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Strauss-Kahn dans le texte...

décembre 2010

Si l’on avait le moindre doute sur les objectifs politiques de D. Strauss-Kahn, il suffit de lire son discours du 19 novembre, prononcé à Francfort devant le "Congrès des Banques européennes", et intitulé : "Les défis de la croissance européenne" : c’est à faire pâlir d’envie les petits maîtres à penser du néo-libéralisme et de l’oligarchie financière européenne !

Les quelques extraits ci-dessous se passent quasiment de commentaire :

" L’Europe a aujourd’hui un sérieux problème de croissance, un problème amplifié par le tremblement de terre de la crise financière mondiale. (...) Si rien n’est fait, le modèle social européen pourrait être réduit à néant ".

La faute à la réduction du temps de travail...

" Les citoyens [européens] ne sont pas à leur plein potentiel. Dans une certaine mesure, cela reflète un choix conscient social de travailler moins d’heures. Il n’y a rien de problématique ici, après tout, le bonheur ne vient pas du seul revenu. Mais il y a un côté sombre. Le taux de chômage en Europe est chroniquement élevé, et le taux de l’emploi est toujours faible, surtout chez les femmes, les travailleurs âgés et les jeunes. "

La solution ? Un marché unique du travail...

" Pour impulser la réforme du marché du travail, il serait bénéfique de lancer au niveau européen une initiative pour un « marché du travail unique », sur le modèle du « marché unique » qui a harmonisé les marchés des biens. La zone euro ne peut pas atteindre son véritable potentiel avec un patchwork ahurissant de marchés du travail segmentés. Il est temps de créer des conditions égales pour les travailleurs européens, en particulier dans le domaine de la fiscalité du travail, systèmes de prestations sociales et la portabilité des prestations, et de la législation de protection de l’emploi. "

... plus de pouvoirs à la Commission européenne...

" Quand l’ordre du jour est fixé par le centre, les choses avancent. Il suffit de penser au marché unique, ou à l’union monétaire. Mais quand l’ordre du jour est laissé aux Etats-nations [membres de l’UE, Ndlr], les choses traînent. Pensez aux réformes des marchés du travail et des services, notamment à travers l’agenda de Lisbonne. (...) Il est temps de changer de cap. Le centre doit prendre l’initiative dans tous les domaines clé pour assurer le destin commun de l’Union, notamment en matière de politique financière, économique et sociale. Les pays doivent être disposés à céder plus d’autorité au centre. Des mécanismes doivent être repensés pour inciter à réformer. "

... une autorité budgétaire et une TVA européennes...

" La solution la plus ambitieuse serait de créer une autorité budgétaire centralisée, aussi indépendante politiquement que la Banque centrale européenne (BCE). L’autorité fixerait les orientations budgétaires de chaque pays membre et allouerait les ressources provenant du budget central pour mieux atteindre le double objectif de stabilité et de croissance. "

La proposition est si "audacieuse", que DSK s’empresse de la qualifier de " peu probable dans un avenir proche "

D’ici là , il veut " ôter la responsabilité principale du maintien de la discipline budgétaire et des réformes structurelles au Conseil "de l’UE, réunissant les Etats-membres, afin "de réduire le risque que des intérêts nationaux étroits interfèrent avec la mise en œuvre effective des règles communes ". " Dans le cadre institutionnel actuel, la Commission - en tant que gardienne des traités de l’Europe - pourrait jouer un tel rôle "

Et comme si ce programme européen ne suffisait pas, DSK plaide pour une " augmentation des ressources budgétaires allouées" à la Commission.

Il faut " aller au-delà de l’actuel budget de l’UE, strictement limité par le traité, pour aller vers un système qui utilise des instruments plus transparents au niveau européen, comme une TVA européenne, ou une taxation et tarification du carbone ".

Exiger le "travailler plus", taxer les travailleurs pour leur faire payer la crise, détruire les conquêtes sociales, imposer un pouvoir autocratique, sacrifier la souveraineté nationale..., c’est signé NS ou DSK ??