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TOTAL-ement à plaindre...

samedi 30 octobre 2010

Total a enregistré au troisième trimestre un nouveau bénéfice colossal dopé par la remontée des prix du pétrole, mais le groupe a estimé que la grève contre la réforme des retraites, qui a paralysé ses six raffineries françaises, lui avait coûté 100 millions d’euros.

La première entreprise française par la capitalisation boursière a vu ses profits flamber de 35% pour s’établir à 2,5 milliards d’euros.

Sur les neuf premiers mois de l’année, son bénéfice atteint 7,7 milliards d’euros, soit une hausse de 36% par rapport à la même période de 2009.

La troisième compagnie pétrolière européenne après Shell et BP surfe sur la vague ascendante des cours du pétrole brut qui ont pris 13% en un an, et valaient 76,9 dollars au troisième trimestre de cette année.

Au-dessus de 60 dollars, une hausse du cours du baril de pétrole brut de 1 dollar fait gonfler le bénéfice opérationnel de Total de 110 millions d’euros.

Le géant pétrolier bénéficie en outre de la montée en puissance de certains gisements nouvellement mis en exploitation, tels qu’Akpo au large du Nigeria, Tahiti dans le Golfe du Mexique ou Tombua-Landana dans les eaux profondes angolaises.

Total a ainsi pompé 2,3 millions de barils de pétrole et de gaz chaque jour au 3e trimestre, un chiffre en hausse de 4,3% depuis un an.

Son chiffre d’affaires s’est établi à 119,1 milliards d’euros sur neuf mois, en hausse de 25%.

Dans l’activité raffinage et de la distribution de carburants, le groupe pétrolier a réalisé un bénéfice de 264 millions d’euros au 3e trimestre alors qu’il empochait 2,1 milliards d’euros dans sa branche d’exploration et de production de pétrole.

Aucun jour de grève ne sera payé aux salariés de Total ayant cessé le travail, parfois pendant plus de deux semaines, dans le cadre du conflit sur les retraites...

Après les faits, notre analyse communiste :

Total est la concentration des caractéristiques de l’impérialisme. C’est
tout d’abord ce que Lénine baptisait un super-monopole : 1er groupe en France, 4ème en Europe, 6ème mondial. Il est indicatif du caractère rapace et pilleur du capitalisme français, le fait que, dans un pays quasiment dépourvu de pétrole, ce soit un groupe pétrolier qui constitue l’entreprise la plus puissante !

Quand Total et Sarkozy veulent faire travailler ses ouvriers jusque 62 et 67 ans et supprimer des emplois, Total incarne l’exploitation, la réaction sur toute la ligne, la politique de pillage et de guerre, le néocolonialisme.

Défendre l’emploi de ses salariés va de pair avec la dénonciation de la politique globale de ce fleuron du capitalisme français.

Sur le même sujet, voir notre article d’IC n° 97, en page 2 du journal, ICI