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Côte d’Ivoire : Non à la politique de la canonnière !

vendredi 24 décembre 2010

L’élection présidentielle en Côte d’Ivoire n’a pas réglé la question du pouvoir.

L’ONU et les puissances impérialistes ont proclamé la victoire de Ouattara. Quant à Gbagbo, il s’est proclamé Président en ignorant les suffrages de beaucoup de villages du Nord, où son adversaire a recueilli « 100% » des suffrages. Dans ces conditions, le caractère démocratique de cette élection est plus que douteux, puisque depuis des années, le pays a été divisé et scissionné de fait par la guerre civile, encouragée par les puissances impérialistes.

Gbagbo est depuis longtemps la cible de l’impérialisme français, il fut mis en prison sous l’ancien président dictateur Houphouët Boigny, et depuis sa venue au pouvoir, les manœuvres de Paris ont été nombreuses pour le renverser.

Gabgbo n’a jamais fait partie du réseau de la « Françafrique » ! Certains secteurs qui le soutiennent ont des tendances anti-impérialistes, mais concernant le pouvoir de Gbagbo, les faits montrent qu’il s’agit d’une rhétorique plus que d’une politique réelle. De plus, son appartenance à l’Internationale socialiste montre ses liens avec certains cercles impérialistes, notamment dans l’UE.

« Rhétorique », car depuis des décennies les Ivoiriens souffrent de la domination de l’impérialisme français, et sous Gbagbo, il n’y a pas eu de profonds changements à cet égard. La misère et le chômage massif règnent et les multinationales françaises ont continué d’amasser de juteux profits, de prospérer et de mettre en coupe le pays.

Gbagbo a poursuivi la politique dictée par le FMI, notamment la braderie des services publics ; il a conduit des mesures fondées sur « l’ivoirité » à caractère de chauvinisme ethnique, qui ont favorisé les ingérences impérialistes pour opérer une sécession de fait du pays.

Le régime Gbagbo a réprimé les forces démocratiques et communistes, notamment celles du PCRCI.

Pour autant Gbagbo n’est pas le candidat soutenu par l’impérialisme occidental, en raison de son imprévisibilté et des forces populaires qui le soutiennent.

Ouattara, depuis le départ, a été le candidat des Etats-Unis, de la France, du FMI où il a longtemps travaillé. Il est l’homme des plans d’ajustement structurel, conduits dans tous les pays par Strauss-Kahn missionné par les grandes puissances capitalistes.

En autoproclamant Ouattara « vainqueur », l’impérialisme français et nord-américain s’est ingéré brutalement dans les affaires intérieures de la Côte d’Ivoire, Etat souverain.

Que dirait-on si la Côte d’Ivoire, en 2000, avait pratiqué ainsi et désigné Gore vainqueur aux élections présidentielles américaines, alors qu’il y eut recomptage en Floride durant plusieurs semaines !

C’est bien la preuve de l’esprit colonialiste intact chez les dirigeants capitalistes qui jugent qu’ils ont leur mot à dire dans la politique des Etats autrefois colonisés.

Sarkozy est mal placé pour donner des leçons de démocratie, lui qui a violé la souveraineté populaire exprimée dans la victoire du NON au référendum sur le TCE, en faisant adopter une nouvelle et jumelle mouture de ce traité grâce à un parlement consensuel UMP, Centre, PS ; lui qui a osé affirmer à Dakar que "l’Africain n’était pas encore entré dans l’histoire" !

Maintenant que les appels de Ouattara et Soro au soulèvement, voire à la guerre civile, ne sont guère entendus, les puissances impérialistes - la France en tête avec sa force « Licorne » -, sous couvert de « démocratie » et « droits de l’homme », sont prêtes à l’intervention armée pour installer leur candidat à la présidence.

L’URCF appelle les forces démocratiques et anti-impérialistes à rejeter la logique de guerre qui aggravera la misère, la dépendance et ferait de nombreuses victimes.

C’est aux Ivoiriens et à eux seuls de décider librement de leur avenir, et à trouver les solutions appropriées.

Non aux ingérences impérialistes !

Non à l’intervention armée française en Côte d’ivoire !

Retrait de tous les corps expéditionnaires en Côte d’Ivoire et en Afrique !
Non à la « Françafrique », pour une Côte d’Ivoire libre, démocratique et indépendante !