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Jeunesse dans la galère, jeunesse en colère, jeunesse révolutionnaire !

janvier 2011

Avec le
capitalisme :
l’impasse totale

La preuve que le capitalisme
est un régime sans avenir,
c’est le sort qu’il réserve à
la jeunesse populaire, en
France notamment, avec des
chiffres révélant toutes les
dégradations subies par les
18-25 ans depuis les années
80 :

- 1 jeune sur 4 est privé
d’emploi ; près de 1 sur 2
dans les quartiers pauvres ;

- 1 sur 5 vit sous le seuil de
pauvreté (moins de 900 euros
par mois) ;

- 1,5 million de jeunes sont
des travailleurs précaires,
soit 3 fois plus que chez les
autres salariés ;

- 1,2 million de jeunes diplômés
et étudiants sont stagiaires,
soit 10 % de la population
active. Si l’on
ajoute à cette catégorie le
demi-million d’apprentis, on
voit comment se constitue,
de fait, pour le patronat, une
armée de sous-salariés privés
de droits sociaux
(chômage, retraites, prestations
de comité d’entreprise,
etc.), au pire non rémunérés
(pour les stages de moins de
3 mois), au mieux
« gratifiés » d’une rémunération
horaire de 2,75 euros,
soit 417 euros par mois…

La crise du
système capitaliste
aggrave ces
phénomènes

Depuis 2008, le chômage a
augmenté chez les moins de
25 ans deux fois plus vite
que chez les autres travailleurs,
que ce soit par la
baisse des CDD et des missions
d’intérim ou par les
plans sociaux qui visent
prioritairement les derniers
arrivés en CDI, dont le licenciement
est moins coûteux.

Les jeunes diplômés sont de
plus en plus poussés vers les
emplois précaires, aussi bien
dans le privé (avec les fermetures
d’entreprise), que
dans le public (avec le non
remplacement d’un fonctionnaire
sur deux).

Tout en accentuant durablement
les inégalités, le capitalisme
génère aussi les
conditions d’une paupérisation
absolue qui n’épargne
pas les couches moyennes
de la jeunesse ; d’où le sentiment
généralisé - et confirmé
par les faits - d’une fracture
générationnelle qui voit
un jeune travailleur gagner
en moyenne aujourd’hui
40 % de moins que son
aîné âgé de 50 ans (cette
différence était de 15 % en
1975) ; et donc d’être
condamné à vivre plus mal
que ses parents.

Ce sentiment de déclassement
et d’avenir bouché
traverse l’ensemble de la
jeunesse, privée des effets
attendus, sur ses conditions
de vie, de la massification
scolaire opérée dans les années
80 (65% d’une classe
d’âge a le Bac aujourd’hui,
contre 30% en 1985).

« Nos ministres ont
une peur mortelle de
voir se réaliser
l’union du Travail et
du Savoir
 », disait Lénine.

Nos gouvernants sont aujourd’hui
animés de la même
peur, face à la montée du potentiel
de colère qui se manifeste
de plus en plus tôt chez
les jeunes (la présence lycéenne
massive, dans les manifestations
de ces derniers
mois, le prouve). D’où le travail
de sape systématique
entrepris par le Capital contre
le service public d’éducation
et de recherche, pour assujettir
toujours plus cet instrument
aux besoins de l’économie
capitaliste. Les ordres de
l’OCDE, cet organisme de
« bonne gouvernance » capitaliste,
sont formels : l’école
doit produire plus d’élites
assurant plus de compétitivité,
mais aussi plus
d’« employabilité » chez les
élèves de milieux populaires,
tout cela devant coûter moins
cher, et offrir toujours plus de
profits. De la Maternelle à
l’Université, un vaste chantier
de destructions d’emplois, de
privatisations, d’adaptation
des contenus et formations
aux strictes demandes du patronat,
est à l’oeuvre. Les
contre-réformes se succèdent
à un rythme effréné pour que
s’accélère cette instrumentalisation
de l’école.

Parallèlement, l’école ne suffisant
pas à soumettre totalement
la jeunesse, le pouvoir
perfectionne toujours plus ses
outils de répression : ainsi en
est-il de la récente loi LOPPSI
2, qui transforme les mineurs
en délinquants potentiels
(couvre-feu et
« comparution immédiate »
pour les moins de 13 ans,
sans passage devant un juge
pour enfants ; prison systématique
pour les squatteurs et
« campeurs illicites », fichage,
vidéo surveillance et
cyber-censure renforcés, etc.).

Dans le même temps, le capitalisme
fait de la jeunesse une
cible commerciale prioritaire
(publicité, effets de marque)
afin que, non seulement elle
consomme, mais qu’elle voie
dans la consommation son
seul idéal. [constituant de fait
une sorte d’aliénation]. Ainsi
la bourgeoisie tente-t-elle de
détourner la jeunesse de la
lutte, sans pourtant lui donner
les moyens de vivre réellement
de manière autonome.

La jeunesse est, par conséquent,
un enjeu de classe
considérable.

En plein coeur de l’insurrection
démocratique, Lénine
répétait à l’envi, à ses camarades
 : « Il faut recruter des
jeunes, plus largement et
plus hardiment, toujours
plus hardiment et plus largement…
La jeunesse décidera
de l’issue de la lutte !
 » Cet
appel prend tout son sens,
aujourd’hui, pour les communistes
en lutte contre le capitalisme
 : ils doivent multiplier
leurs actions militantes en
direction des jeunes travailleurs,
étudiants et lycéens ;
car l’heure de ce vieux monde
a sonné, et l’avenir du nouveau
monde, naissant de la
révolution socialiste, appartient
à la jeunesse.