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Qui doit payer la crise ? Deux stratégies, deux classes

septembre 2010

À nouveau sur la crise

La crise actuelle, comme les
précédentes, est indissociable
du fonctionnement général du
mode de production capitaliste.

Elle est l’illustration de l’exacerbation
de la contradiction entre
le caractère social de la production
et l’appropriation privée de
plus en plus oligarchique :
300 000 familles détiennent 40
% des richesses du pays.

Le réformisme tente d’accréditer
l’idée d’un autre fonctionnement
possible du système capitaliste,
où l’intervention de l’État
bourgeois permettrait de
« redistribuer »l’argent en faveur
des classes populaires.

Ces gens « oublient » que la finalité
du système fondé sur l’exploitation
du travail salarié ne réside pas
dans la vente de marchandises en
soi, dans une quelconque satisfaction
des besoins en soi, mais dans
la réalisation du profit.

La finalité du mode de production
capitaliste n’est pas de concourir
au bien-être général, mais d’extorquer
la plus-value produite par la
vente de la force de travail ouvrière.

Dans le processus de réalisation du
profit maximal, une partie du capital
accumulé va se trouver en excès
(suraccumulation de capitaux)
et dans l’incapacité d’assurer le
profit maximal par la seule production.

Dès lors, sans se soucier des
conséquences sociales dramatiques
pour les travailleurs (perte
d’emploi, abaissement du niveau
de vie, chômage et précarité), les
propriétaires des entreprises vont
détruire une partie des forces productives
en délocalisant ou en
fermant l’entreprise et en interrompant
une production donnée
(mais pas assez rentable à leurs
yeux). Les capitaux en excès vont
trouver à se placer dans toutes
sortes d’actions, obligations, titres,
fonds risqués (hedge funds), fonds
de pension, spéculations sur la
dette publique de chaque État.

C’est ainsi que les profits extraits
de l’exploitation des travailleurs
vont être multipliés par 3 ou 4 par
la spéculation boursière.

La dette publique (dont la classe
capitaliste est seule responsable)
est le prétexte pour exiger toujours
plus de mesures antisociales et
anti-populaires contre les travailleurs
afin de faire baisser les salaires,
pensions et d’allonger le
temps de travail et de carrière,
d’aggraver l’exploitation capitaliste.

Les apologistes du système capitaliste
peuvent toujours s’agiter autour
d’idées gadgets comme la
« moralisation du capitalisme »
revendiquée par Sarkozy. Ils ne
pourront masquer ce fait incontournable
 : il n’y a pas de solution
technique aux maux du capitalisme,
car tous les maux ont leur
source dans la nature même du
système d’exploitation.

Qui doit payer la crise ?Deux
stratégies, deux classes

La stratégie des États et des gouvernements
bourgeois est claire.
À travers l’austérité salariale, les
licenciements massifs, la précarité
croissante, l’allongement du temps
de travail et de carrière, les « aides
publiques aux entreprises », il
s’agit de piller toujours plus sur
les revenus du travail pour les
transférer dans les poches du capital.

C’est la voie pour gagner le profit
maximal, comme le montre
l’exemple de la BNP-Paribas qui a
engrangé une hausse de 93 % de
ses bénéfices en 2009 après avoir
reçu de l’État avec ses concurrents
360 milliards d’euros, réemployés
pour spéculer plus que jamais.

Pour faire avaler une politique
aussi scandaleuse et injuste socialement,
une totale distorsion va
régner entre les paroles et les actes.

Alors que la France a perdu
160 000 emplois industriels supplémentaires
(800 000 dans les
autres secteurs) en 2009, Sarkozy
réunit des colloques sur « la relance
de l’industrie française » !

Une grande « concertation sur les
retraites » avait été annoncée avant
la finalisation du projet Woerth,
alors que les médias avaient donné
le ton : « Il faudra travailler plus
longtemps pour une pension moins
élevée !
 ».

Ce qui sauve le capital, c’est le
discours opportuniste des partis et
syndicats réformistes qui créent
des illusions de fait dans les masses
et volent ainsi au secours des
intérêts de la classe dirigeante
comme de bons sapeurs-pompiers
du capitalisme.

L’opportunisme contemporain se
garde d’analyser la crise comme
propre à ce mode de production et
à ses contradictions incontournables,
et la présente comme la
conséquence des seuls « excès
financiers ».

Pire, alors que la banque centrale
européenne et l’UE s’avèrent
comme des facteurs aggravant de
la crise, les opportunistes contemporains
préconisent l’utilisation de
ces mêmes organismes impérialistes
pour sortir de la crise !

Par un tour de passe-passe, la banque
centrale européenne qui se
subordonne l’ensemble des politiques
financières des États est appelée
à devenir « une banque pour
l’emploi », « au service des populations
 » ; l’UE devient le cadre
des transformations sociales, sans
un mot sur son bilan réel depuis
des décennies et sur son caractère
de classe au service du capital.

L’obstacle majeur à la création
d’un large front de toutes les victimes
du capitalisme réside dans les
thèses de l’opportunisme actuel.

Lénine a montré qu’on ne pouvait
conduire un combat révolutionnaire
victorieux contre le capitalisme
sans lutte résolue simultanée
contre l’opportunisme et le réformisme.
Pour la réalisation du but vital de
l’heure, faire payer la crise par les
capitalistes eux-mêmes, il faut
surmonter et battre l’ensemble de
clichés véhiculés par l’opportunisme.

Pour vaincre l’obstacle de l’opportunisme,
les communistes révolutionnaires
doivent accomplir les
tâches suivantes :

- Expliquer les sources
réelles des crises en
système capitaliste,
montrer que la crise est
celle du mode de production
capitaliste. Démontrer,
faits et preuves à
l’appui, les mensonges
sur l’UE et l’euro, montrer
son bilan antisocial,
antipopulaire réel. Montrer,
chiffres à l’appui,
que le capital peut et doit
payer la crise.

- Fusionner les revendications
sociales et
démocratiques en un
courant révolutionnaire
unique, démocratiser
le pays par l’abrogation
de la Vème République.

- Contribuer à développer
les luttes immédiates
pour les salaires,
l’emploi, la retraite à 60
ans, la défense des services
publics, la régularisation
des Sans-papiers.

- Démontrer la nécessité
d’oeuvrer à la création
d’un front anticapitaliste
du peuple-travailleur
unissant syndicats
de classe, mouvement
communiste révolutionnaire,
forces progressistes
et anti-impérialistes,
véritable
mouvement socio-politique
populaire sous
la direction de la classe
ouvrière.

- Amplifier la campagne
« Accusons le capitalisme
 », en montrant que
si les luttes sociales permettent
à titre provisoire
de vivre mieux, il n’est
pas de solutions durables,
pour les travailleurs,
dans le cadre du
système d’exploitation
de l’homme par
l’homme.

Il faut renverser le capitalisme
et engager le pays
dans la voie du socialisme,
en conquérant le
pouvoir pour le prolétariat
et ses alliés, en brisant le
vieil État capitaliste, par
le pouvoir de la classe ouvrière
et des travailleurs
(démocratie socialiste),
en nationalisant les entreprises
et banques afin
d’assurer la propriété sociale
et collective, permettant
ainsi la planification
de l’économie.