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SYNDICALISME DE CLASSE OU DE CASTE

septembre 2010

En cette rentrée, nous
devons faire face,
avec la question des
retraites, à un affrontement de
classe majeur avec le capital et
son gouvernement.

Le projet de loi Woerth, en
liquidant le droit à la retraite à
60 ans, ouvrirait la voie, en cas
d’adoption, à la liquidation de
toutes les conquêtes sociales
du 20ème siècle.

L’échéance est rapprochée, ce
qui peut favoriser une lutte de
grande intensité pour jeter à la
poubelle ce projet inique. Or,
le mouvement syndical est
sous l’hégémonie du réformisme
« accompagnateur », ce
qui constitue un obstacle majeur
à surmonter et à vaincre.

Le syndicalisme,
outil incontournable
du combat de
classe

En Occident, les syndicats ont
été créés bien avant le Parti
communiste, c’est la première
forme d’organisation dont se
sont dotés le prolétariat et les
travailleurs pour combattre au
quotidien les attaques du patronat,
pour porter haut et fort
les revendications fondamentales
immédiates : salaires,
temps de travail, retraites… au
moyen de l’arme la plus
éprouvée : la grève - du local
au général.

A partir du Front populaire et
surtout de la Libération, le
mouvement syndical a vu l’hégémonie,
dans des pays
comme la France ou l’Italie,
du courant révolutionnaire du
syndicalisme de lutte de
classe.

La contre-révolution bourgeoise
et la socialdémocratisation
du PCF et PCI
ont accéléré la mutation de la
CGT et CGIL. La direction de
la CGT s’est faite la championne
du « syndicalisme rassemblé
 » sur la ligne de la
CFDT, c’est-à-dire, l’aménagement
et l’accompagnement
de toutes les contre-réformes :
privatisations, fermetures
d’entreprises, casse du service
public, allongement du temps
de travail et de carrière, précarité
et annualisation. Le résultat
est connu : toutes les
conquêtes sociales sont détruites
pas à pas.

Combattre le
« réformisme de
crise »

Avec l’aggravation de la crise
du capitalisme, le réformisme
a changé de contenu. Auparavant,
les réformes visaient à
améliorer provisoirement la
condition des travailleurs sur
tel ou tel aspect ponctuel…
pour éloigner les travailleurs
du combat révolutionnaire
pour renverser le capitalisme.
Aujourd’hui, la baisse tendancielle
du taux de profit, et donc
la recherche du profit maximum
par le Capital, se traduit
par sa volonté de durcir toujours
plus l’exploitation capitaliste
en extorquant y compris
la plus-value absolue, en liquidant
les concessions faites
sous le poids des luttes de
classe.

Le réformisme contemporain
est « un voyageur sans bagage
 » : il n’a plus pour but de
soutenir ou de susciter des
réformes amélioratives même
partielles, mais d’accompagner
et d’aménager les contreréformes
des gouvernements
de droite ou de « gauche » au
service du Capital, « en limitant
la casse ». Limitation, si
elle a lieu, aussitôt présentée
comme une « victoire ».
Bien sûr, ces directions syndicales
constituent une couche
sociale spécifique, la bureaucratie
« ouvrière » issue de la
classe, mais dont les
« privilèges », et « sinécures
 » (Lénine) la rattachent
au système capitaliste auquel
elles se sont intégrées ces dernières
années.

Il y a donc contradiction majeure
entre la politique suivie
par la bureaucratie et les intérêts
de la masse des syndiqués
et des travailleurs, mais pas
encore antagonisme, puisque
la bureaucratie garde son influence
même si c’est de manière
plus précaire.

Des pistes pour
contourner et
battre le
réformisme
syndical

La question n’est pas académique,
mais urgente, puisque
nous devons imposer, par le
rapport de forces, l’abandon
du projet de loi Woerth.
L’opposition syndicale dans la
CGT existe et s’est renforcée
(Cf. le dernier Congrès), mais
elle n’organise pas encore
assez à la base les travailleurs.
Son combat est plus stratégique
et lointain : faire renaître
une CGT de lutte de classe.

Comment agir immédiatement
pour sauver la retraite à 60
ans ? Alors que la CFDT est
prête à signer si la pénibilité
du travail est reconnue et que
la direction CGT juge le
« texte pas bon en l’état » …
donc, aménageable.

Comme en mai 68, il faut
construire et élargir le rapport
de forces en partant de la base
mécontente et en colère.
L’URCF doit contribuer à
préparer la réussite et le soutien
à la journée de grève du 7
septembre, dans les entreprises
et les quartiers populaires.

Nos tracts, notre presse doivent
relier le projet de contre-réforme
sur les retraites à l’ensemble
de la politique gouvernementale
réactionnaire de
type pétainiste qui multiplie
les cadeaux aux capitalistes en
faisant payer la crise par les
travailleurs.

Il faut réussir le 7 septembre et
l’après par des appels à une
mobilisation continue et multiforme
pour le retrait pur et
simple du projet.

Pour gagner, nous devons
créer un rapport de forces supérieur
grâce à la grève générale
continue, aux manifestations
de rue, y compris, ce qui
aurait un retentissement
énorme, une marche nationale
à Paris avec 1 million ou plus
de travailleurs en colère.

Pas de chèque en blanc aux
négociateurs. Seule l’action et
les grèves nationales feront
reculer le pouvoir.

Création du rapport de forces
pour obtenir le retrait total du
projet de loi Woerth et sauver
la retraite à 60 ans.

Le 7 septembre au
soir : la lutte
continue !