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Parti communiste de Syrie : Le grand Congrès d’un grand Parti.

janvier 2011

L’URCF en même temps
qu’elle se développe au plan
national progresse au niveau
international : notre organisation
a été invitée au 11ème
congrès du Parti communiste
de Syrie qui eut lieu entre le
27 Octobre et le 1er Novembre.

Le voyageur parcourant la Syrie est
frappé par la paix qui règne dans ce pays
accueillant où arabes, kurdes, arméniens
de confession aussi bien musulmane
(sunnite et chiite) que chrétienne vivent
dans la concorde. Il est surpris, car l’Irak
limitrophe, qui n’existe plus en tant
qu’Etat unitaire, est en proie à une sorte
de guerre civile entre chiites et sunnites,
sous l’instigation de la « démocratie »
américaine- laquelle est la cause directe
de la mort de plus d’un million d’Irakiens.

Il est surpris enfin parce que le
peuple de Palestine est sous le joug du
colonialisme, tandis que l’Egypte est au
bord de l’explosion sociale.

En effet, la presse de la ploutocratie
(y compris l’Humanité), abreuvée de la
sinistre idéologie du « choc des civilisations
 », ne dépeint le monde arabe que
sous l’angle belliqueux, sans montrer les
forces de progrès à l’oeuvre. Or, l’harmonie
entre les nombreuses communautés
peuplant la Syrie doit beaucoup à l’activité
de son parti communiste marxiste-léniniste
n’ayant, grâce à Khaled Bagdache
(1), jamais cédé au révisionnisme : le
PCS est aujourd’hui encore, en dépit
d’une scission pendant la contrerévolution
de Gorbatchev et de Eltsine,
une des principales forces politiques du
pays ; il a actuellement un ministre au
gouvernement et quatre députés. Et il
s’agit d’un parti de masse : en 2004, plus
de trente mille personnes vinrent fêter
son quatre-vingtième anniversaire dans
un stade de Damas. Cette victoire des
communistes syriens face au révisionnisme
est le fruit d’une politique juste :
celle-ci est animée par trois principes
conformément auxquels il est essentiel
pour le PCS de

1) de coopérer avec toutes les forces
nationales démocratiques,

2) de défendre toutes les revendications
des ouvriers, des paysans et des
forces du travail,

3) et enfin de préserver l’indépendance
du parti pour tout ce qui concerne
les principes et les questions politiques
fondamentales.

Car le PCS, à qui la Syrie doit en
grande partie sa libération du colonialisme
français, est membre du front national
démocratique constitué en 1972
par Hafez Al-Assad, baathiste de gauche.

Cependant, Khaled Bagdache explique la
présence du PCS dans ce front démocratique
en ces termes : « l’appartenance de
notre organisation au front national progressiste
ne relève pas, selon nous, d’une
tactique à court terme, mais est bien plutôt
impliquée par notre stratégie à long
terme (et doit être conçue plus particulièrement
contre les plans et les complots de
l’impérialisme), en vue de l’accomplissement
de la révolution démocratique
 ». En
effet, le PCS appuie la politique extérieure
du gouvernement baathiste, parce
que la Syrie est à la pointe du mouvement
de libération nationale arabe et
qu’elle est un élément fondamental du
front anti-impérialiste mondial : sans
contrôler la Syrie, l’impérialisme ne
pourra jamais complètement contrôler la
région et mener à bien ses projets homicides,
qu’ils se nomment « nouveau
grand Moyen Orient » ou « union pour la
Méditerranée ». Or, pour le PCS, le renforcement
de l’indépendance nationale
est indissociable de la lutte contre le terrorisme
américano-sioniste – ses mensonges
et ses complots. Ce renforcement
de l’indépendance nécessite aussi la défense
et le développement de la production
nationale planifiée, contre les tenants
de la privatisation et l’ouverture aux capitaux
étrangers. Car sans économie
forte (nationalisée), une politique extérieure
forte est impossible. C’est là ce
que nous enseignent LENINE et STALINE.

Toutefois, la bourgeoisie compradore
(qui pousse aux privatisations) gagne des
positions. La Syrie est constamment soumise
aux pressions
des instances
impérialistes
comme
le FMI.

Aussi l’ouverture
aux capitaux
étrangers
est déjà partiellement
ou totalement
consommée
dans le secteur
de l’électricité,
des banques et
du gaz (2). De
même, le prix
de l’essence
subventionnée
a augmenté de
20%. Or seuls les communistes s’opposent
conséquemment à ces funestes progrès
de la tyrannie capitaliste. C’est donc
au niveau de la politique intérieure que le
PCS montre le plus son indépendance au
regard du parti Baath : pour ne citer que
quelques exemples, il défend avec ténacité
la réforme agraire qu’il voit comme
l’acquis le plus important de la libération
(ce sont d’ailleurs les paysans qui pâtissent
le plus de la libéralisation) ; le PCS
demande le droit de grève pour les ouvriers
et la levée de l’état d’urgence,
s’attaque au bureaucratisme et à la corruption,
revendique le droit à l’affirmation
culturelle des minorités ethniques ou
linguistiques ; enfin, au plan intellectuel,
le parti combat l’obscurantisme dont le
modèle est le néo-libéralisme. Car, « Le
but du combat pour la démocratie [disait
Khaled Bagdache] doit être de donner
aux masses le moyen d’étendre et d’affermir
leur rôle, et de développer ainsi le
concours de leur grand potentiel dans le
combat national ainsi que dans la lutte
des classes dans notre pays » (K. Bagdache)

En conclusion, deux choses. Rapportons
tout d’abord que le discours de
l’URCF fut chaleureusement et longuement
applaudi par les délégués du PCS et
les représentants des partis frères. Aussi,
Viktor Tioulkine, secrétaire général du
Parti communiste des ouvriers de Russie,
salua fraternellement la lutte des communistes
de l’URCF pour la reconstitution
de notre parti. Enfin, dans son discours
ouvrant les travaux du congrès, Ammar
Bagdache, secrétaire général du parti
communiste de Syrie depuis ce congrès,
insiste sur quelques points importants qui
concernent tous les communistes : nous
entrons dans une période de conflit où la
contradiction entre le travail et le Capital
s’intensifiera, et pendant laquelle les
communistes authentiques gagneront des
positions. Il n’y a donc pas lieu de capituler.

Néanmoins, l’impérialisme redoublera
d’efforts pour diviser les peuples et
diviser le mouvement ouvrier, en finançant
le fascisme, en créant de faux problèmes
par la voix de l’écologisme et en
soutenant habilement l’opportunisme, le
trotskisme, l’eurocommunisme et
« l’alter-mondialisme ». Nous devons
donc nous employer à unifier le mouvement
communiste au plan national et
international.

Vive le parti communiste
de Syrie !

1. Khaled Bagdache dirigea le parti de 1936
à 1995 et fut aussi le premier député communiste
du monde arabe en 1954.

2. c’est sans doute la raison des multiples
visites de haut-représentants de l’impérialisme
français en Syrie depuis l’élection de Sarkozy.