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Halte à la répression anti-ouvrière à la Poste !

janvier 2011

Olivier Rosay, Secrétaire départemental
de Sud PTT 75, a été
condamné à 2 ans de mise à
pied, dont 6 mois avec sursis, par la
direction de la Poste
, qui lui reproche
des prises de parole non autorisées
(sic !), l’occupation du siège lors de la
lutte des postiers du 92, et son soutien
aux travailleurs de l’ancienne poste
privée Alternative Post, jetés à la rue
suite à sa fermeture, et qui demandaient
à être embauchés comme facteurs. Pour
le patronat, public comme privé, défendre
les intérêts de classe des travailleurs
est considéré comme illicite ;
seule est tolérée la négociation encadrée
et réglementée ne remettant pas en
cause sa politique.

La répression à la Poste contre ceux qui
défendent les travailleurs et le service
public est une arme utilisée par la direction
pour mener à terme le processus
de privatisation. Le gouvernement
s’apprête à faire rentrer la Caisse des
Dépôts et Consignations (CDC) dans le
capital de la Poste, pour la soumettre
entièrement aux lois de l’économie de
marché sous le contrôle de la Banque
Centrale Européenne. L’utilisation de
la CDC pour réaliser la capitalisation
de la Poste n’a pas d’autre but que d’achever
sa privatisation, après sa transformation
en société anonyme. La
CDC va représenter 26% du capital et
investira dans des secteurs “à rentabiliser”,
les autres, bénéficiant encore de la
dotation publique, devront, sous l’oeil
de Bruxelles, être rentabilisés de façon
comparable. L’entrée en Bourse, imposant
la rentabilité immédiate, se fera au
détriment des besoins de la population
par l’augmentation des tarifs, la suppression
de la gratuité de certaines
prestations, de nouvelles fermetures de
bureaux, guichets et centres de tri, la
surexploitation des travailleurs.

Alors que les recrutements en CDI se
substituent déjà aux emplois statutaires,
la direction a recours massivement aux
CDD et à l’intérim. La précarité sociale
nuit aussi bien aux postiers et à
la qualité de leur travail qu’aux usagers.
L’URCF s’oppose à la logique du
partenariat avec la CDC, car il ne constituera
nullement une barrière à l’appétit
du Capital, mais au contraire facilitera
la privatisation totale et la liquidation
de ce qui reste du service public.
Seuls la nationalisation des banques
et le rétablissement du monopole
postal public peuvent répondre aux
besoins des travailleurs et usagers.

Le patronat et le pouvoir n’ont plus
d’autres réponses aux luttes et aux revendications
que la répression et la
fascisation. Face aux contradictions
exacerbées du système capitaliste en
crise, le réformisme conduit à la soumission
à la bourgeoisie et nous enferme
dans la bipolarisation UMP-PS.

L’URCF, présente à la manifestation
de soutien d’Olivier Rosay du 15 décembre
devant la Direction du Courrier
à Paris, appelle à continuer la lutte
contre la répression et les intimidations
envers les agents. Les travailleurs n’ont
pas à demander à leurs exploiteurs la
permission de s’exprimer et de mener
leurs luttes selon les formes qu’ils jugent
nécessaires, pas plus qu’ils ne
déposeront de « préavis », quand ils
renverseront le capitalisme par la révolution
socialiste. La mobilisation a déjà
permis de faire reculer la Poste qui
prévoyait, au départ, la révocation d’Olivier.

Commission ouvrière