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Travailleurs d’Irlande en lutte : solidarité de classe !

dimanche 28 novembre 2010

Aggravation de la crise du capitalisme

Solidarité internationaliste de classe avec les travailleurs d’Irlande

Le « miracle irlandais n’était qu’un mirage

La construction d’un bloc des États impérialistes d’Europe (l’UE) s’est traduite par une nouvelle division capitaliste et internationale du travail.

Dans ce schéma, l’Irlande a été vouée à une totale « tertiarisation » de son économie : législation très souple pour accueillir les entreprises étrangères avec de faibles impôts sur les sociétés ; création de start-up et surtout promotion immobilière et priorité au secteur financier.

Les banques irlandaises concentrées (3 banques et 2 caisses d’hypothèques) se partagent le marché intérieur mais sont surtout actives sur le marché de l’UE et des Etats-Unis. Les spéculations vers les « Hedge Funds » (Fonds à risque) étaient la règle.

Le développement spéculatif s’est particulièrement porté sur la surexploitation des familles les plus pauvres : prêt à 100 % sans vérification de la solvabilité. Le pari était de s’enrichir sur les dettes et la ruine de ces familles populaires.

Parallèlement se développe une politique de bas salaires pour les ouvriers et de ruine des petites exploitations paysannes. Les profits dégagés étant réinvestis dans la spéculation. Le parasitisme était la règle pour les capitalistes irlandais qui empruntaient pour s’offrir les yachts, des résidences sur le continent ou autres attributions de luxe.
Tout cela a accéléré la faillite des banques qui sont en manque de liquidité, et précipite l’ensemble des travailleurs irlandais dans une crise catastrophique.

Notons également l’aveuglement du FMI qui, voici quelques semaines, assurait de « la solvabilité des banques irlandaises ».

Le passage rapide et accéléré au stade impérialiste du capitalisme de l’Irlande a conduit à la formation d’un secteur financier hypertrophié, à la casse de la petite industrie traditionnelle. La crise mondiale du système capitaliste engendre l’apparition de pays devenus maillons faibles de cette chaîne impérialiste : la Grèce, l’Irlande etc.
Dès lors, les marchés financiers n’ont de cesse d’affaiblir ces pays pour renflouer les banques et monopoles par l’argent volé aux revenus du travail et se servir copieusement par le montant des taux d’obligation.

Le plan d’austérité ou l’alibi de la néo-colonisation de l’Irlande par l’UE

L’UE et le FMI poursuivent une politique de néo-colonisation de fait des pays débiteurs. Ainsi les « aides » tant de l’UE que du FMI sont conditionnées à l’application d’un plan d’austérité drastique du gouvernement irlandais marionnette de l’UE et du FMI.
Le diktat est de dégager en 3 ans 15 milliards d’économie répartis ainsi : 10 milliards d’économie sur le budget d’État, 5 milliards par les hausses d’impôts pour ramener le déficit à 3 % selon les critères de l’oligarchie financière des États de l’UE.

Les dépenses et aides sociales baisseront de 2,8 milliards, 24 750 emplois publics vont être supprimés (l’Irlande a 4,5 millions d’habitants).
Le salaire horaire passe de 8,68 euros à 7,65 soit une baisse mensuelle de 160 euros ; la TVA connaît une hausse de 21 à 22 % (23 % en 2 014). L’UE et le FMI instaurent une politique tragique de paupérisation absolue.

Ce plan adopté par le Parlement, aussitôt l’UE a annoncé son accord pour une aide de 85 milliards dont près de la moitié servira à éponger les dettes des banques qui ont précipité l’Irlande dans le krach et la faillite et surtout seront les seuls bénéficiaires grâce à l’argent volé aux travailleurs d’Irlande (plan de « rigueur ») et de l’UE (« aides » financières résultant des diverses mesures d’austérité dans l’UE).

La dictature des marchés ou la montée du capital financier transnational

Lors de la bataille pour sauver la retraite à 60 ans, Sarkozy et Fillon parlaient de « rassurer les marchés » ; en effet, ce sont les marchés financiers, en accord avec les monopoles, qui exigent toujours plus d’austérité salariale, l’allongement de durée de carrière et de temps de travail, de liquidation d’emplois publics pour réaliser le profit maximum.
Un des moyens d’accroître de manière vertigineuse les profits est de spéculer pour faire monter les taux d’intérêt des obligations des États débiteurs.

Ainsi, les marchés financiers ont ruiné la Grèce, aujourd’hui l’Irlande et demain l’Espagne, le Portugal sont menacés. Certains économistes bourgeois évoquent même la France dont les dirigeants de droite ou de « gauche » ont beaucoup vanté et copié le modèle irlandais.

Le mécanisme de cette spéculation (en voulant sortir de la crise financière) va aboutir à son aggravation, exacerbant toutes les contradictions du système d’exploitation. En effet, les spéculateurs doutent de la capacité des États à rembourser leurs dettes, vendent à tour de bras des euros, provoquent sa baisse et plongent ainsi ces États dans une crise renforcée par leurs exigences toujours plus grandes.

L’objectif stratégique de l’oligarchie financière est de faire payer la crise du capitalisme par ses victimes, de multiplier les profits par le vol de l’argent populaire, la surexploitation de la classe ouvrière et avec les capitaux dégagés, spéculer toujours plus sur les fonds douteux.

Qui se cachent derrière ces marchés financiers ?

Les États les plus endettés de l’UE sont la proie pour 1/3 du capital financier US, chinois et autres, mais pour les 2/3, ce sont les oligarques financiers des États de l’UE qui alimentent la crise par leurs coups en Bourse. Les fonds spéculatifs proviennent des banques, assurances, fonds de pension, gestionnaires de patrimoine, établissements d’origine britannique, française, luxembourgeoise, allemande …

Ces spéculateurs agissent avant tout pour défendre leurs intérêts de caste et de firme plus que pour la défense de leur propre impérialisme.

On assiste au renforcement marqué d’un Capital financier transnational apatride qui vise à la rentabilité immédiate quitte à ruiner les assises économiques des pays de l’UE.

L’UE sert à ces messieurs de cadre pour imposer leur politique à tous les États membres occasionnant une situation dramatique pour les forces du travail. Le capitalisme agonisant entraîne un pourrissement généralisé.

Le gouvernement Fillon, en raison des traits accentués de prédateur international de l’impérialisme français, est un soutien résolu de la politique visant à satisfaire les marchés. Une division des tâches s‘opèrent : à Sarkozy les propos démagogiques jamais suivis d’effet sur « la régulation du marché » d’un « capitalisme moralisé » ; à Fillon et Lagarde, les clins d’œil aux exigences des marchés.

« L’UE adresse un message très fort aux marchés, apportant la garantie nécessaire pour éviter un risque d’effondrement ». (Christine Lagarde).

Ce capital financier transnational est aussi utilisé par les divers États impérialistes pour affaiblir leurs concurrents.

Le rapprochement militaire franco-britannique s’accompagne de la spéculation financière pour affaiblir la domination allemande.

L’Allemagne est le plus gros contributeur des « aides » aux pays victimes de krach. Merkel hausse le ton et menace les fonds spéculatifs des banques, assurances de « modifier les conditions de remboursement des prêts aux États ».

La crise aggrave l’ensemble des contradictions inter-impérialistes et l’Euro loin d’être l’outil efficace, dépeint par ses laudateurs, est au contraire un facteur d’aggravation de la crise.

Solidarité avec les travailleurs d’Irlande

Le peuple travailleur d’Irlande avait déjà condamné la politique de l’UE en votant NON au projet de Traité de Lisbonne (2008). Ensuite, selon une procédure habituelle, l’UE a violé, comme en France, la souveraineté populaire en rejetant de fait le résultat du NON et en faisant revoter avec des questions et une campagne pipées. A l’annonce des mesures d’austérité, les travailleurs d’Irlande ont organisé leur riposte : manifestations et affrontements devant le Parlement et puissante manifestation de 150 000 personnes le 27 novembre.

Les slogans exigeaient la « mise en prison des banquiers », de « faire payer les richards » et même « il faut virer le gouvernement et faire la grève ».

Dans toute l’Europe, pour les classes ouvrières et les travailleurs, l’enjeu est de faire payer la crise au capital, en rejetant tous les plans d’austérité. Les grèves générales en Grèce, Espagne, Italie, Portugal, les grèves reconductibles en France, les actions des étudiants britanniques attestent de la colère populaire et de la montée de la résistance.

Contre le capital financier transnational, contre les gouvernements bourgeois dans chaque pays, contre l’UE, il faut forger un mouvement de grèves « tous ensemble et en même temps » à l’échelle de l’Europe.

Il faut dénoncer haut et fort la CES comme relais des intérêts capitalistiques, et rejoindre le Bureau Européen de la FSM, afin que les luttes puissent être coordonnées sur des bases de luttes de classe.

Une exigence doit grandir (cf. notre appel à un Front d’Alternative Populaire. IIIème Congrès URCF 20/21 novembre 2010), celle de la nationalisation de toutes les banques, dans chaque pays, sans indemnités avec contrôle populaire.

Les luttes politiques et la coordination internationale des partis et organisations communistes sont indispensables pour une politique de rupture avec l’UE, qui passe dans l’immédiat par l’exigence de sortie de la zone euro.

La crise du système capitaliste appelle comme seule réponse progressiste : la révolution contre le Capital et le passage au socialisme, seule voie de progrès pour que les travailleurs puissent connaître sécurité du lendemain, travail, libertés et appropriation par le travail des richesses produites mais spoliées par le Capital.

Solidarité internationale avec l’Irlande !

Pour le retrait de la France de l’UE et de la zone euro !

Vive la solidarité de classe du prolétariat européen !

URCF le 28 novembre 2010