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Solidarité avec le peuple grec contre l’impérialisme !

juin 2010

"Peuples d’Europe, soulevez-vous !"

A près des semaines et des semaines
de spéculations et des propositions
de plans d’austérité de
plus en plus draconiens, le gouvernement du
PASOK, Parti socialiste de Grèce, vient de
rendre public un plan économique qui est une
attaque frontale contre la classe ouvrière, la
paysannerie, le peuple grec : baisse des salaires
des fonctionnaires de deux mois - ce qui équivaut
à la suppression des congés payés -, recul
de l’âge de la retraite de sept ans, augmentation
des impôts directs et indirects, gels des salaires
pour trois ans… Cette agression se fait dans le
cadre global de l’offensive des monopoles et du
capital financier dans tous les pays de l’Union
Européenne contre le
monde du travail pour tenter
de lui faire payer la
crise. Mais en Grèce, il
s’agit d’un véritable scandale
politique équivalent à
l’organisation d’un racket
sur la population : la crise
financière où est plongé le
pays est la conséquence de
la corruption et des mensonges
éhontés des gouvernements
qui se sont succédé,
tant ceux du PASOK des Papandréou que
de Nouvelle Démocratie des Caramanlis. Dénoncés
par le seul Parti Communiste (KKE), les
Jeux Olympiques d’Athènes ont lourdement
endetté le pays. Avec l’aide de la société Golden
Sach, les gouvernements ont tripatouillé les
statistiques et les bilans, favorisant la spéculation
et l’endettement, et la mise en place de
budgets de complaisance, tandis que l’abandon
du drachme (monnaie nationale) et l’adoption
de l’euro déclenchaient une hausse des prix
spectaculaires, le redoublement de la spéculation,
la baisse des revenus des travailleurs. Depuis
le rebondissement de la crise du capitalisme,
en particulier dans ses aspects financiers,
la Grèce est l’objet d’une intense pression spéculative
sur sa dette extérieure, dette contractée
auprès des requins de la finance internationale,
renforcée par l’arrivée des échéances. Cela n’a
pas empêché Papandréou de mener une campagne
électorale de démagogue sans scrupule lors
des élections de septembre 2009, pour aujourd-
’hui non seulement annoncer une politique à
l’opposé de ses promesses, mais pour se comporter
en commis du grand Capital international
en bafouant toute dignité.

En même temps, l’UE révèle son véritable visage
de cartel d’États monopolistes où les plus
faibles (Grèce, Portugal, Espagne, Irlande, expays
socialistes) sont dominés et mis sous tutelle
par les plus forts
(France, Allemagne,
Grande-Bretagne…), ces
derniers en pleine osmose
avec le capital des
États-Unis par l’intermédiaire
du FMI, dirigés
par le membre du PS
Strauss-Kahn sur proposition
de Sarkozy. Loin
d’aider la Grèce, l’UE
comme le FMI, vont
contribuer à la saigner
un peu plus par des prêts de 110 milliards de
dollars à 5% d’intérêts (contre 1% pour les
banques), alors que les mêmes empruntent à
2% ! Par contre, l’un et l’autre prêtent la main
au patronat grec pour aggraver l’exploitation
des travailleurs et de leurs familles.

Personne ne saurait se tromper sur la signification
de ce qui se passe et d’ailleurs certains
responsables de Bruxelles et du FMI le
confient : en Grèce, la politique que l’on veut y
voir mettre en place, c’est celle que les monopoles
veulent voir mise en place dans tous les
pays de l’Union Européenne, et pour cela tous
les prétextes sont et seront bons. Dans le sillage
d’Athènes, le gouvernement portugais met en
place le même type de politique et le gouvernement
espagnol s’y prépare. Et la socialdémocratie
est partout à disposition pour y
contribuer au maximum. Il est significatif que
le PASOK bénéficie du consensus, pour cette
politique, de la Nouvelle Démocratie, de l’extrême-
droite, tout comme du groupe Syrisa/
Parti de la Gauche Européenne. Car si les uns
ou les autres peuvent critiquer telle ou telle
mesure, tel ou tel aspect du plan gouvernemental,
ils se retrouvent tous pour faire semblant de
croire qu’hors de l’UE il n’y aurait point de
salut, et que dans ce cadre, de bonnes mesures
pour le pays et ses travailleurs pourraient être
adoptées ! Il en est de même des organisations
syndicales de collaboration de classe, comme
de la Confédération Européenne des Syndicats
et de la Confédération Internationale des Syndicats.

Cependant rien n’est fatal : la résistance s’organise
grâce à l’existence d’un puissant Parti
Communiste (KKE) qui organise les luttes politiques
et construit un large
Front anti-monopoliste.
Le 5 mai, une nouvelle
journée de grève générale
était organisée, la septième depuis mars, après
de puissantes manifestations dans tous le pays
le premier mai, à l’initiative de PAME, organisation
syndicale de lutte de classe.
L’URCF salue la résistance des travailleurs et
du peuple grecs, et appelle les travailleurs de
France à exprimer leur solidarité avec leurs
frères de classe grecs. Il faut que murisse la
conscience que, contre le Capital et sa machine
de domination et d’exploitation qu’est l’UE, le
mot d’ordre de Marx et Engels « Prolétaires de
tous les pays, unissez-vous !
 » est plus que jamais
à l’ordre du jour.

Vive la solidarité internationale des
travailleurs !

Vive la lutte des travailleurs grecs pour
la défense de leurs droits et conquêtes
sociales et pour leur
dignité nationale !