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Retraites : plus que jamais, la grève !

samedi 25 septembre 2010

RETRAITES : PLUS QUE JAMAIS, LA GRÈVE,

LA GRÈVE POUR SAUVER LA RETRAITE

À 60 ANS À TAUX PLEIN !

Déclaration de l’URCF

L’intox au sommet de l’État

La journée du 23 septembre a connu un grand succès, amplifiant la mobilisation du 7 septembre. Dans les cortèges, on a vu toujours plus de travailleurs du privé, de jeunes, ce qui traduit l’élargissement du mouvement et l’aggravation du mécontentement.,Nous avons là une base solide à conforter et à développer pour battre le pouvoir et obtenir le retrait du projet Woerth de régression sociale.

Confronté aux manifestations massives (3 millions de travailleurs dans la rue), le gouvernement, relayé par les médias aux ordres, a opté pour le mensonge d’État et l’intox. C’est tout d’abord l’Élysée qui, avant même les manifestations de l’après-midi en province et à Paris, constatait (sic !) : « Une baisse sensible du nombre de grévistes et de manifestants » ; c’est ensuite l’ami et l’affidé des magnats de la fortune, Woerth qui parle sans-gêne de « décélération du mouvement », quand on connaît le rapport du personnage avec la vérité… Enfin la police, consacrée dans son rôle de propagandiste en chef de la casse des retraites et de la politique sarkozyste, n’hésite pas, pour mieux servir son maître, à diviser par trois le nombre de manifestants !

De même que casser le thermomètre n’a jamais modifié la température, nier la réalité ne diminuera en rien la colère populaire à l’égard de Sarkozy/Fillon et de la loi inique Woerth, arme supplémentaire du capitalisme pour faire payer sa crise aux travailleurs. Au contraire cela doit encourager les travailleurs à poursuivre et amplifier le combat jusqu’au retrait du projet de départ en retraite de 62 à 67 ans.

Loi Woerth : On aménage ou on exige le retrait ?

Face aux coups tous azimuts portés par le gouvernement, l’heure est à l’unité populaire la plus large, mais pour vaincre et non seulement pour « témoigner ». Encore faut-il avoir la stratégie adaptée !

Dans les jours qui viennent, doivent partir et monter de la base les rectifications nécessaires pour empêcher que se reproduisent les échecs enregistrés depuis 2003.

Pour des mots d’ordre clairs

Force est de constater que dans les manifestations, on n’entend pas de mots d’ordre unitaires clairs et combatifs. Les directions syndicales (notamment celles des deux plus fortes centrales CGT et CFDT) misent sur l’aménagement de la loi au nom du besoin de « réforme » : « Le projet n’est pas acceptable en l’état ». La déclaration de l’intersyndicale du 24 septembre s’inscrit dans cette démarche à fleurets mouchetés avec le pouvoir : « C’est bien l’exigence d’un véritable débat et l’examen d’autres alternatives au projet de loi qui s’expriment fortement (…) Le vote de ce projet dans sa logique actuelle n’est pas d’actualité ».

Ce projet ne peut être dissocié de l’ensemble de la politique gouvernementale dont il exprime le contenu de classe au seul service de l’aristocratie financière. L’URCF écrivait dans son dernier tract : « La défense du droit à la retraite à 60 ans constitue une bataille frontale de classe entre les capitalistes et les forces du travail ». Le projet Woerth s’inscrit dans la stratégie des grands groupes, concrétisée au sommet de Lisbonne de l’UE ( véritable programme unique européen de la social-démocratie et de la droite), visant à liquider les conquêtes sociales du XXème siècle pour assurer le profit maximal aux oligarques de la finance.

C’est à ce sommet qu’il a été décidé partout d’allonger le temps de travail et la durée de carrière jusqu’à 67 ans. Partout en Europe les travailleurs sont victimes de la même politique de cadeaux aux marchés financiers ; c’est pourquoi l’URCF appelle à la mobilisation le 29 septembre contre la politique de l’UE, synonyme partout de misère, de chômage, de précarité, d’attaques contre les retraites.

Aménager la loi Woerth, c’est une fois de plus entériner les abandons précédents permis par les lois Balladur, Raffarin , Fillon. Pour l’instant l’unité du mouvement se fait autour du rejet du projet Woerth, ce qui permet aux plus « accompagnateurs » de se camoufler, car nul n’entend de mots d’ordre sur l’aménagement de la loi Woerth, c’est pourtant ce que certains appellent de leurs vœux lors de « négociations ».

Rappelons également qu’aménager la politique de Sarkozy/Fillon n’infirmera en rien son caractère antipopulaire et antisocial.
L’unité supérieure du mouvement ouvrier exige l’action pour le retrait pur et simple de la loi, la retraite à 60 ans à taux plein sur la base de 37,5 annuités (sinon la retraite à 60 ans reste une coquille vide). Ce mot d’ordre doit devenir le ralliement de tous ceux qui refusent d’abandonner les conquêtes sociales les unes après les autres !

Quelles formes de luttes pour vaincre le pouvoir ?

Tout d’abord, rejetons les courants de capitulation et de soumission exprimés par des dirigeants du PS qui disent : « La défaite de 2010 créera la victoire en 2012 ». Nul ne doit oublier la propension organique de cette formation à trahir ses promesses, ni le flou de ses positions puisque Martine Aubry annonçait dans le Parisien, le 7 septembre : « Il ne s’agit pas de donner une retraite à 60 ans à taux plein pour tous les salariés ».

L’expérience historique montre que la grève générale reconductible a été le moyen efficace pour faire plier tel ou tel gouvernement dans le passé. Aujourd’hui, certains dirigeants de la CGT l’évoquent quasiment comme une maladie honteuse ; ainsi dans Libération (25/9), un responsable déclare : « On n’a pas été submergé d’appels en ce sens » (la grève reconductible). « On ne souhaite pas tomber dans le piège de la radicalité comme le voudrait le gouvernement », ajoute un dirigeant de la CFDT.

La grève générale n’a jamais été le produit d’un mouvement spontané ni d’un « décret » lancé d’en haut. Il est le résultat d’une campagne de longue haleine des directions syndicales de lutte de classes qui mobilisent les travailleurs sur la nécessité de cette forme de grève et conjointement du démarrage « en premier » des secteurs les plus combatifs auxquels se rallie la masse des travailleurs, comme en 1936 ou 1968. La mauvaise foi est criante quand certains justifient leur mollesse en s’abritant derrière la formule : « Les travailleurs ne sont pas prêts ».

Autre conception erronée et qui découle de la perte d’analyse de classe, penser qu’une sorte de « référendum » dans la rue (les manifestants) soit la voie unique pour que le gouvernement recule. C’est oublier la main mise du capital sur les médias qui ergoteront toujours sur les chiffres.

Nos propositions ne doivent pas être comprises comme si nous faisions la fine bouche devant les prochaines échéances fixées par l’Intersyndicale.

Le 2 octobre et le 12 octobre, nous appelons à manifester massivement et à cesser le travail partout. En effet pour gagner il faut manifester nombreux, mais surtout porter des coups aux profits du patronat par le blocage de la production.

La voie éprouvée est celle de la grève à l’échelle du pays, la plus rapprochée possible pour que s’exerce une pression continue sur le gouvernement. Si la recherche du profit est lésée, l’arrogance du patronat et du pouvoir ne tardera pas à tomber.

C’est pourquoi l’URCF salue le combat de la CGT-Chimie et des travailleurs de Total qui agissent pour la continuité et la reconduction du mouvement d’actions et de grèves (le 24 il y avait 80 % de grévistes) .

Les directions syndicales nous disent : « Les salariés ne peuvent perdre des journées de salaire à répétition ». Raison de plus pour innover, ne pas en rester au schéma connu de « la journée d’action ».

Pour vaincre il faut une mobilisation permanente comme les étudiants le firent dans la lutte pour le retrait du CPE : blocage ou ralentissement momentané d’axes routiers, exigence de parler dans les radios et télévisions régionales, actions diverses de rassemblement devant les préfectures et permanences des élus, en leur rappelant que l’unité populaire se fera aux législatives pour appeler à battre tous ceux qui auront soutenu par leur voix le projet Woerth de régression générale.

Enfin, parce que la grève est synonyme d’efficacité et de coups au patronat, nous agissons pour que grandisse l’exigence d’organiser des grèves régionales successives d’un jour ponctuée par des journées nationales de grève dans tout le pays. C’est là le gage de l’action continue et de la mobilisation permanente pour vaincre le gouvernement et le patronat.

Retrait pur et simple de la loi Woerth !

Retraite à 60 ans à taux plein (37,5 annuités), à 55 ans pour les métiers pénibles !

Tous ensemble, mobilisation permanente pour gagner !