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Jeunesse en lutte, jeunesse solidaire !

novembre 2010

Remarquable, le mouvement de lutte de cet
automne 2010, l’a aussi été par la participation
active et dynamique de la jeunesse, notamment
de la jeunesse lycéenne. On aurait pu
penser que les moins de 20 ans étaient à mille
lieues de se préoccuper de l’âge de départ à la
retraite. Or, ils ont été de plus en plus nombreux,
dans les cortèges d’octobre, à exprimer
leur opposition à cette contre-réforme, leur
solidarité avec le monde du travail et leur colère
face au mépris gouvernemental.

Les raisins de la colère d’une
« génération perdue »

Il faut dire que les ingrédients de cette révolte
se sont accumulés, au fil des années, à travers la
dégradation des conditions de vie des jeunes
âgés de 15 à 25 ans : 640 000 d’entre eux sont
privés d’emploi, le taux de chômage de 17,6%
en 2009 (l’un des plus forts d’Europe) ayant
bondi à 23% en 2010, avec une hausse de 46%
pour le chômage de longue durée ; les jeunes
ont été les premières victimes de la crise, fragilisés
par une précarité qui les touche 3 fois plus
que leurs aînés (27% en CDD chez les 15 - 25
ans, contre 8% dans le reste de la population
active) ; au sein de cette jeunesse, les discriminations
sociales et ethniques (jeunes issus de
l’immigration 2 fois plus nombreux à être privés
d’emploi que les autres) renvoient l’image
d’une société plus injuste et plus inégalitaire
que jamais ; « triée » et marginalisée dès les
bancs de l’école (suppression de la carte scolaire,
logiques sélectives et privatisation rampante
dans l’Éducation, aggravées par les suppressions
de postes et les contre-réformes du
primaire à l’Université...). La jeunesse populaire
est de plus en plus consciente que son
présent et l’espoir d’un avenir meilleur passent
par la lutte contre le capitalisme.

Stratégie sarkozyste contre la
jeunesse en lutte : mensonges,
insultes, répression…

Ainsi l’a-t-on vue rejoindre, dès le 7 septembre,
puis en cortèges de plus en plus fournis, les
manifestations, où son dynamisme, sa créativité
et son sens de l’organisation ont souvent impressionné
ses aînés. Les lycéens en lutte ne se
sont pas contentés d’attendre les « journées
d’action », ils ont aussi organisé leurs propres
manifestations et des blocages de lycées et d’universités
(1300 lycées et un tiers des facs mobilisés
le 21 octobre). Ils ont souvent cherché à
exprimer par divers moyens leur solidarité avec
les autres secteurs en grève.

Face à la rentrée de la jeunesse dans la lutte, le
pouvoir sarkozyste a d’abord usé de son habituelle
démagogie (« La réforme est faite pour
les jeunes
 », osait dire le conseiller social de
l’Élysée), puis du dénigrement insultant (« Les
lycéens n’ont rien à faire dans les manifestations
sur les retraites, ils sont manipulés
 »,
disait Fillon) ; enfin, le gouvernement est bien
vite revenu à son terrain de prédilection, à savoir
celui de la répression policière : 2260 interpellations
de jeunes, 1677 gardes à vue, usage
abondant de gaz lacrymogènes, de flash-ball
(avec un lycéen gravement blessé au visage), de
matraques, jusqu’à la séquestration à ciel ouvert,
pendant 7 heures, de 600 jeunes lyonnais
présents le 21 octobre sur la place Bellecour. A
cela s’ajoute les faits dénoncés par la presse
selon lesquels les policiers badgés CGT ou
autres, ou déguisés en lycéens auraient participé
aux casses de vitrines et autres agressions.

De la révolte à la conscience
révolutionnaire

Mais les coups de matraques ne peuvent arrêter
une conscience collective en marche, et la
« génération perdue » qui a gagné contre le
CPE en 2006 accroît, à chaque lutte nouvelle,
sa lucidité sur l’adversaire de classe à combattre
et la nécessité de l’unité des travailleurs et
de la jeunesse.

Il revient dès lors aux communistes la tâche de
regrouper la jeunesse en lutte, de révéler les
rouages de la société capitaliste, et la nécessité
de se doter d’une véritable organisation communiste
capable de relayer les aspirations de
toute la jeunesse : suppression du CDD et de
l’intérim, gratuité des services publics, priorité
à l’éducation, de nouveaux droits citoyens pour
la jeunesse. Cette organisation s’enrichira des
revendications élaborées par les jeunes scolarisés
et salariés, pour que l’ensemble de la jeunesse
comprenne la nécessité d’une société
nouvelle, libérée de l’exploitation capitaliste, et
que nous nommons socialisme.