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Santé et sécurité au travail : un enjeu de classe

juin 2010

En cette période de putréfaction
du capitalisme international et
d’aggravation de ses contradictions,
pour des centaines de millions
d’individus, le travail est un
facteur de souffrance indéniable,
quand il n’est pas purement et
simplement responsable de la
mort d’un nombre effarant d’entre
eux.

En France, pays capitaliste développé,
pour l’écrasante majorité de la
population, le temps où le travail
pouvait être source d’épanouissement,
est depuis longtemps révolu.

En se raréfiant et en se précarisant,
celui-ci use prématurément les travailleurs,
car les conditions de travail
sont de plus en plus attentatoires à
leur santé physique, mentale et sociale.

Bien sûr, toute activité humaine comporte
des risques potentiellement
dangereux pour les travailleurs pour
qui les questions relatives aux conditions
de travail constituent une de
leurs préoccupations majeures. A
l’opposé, le capital les a toujours
sacrifiées aux exigences de la rentabilité
financière. Il use et abuse du
déni et de l’illégalité pour contourner
ses obligations, pour réduire « les
coûts » à n’importe quel prix.

De tout temps, cette contradiction de
classe a été au coeur d’un affrontement
permanent entre les travailleurs
et leurs exploiteurs. Pourtant, ce
n’est qu’en 1898 que le risque professionnel
est considéré comme un
risque collectif dont l’employeur est
supposé être le responsable. Mais cet
acquis est sans cesse contesté par le
patronat qui considère le risque au
travail comme un risque individuel,
rejetant le rôle de l’organisation du
travail.

Les revendications des travailleurs
ont contraint les pouvoirs publics à
se préoccuper des questions liées à la
santé et à la sécurité au travail. De
larges prérogatives ont été ainsi accordées
aux institutions représentatives
du personnel et aux différents
préventeurs de la sécurité, les médecins
et les inspecteurs du travail notamment.

Mais l’arsenal juridique
accompagnant ces prérogatives est
constamment violé par le patronat, en
raison de l’exploitation de l’homme
par l’homme et du « toujours plus de
profits », avec la complaisance du
syndicalisme d’accompagnement.

La surexploitation a eu des conséquences,
y compris dangereuses pour
les intérêts du capital. La France a le
record des accidents du travail des
pays développés, et les pertes d’heures
qui en résultent, inquiètent désormais
les monopoles, qui promeuvent
eux-mêmes « la sécurité au travail ».

Aussi, fidèle à son objectif de classe,
conscient du rapport de force actuel
et de la nécessité de maintenir les
travailleurs en relative
« bonne » santé, le patronat mise sur
la gestion du risque, nettement moins
onéreuse que son éradication. Il s’appuie
sur la responsabilité individuelle
du salarié comme un ressort à ses
campagnes dites de prévention. Le
but étant de renforcer le rapport individuel
au travail au détriment du
rapport collectif.

Pour le patronat et l’État capitaliste,
la santé est une charge dont ils ne
s’acquittent que quand le rapport de
force l’impose ou, à défaut, grâce à
l’obstination résolue de militants et
de travailleurs éclairés sachant surfer
sur les contradictions du système,
comme en attestent les différentes
décisions rendues récemment par les
tribunaux contre des grands groupes
industriels reconnus coupables d’avoir
sciemment exposé leurs salariés
à l’amiante et au bitume.

Mais attention, la portée de ces décisions
risque d’être vidée de son
contenu par le patronat qui se livre à
un véritable harcèlement sur le pouvoir
législatif et des juridictions compétentes
pour enraciner sa vision de
classe sur la santé et la sécurité au
travail.

Cette vision manichéenne s’accorde
avec le malthusianisme politique qui
habille les contre-réformes du gouvernement
Sarkozy notamment sur
l’emploi, les salaires, la santé et la
retraite. Des contre-réformes qui
conduisent à la paupérisation absolue
de millions d’individus.

Ainsi, la détérioration de la santé et
de la sécurité au travail s’inscrit bien
dans les mécanismes d’exploitation,
sans cesse rénovés, mis en place par
les capitalistes pour extorquer aux
travailleurs le maximum de plusvalue.
Elle atteste du caractère réactionnaire
du capitalisme.

L’URCF considère que les
questions relatives aux conditions
générales de travail
(santé, sécurité…) ne peuvent
être déliées des luttes contre le
pouvoir politique et ses
contre-réformes, et de la nécessité
d’abolir le capitalisme.