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Labos, mourir pour leurs profits...

avril 2011

Les monopoles
pharmaceutiques
français
ont récemment
défrayé la chronique
avec le
laboratoire Servier
et la commercialisation
de son Médiator
accusé par les
familles de victimes
d’avoir provoqué de
nombreux décès bien que
les risques fussent
connus… Le profit maximum,
loi économique du
capitalisme-impérialisme,
n’épargne en effet aucun
champ de l’activité humaine
 : pas même celui de
la santé.

La maladie est bien un des
plus juteux marchés du
monde après celui des
armes ! Les monopoles français de
la santé sont même bien placés avec
le mastodonte Sanofi-Aventis, 1er
européen, 4ème mondial avec un bénéfice
net, toujours en hausse, de
plus de 8 milliards d’€ en 2010… et
encore 900 postes de travailleurs
supprimés ! (7,8 milliards en 2009
et 3000 postes supprimés). La
France est le pays où la croissance
des dépenses de santé (à la charge
des travailleurs) est la plus forte,
presque deux fois supérieure au
« taux de croissance économique »,
pour le plus grand profit des monopoles
capitalistes pharmaceutiques.
Depuis plusieurs années, les prix en
France sont à la hausse, comme
dans toute l’Europe, au profit de
certains monopoles, aggravant le
« déficit » de la Sécurité sociale :
exemple, les analogues de l’insuline
lente coûtent 60 % plus cher ; au
total ce sont plusieurs centaines de
millions d’euros qui viennent ainsi
gaver les conseils d’administration
des laboratoires. Il est juste et vital
d’exiger que la mise sur le marché
des nouveaux médicaments ne se
fasse que progressivement, en fonction
des études de sécurité à court et
long terme, démontrant leur efficacité
sanitaire, ce qui exige de dénoncer
les profits à court terme attendus
par quelques capitalistes. Les
prix et les non remboursements de
médicaments sont à la hausse, tandis
que les laboratoires déclarent
dépenser 2,8 milliards d’euros en
marketing en France, dans le but
que les médecins prescrivent en
masse leurs médicaments. Aussi
est-il bien plus rapide et plus rentable,
pour un laboratoire, de développer
en vitesse un médicament, plutôt
que de chercher pendant des années
des études à améliorer les médicaments
existants utiles à la santé
et à travailler à de véritables innovations.

Résultat parmi d’autres, on chiffre
aujourd’hui à 128 000 hospitalisations
par an la conséquence des effets
secondaires des prescriptions
médicamenteuses. En matière de
brevet, les monopoles de la santé
obtiennent aussi en moyenne 20 ans
d’exclusivité, ce qui leur permet de
vendre au prix fort des traitements
(exemple de Glivec, anticancéreux à
26 000 € le traitement annuel !). Le
milieu des multinationales de la
santé, c’est également celui des
scandales politico-financiers. Si
l’affaire Woerth a illustré la subordination
de l’État aux conseils d’administration
des monopoles, les
exemples ne manquent pas avec les
laboratoires. Sarkozy a travaillé
longtemps comme avocat de Servier
 ; ce même Sarkozy nomme Nora
Berra, elle-même issue de l’industrie
pharmaceutique, au ministère
chargé de protéger les usagers
« des abus de l’industrie pharmaceutique
 » ; Biogaran, filiale de
Servier, leader dans les génériques,
et dont le PDG n’est autre que François
Sarkozy (frère du Président) au
moment où le générique devient
priorité de santé n°1 !!

Pour la santé, nous avançons
comme axe de lutte la création d’un
pôle de service public santé. Les
grands laboratoires seront nationalisés
sans indemnités et avec contrôle
ouvrier, afin de fabriquer des médicaments
à bas prix. Les sommes
autrefois allouées à de coûteuses
campagnes de publicité seront
consacrées à la Sécurité sociale.
L’existence d’établissements privés
fondés sur le profit est incompatible
avec la santé publique. La priorité
budgétaire doit revenir à la recherche
médicale publique (doublement
du budget au moins). Il s’agit là
d’un impératif pour combattre les
pandémies et épidémies. L’URCF
se prononce pour des États généraux
de la santé avec les professionnels,
les usagers, les représentants
des autres pôles de service public,
les représentants des salariés, afin
de définir l’état des lieux et les besoins
à satisfaire.