattre efficacement l’UE sans combat permanent et résolu contre le capitalisme !

JLS