Accueil > France > On coupe des têtes à France Inter !

On coupe des têtes à France Inter !

juillet 2010

Quand le régime bonapartiste de
Sarkozy bafoue les droits
démocratiques
sur la liberté d’expression.

Le 23 juin 2010, est annoncée la
non-reconduction des contrats
de deux humoristes, Stéphane
Guillon et Didier Porte, par Philippe
Val, directeur d’antenne
de France-Inter ; Jean-Luc Hees,
PDG de Radio France indiquant
au journal Le Monde « que l’humour
ne doit pas être confisqué
par de petits tyrans »

Il faut dire que Stéphane Guillon,
dont les chroniques matinales
étaient parmi les plus téléchargées
et écoutées en France,
a été au coeur de plusieurs polémiques
après avoir égratigné des
personnalités politiques comme
Dominique Strauss-Kahn, Eric
Besson etc.

Didier Porte, humoriste également
le plus écouté sur cette
radio, est victime de son humour
engagé, de transgression politique,
et qui n’est pas très progouvernemental.
Il a fait l’objet
d’un courrier de Christian Estrosi
s’en plaignant à la présidence
de Radio-France.

Rappelons que Philippe Val,
quand il était caricaturiste à la
tête de Charlie-Hebdo a ardemment
défendu la liberté d’expression
et était détesté à l’époque
par beaucoup de journalistes.
Invité sur le plateau de
France 2, il prononçait des phrases
telles que : « À force d’avoir
le nez collé au Figaro, ils ont
attrapé des morpions au cerveau

 ».

Pour s’élever contre ces licenciements,
l’inter-syndicale de
Radio-France a appelé à une
manifestation le 1er juillet devant
la Maison de la Radio en
déclarant : « Nous refusons la
mainmise du pouvoir sur les
antennes de la radio publique, et
demandons le retour sur l’antenne
de ces deux chroniques
 ».

Elle dénonce les suppressions
injustifiées de ces émissions.
Elle exige le respect et la garantie
d’expression, de l’indépendance
des programmes et de
l’information sur les radios de
service public.

L’URCF dénonce la mainmise
intégrale, avec la scandaleuse
désignation des présidents de
chaîne, du locataire de l’Élysée.
La nomination de Rémy Pfimlin
(ancien PDG de FR 3) à la présidence
de France Télévisions
est donc le fait du prince. A
rapprocher de la situation en
Italie où Berlusconi contrôle ou
possède chaînes publiques et
privées.

Atteinte médiatique également
au-delà de nos frontières, en
Italie. Le 9 juillet, les journalistes
de la Fédération nationale de
presse étaient en grève contre la
« loi bâillon » de Berlusconi
prévoyant, au nom du respect de
la vie privée et des droits de la
défense, jusqu’à 2 ans de prison
et une amende pouvant atteindre
464 700 euros pour les éditeurs
de journaux et médias audiovisuels
qui diffuseraient des écoutes
ou des enregistrements audio
et vidéo pendant une enquête
judiciaire. Ils ont appelé à une
« journée du silence » pour
montrer symboliquement « tous
les silences que la loi imposerait
 ». Il s’agit là de la part de
Berlusconi d’une tentative
d’empêcher la divulgation d’informations
embarrassantes pour
les hommes politiques et en
particulier du président du
conseil. Le secrétaire général de
la FNSI explique que l’objectif
de cette loi n’est pas de protéger
les faibles des abus, mais de
protéger les plus puissants des
crimes qu’ils commettent parfois.

Afin de préserver au maximum
(mais ne nous leurrons pas sur le
pouvoir du Capital) la liberté
d’information et les droits démocratiques,
l’URCF appelle à
conduire la bataille pour la nationalisation
de toutes les chaînes
privées, pour la création
d’une chaîne publique de "libre
expression" décentralisée, donnant
la parole aux associations,
syndicats, partis, mouvements
ou groupes artistiques, à l’exception
de manifestations à caractère
raciste ou fasciste.