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SARKO ET DSK

janvier 2011

Je suis athée jusqu’au bout des ongles, de la
tête aux pieds. Autrement dit, je ne crois en
aucun dieu déclaré et ne suis membre d’aucune
religion établie ou pas. Mais l’athée
que je suis croit en un dieu méconnu du
plus grand nombre, celui des journalistes,
le Dieu hasard, le dieu qui fait parfois bien
les choses. La preuve qu’il existe ? L’autre
jour, voyageant en TGV entre Clermont-
Ferrand et Paris, via Riom, Vichy, Moulin
et Nevers, j’ai rencontré – je devrais dire
retrouvé – un vieil ami. Ami et camarade,
comme moi dissident du P.C.F. (parti très
édulcoré, de couleur rose...pâle), comme
moi toujours communiste. Jusqu’au bout
des ongles, de la tête au pieds. Et aussi bavard.
Evocation des souvenirs, de notre vie
présente et discussion politique. Inévitablement.

Deux noms viennent et reviennent
dans notre entretien : Sarko et D.S.K.

A
propos de Sarko, l’ami des riches, allongement
de la durée du travail, blocage des
salaires, augmentation du chômage, réduction
des taux de remboursement des médicaments,
démantèlement des services publics,
y compris des hôpitaux, mise à mal
des droits sociaux, le tout pour le plus
grand profit des capitalistes. Et, aussi, asservissement
de la magistrature et de la
presse écrite et audio visuelle. Le changement
avec Sarko – installé sans son
luxueux Elysée – est régression. Retour à
la case départ du capitalisme florissant : les
acquis de 36 et du CNR « royalement »
jetés aux orties.

A propos de D.S.K. aux
dents longues, propulsé par Sarko à la direction
du F.M.I. au service de la finance
internationale et des gouvernements de
droite, sociaux démocrates ou dictatoriaux,
indifféremment. D.S.K., qui s’est félicité
entre autres compliments adressés de ci de
là aux serviteurs dévoués du capitalisme,
approuvé télégénétiquement, la désastreuse
réforme sarkosienne des retraites. Un satisfecit
appuyé. Avec D.S.K. qui - dit-on –
souhaiterait devenir le « locataire » de
l’Elysée à la place de Sarko (c’est comme
ça dans la jungle politicienne), ce serait se
débarrasser du choléra pour attraper la
peste. Bonnet blanc et blanc bonnet. En
effet, les frontières de l’oligarchie financière
remodelées avec un leader baptisé
« de gauche » permettraient au néolibéralisme
de se refaire une santé. Quel bonheur
que ce voyage. Quand je vous disais que le
hasard est le dieu des journalistes.

Jean Sanitas