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Le PS, opposition de façade, consensus réel

novembre 2010

Dans le dossier des retraites,
le PS et l’UMP,
c’est, à quelques nuances
près, « bonnet blanc et blanc
bonnet
 ».

Ce constat est très largement
confirmé par un fidèle du Président
Sarkozy, le député-maire du
Nouveau Centre, Jean-Christophe
Lagarde. Interrogé par la presse sur
le contre-projet du PS, JC Lagarde a
répondu que « la différence entre la
réforme du gouvernement et celle
du PS, c’est six mois. Au lieu de
bénéficier de leur retraite à 62 ans,
comme nous le préconisons, les
salariés l’obtiendraient à 61,5 ans
avec Mme Aubry qui veut allonger
la durée de cotisation. Dans les
deux cas, la retraite à 60 ans a vécu
.
 »

En effet, le Parti socialiste n’est pas
opposé à la réforme des retraites. Il
considère cette contre-réforme
comme une nécessité incontournable.

Avec son projet intitulé «  un
système universel et personnalisé
 »,
le PS s’inscrit très clairement dans
le processus d’allongement de la
durée de cotisation, qui passerait
dans un premier temps à 41,5 ans,
ainsi que du recul de l’âge de départ,
sous couvert de libre choix
laissé aux salariés.

Dans sa propagande démagogique
destinée aux manifestants, le PS
martèle sa volonté de maintenir à 60
ans l’âge de départ à la retraite,
« pour certaines catégories de travailleurs
 » [dixit Martine Aubry].

En agissant de la sorte, le PS tente
de vendre une promesse irréalisable
en vérité. En effet, en allongeant,
comme il le fait, la durée des cotisations,
l’âge de 60 ans devient purement
symbolique, car quasiment
personne n’aura plus 41,5 ans de
cotisation à soixante ans. Ce subterfuge
infâme se traduira inévitablement
par la baisse des pensions.

Le PS ou les deux
fers au feu

Ainsi, à la veille des élections présidentielles
de 2012, le PS a les deux
fers au feu dans le système.
D’un côté, il surfe sur l’extraordinaire
combativité des travailleurs,
en usant et abusant de la phraséologie
« de gauche » pour se présenter
comme le recours incontournable
contre la loi Woerth rejetée par une
écrasante majorité de Français. De
l’autre, il affiche ses véritables intentions
dans un contre-projet très
largement inspiré des recommandations
faites par le Président du FMI.

En réalité, le PS est un fervent défenseur
de l’Union européenne au
service des monopoles. En bon serviteur
du Capital, il s’attaque aux
droits et aux acquis des travailleurs,
dans le cadre des traités scélérats
qu’il a défendus et ratifiés de
concert avec les dirigeants des partis
de la droite au service du patronat et
de la bourgeoisie.

Son adhésion à l’Europe impérialiste
ne le distingue en rien de
l’UMP. La meilleure preuve est la
politique d’ouverture du Président
Sarkozy à laquelle ont répondu favorablement
plusieurs ténors du PS.

Au plan économique, tout comme
l’UMP, le PS défend « la concurrence
libre et non faussée
 » du Traité
constitutionnel européen, avec
toutes ses conséquences en matière
de détérioration de l’emploi, des
conditions de travail et du pouvoir
d’achat des travailleurs. Au plan de
l’éducation, il ne remet pas en question
les politiques régressives en
matière d’enseignement, et les logiques
de privatisation à l’oeuvre du
primaire à l’Université.

Cette identité de vue, masquée par
un discours faussement oppositionnel,
constitue une arme redoutable
de la dictature du Capital, puisqu’elle
crée chez les travailleurs
l’impression d’une alternative offerte
par les élections présidentielles
et législatives, et l’espoir de connaître,
en l’occurrence, des améliorations
en 2012.

Ce consensus se reflète pourtant
concrètement, par exemple dans les
scandaleuses tractations du Maire
de Paris, B. Delanoë, visant à l’impunité
de Jacques Chirac dans l’affaire
des emplois fictifs quand il
était le premier magistrat de la capitale,
et à faire supporter par les Parisiens
le coût de cette transaction.

Cette entente se reflète également
dans la nomination de Strauss-
Kahn au FMI sur proposition de
Nicolas Sarkozy.
Le représentant de commerce du
Capital financier mondial, Dominique
Strauss Kahn, n’a-t-il pas invité
l’Union européenne à mettre en
place les pires politiques antisociales
à travers des actions portant sur
la réduction des déficits publics, la
nécessité pour chaque Etat de se
soumettre aux desiderata des marchés
financiers.

Concernant les retraites, pour M.
Strauss-Kahn : « La réforme des
retraites et du système de santé
doivent constituer la pierre angulaire
de la stratégie budgétaire de
moyen terme
 ». DSK renchérit en
considérant que « Le relèvement de
l’âge légal de départ à la retraite,
inclus dans la réforme des retraites
annoncée, constitue un facteur décisif
de l’accroissement du taux d’emploi
des seniors ». Le PS n’a-t-il pas
intégré cette injonction dans son
contre-projet, comme rappelé plus
haut ?

Plus grave encore, le directeur du
FMI précise que la réforme des
retraites et du système de santé
produiraient des économies limitées,
mais auront des effets positifs
et significatifs en termes de crédibilité
auprès des marchés financiers
(…).

Tout est dit ! Les contre-réformes,
et plus particulièrement celles des
retraites, n’ont qu’un objectif : celui
de réaliser le profit maximum par la
paupérisation de millions de travailleurs.

La qualité du mouvement de résistance
à la contre-réforme des retraites
du gouvernement, porté par les
travailleurs et militants syndicaux
de base à travers leurs actions de
blocage des centres de production
(raffineries, transports, énergie,
nettoyage…), constitue la base d’avenir
pour faire tomber les masques
du PS et de ses dirigeants, véritables
prédateurs du corps social.

L’URCF continue son travail de
clarification des enjeux pour unifier
les luttes et impulser une orientation
anticapitaliste.