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L’ABROGATION DE LA CONSTITUTION DE LA 5ème RÉPUBLIQUE :

avril 2011

... UNE REVENDICATION DÉMOCRATIQUE MAJEURE !

La Constitution de 1958, émanation
du coup d’État gaulliste, a
signifié la victoire de la
« réaction sur toute la ligne » (Lénine).
Les transformations institutionnelles
reflètent les mutations économiques du
capitalisme français (Capitalisme Monopoliste
d’État), qui exigeaient un
pouvoir exécutif fort dans le droit fil de
l’héritage de la monarchie et du bonapartisme.
Pouvoir exécutif principalement
incarné par une Présidence de la
République dotée de larges pouvoirs,
du droit de dissolution de l’Assemblée
et du recours aux pouvoirs exceptionnels.
Président échappant à tout contrôle et à
toute responsabilité !

A l’origine, ce système est conçu pour permettre
la reconduction permanente de la droite au
pouvoir, puisque la gauche était dominée par le
PCF et que l’anticommunisme était agité pour
empêcher toute surprise. La social-démocratie
allait saisir, grâce à Mitterrand, toutes les possibilités
offertes par le nouveau régime
(pourtant dénoncé avec force à l’origine). S’appuyant
sur la tactique opportuniste et de sommet
du Programme commun PCF/PS/
Radicaux, le PS allait se « gauchir » (même
programme que les communistes), tout en apparaissant
comme « garant des libertés » sur
fond de campagne antisoviétique sur le
« goulag », afin d’affaiblir toujours plus l’influence
communiste. Avant et après 1981, le
PS domine la gauche, et pas à pas, fixe des
exigences pour social-démocratiser le PCF de
plus en plus électoraliste. Aux affaires, le PS
va prouver sa totale intégration à l’appareil
d’État capitaliste et au système d’exploitation.
Depuis, le PS est un pilier de ce pouvoir
(dictature de classe) en France comme dans les
autres États de l’UE.

Le bipolarisme
UMP/PS, forme de
domination de classe

C’est la forme que revêt la dictature du Capital
dans la majorité des États impérialistes. (États-
Unis, Espagne, Grande-Bretagne, France, Allemagne,
Italie…). Deux pôles dominent et s’affrontent,
l’un incarnant la réaction ou le
conservatisme, l’autre la gauche sous l’hégémonie
de la social-démocratie. C’est le mythe
de l’alternance qui consiste à remplacer les
équipes gouvernementales usées par les tenants
de l’autre bord, pour une même politique de
classe ! Identité que l’on retrouve dans la
même application zélée de la stratégie des
grands groupes monopolistes : en finir avec
l’ensemble des conquêtes sociales du siècle
précédent pour assurer le profit maximum à
l’oligarchie financière.

Le piège
institutionnel

En France, comme aux États-Unis, l’élection
présidentielle devient le noyau auquel s’agrègent
tous les autres. Le passage au quinquennat
a aggravé l’affaiblissement du rôle du Parlement,
en subordonnant clairement les enjeux
des législatives limitées à donner une majorité
au « Parti du Président ». La campagne présidentielle
se déroule en recourant à tous les
procédés antidémocratiques possibles : instituts
de sondage qui mettent en avant telle ou telle
« personnalité » forgée pour les besoins, à
coups de petites phrases ou de participation à
des émissions de grande écoute. Les instituts
de sondage jouent un rôle clé pour orienter
l’opinion publique. Des années avant le scrutin,
on présente les probables « compétiteurs »
du second tour et même le futur vainqueur. Ce
n’est pas, bien sûr, un tableau de la réalité objective,
mais la traduction des choix de débats
et de candidats voulus ou permis par le Capital
et ses intérêts. Cette extrême personnalisation
débouche sur un véritable culte cathodique
(« parler au 20 heures ! ») et favorise l’expression
de la démagogie la plus criante, de l’alignement
sur les sondages partiels d’opinion,
obligeant les politiciens à se contredire de semaine
en semaine, popularité oblige ! Ce système
de recherche d’homme ou de femme providentiel-
le affaiblit l’ensemble des partis politiques,
voués, sur le mode américain, à simplement
devenir des caisses de résonance du candidat
 ! À gauche, c’est encore pire, les partis
ou petites formations sont intégrés grâce à l’élection
présidentielle qui pousse au « vote
utile ». Même si le système fonctionne plus par
la défiance que par l’adhésion, le PS, de nature
social-impérialiste, se subordonne ainsi la
quasi-totalité de la gauche (qui le veut bien !)
« Discipline républicaine » qui conforte à chaque
élection un des deux piliers du pouvoir des
monopoles !

Abrogation de la Vème
République ! Pour la
Constituante !

Actuellement, toutes les forces de gauche, loin
d’analyser le caractère mystificateur de ce type
d’élection, débattent du choix de leurs candidats.
Mais la logique institutionnelle et les besoins
étroits des appareils sont les plus forts, et
chaque élu local a besoin du report de voix du
PS au second tour, ce qui renforce la quadrature
du cercle. L’enjeu de la présidentielle,
pour les marxistes-léninistes de l’URCF, au
stade actuel, est d’une tout autre nature :

1. Il faut dénoncer le présidentialisme et ce
mode d’élection comme antidémocratique,
démagogique, preuves à l’appui
des promesses non tenues par les anciens
présidents.

2. Il faut mener une vaste campagne de
démystification du bipolarisme
comme obstacle à une véritable alternance
populaire. Rappeler les bilans
désastreux pour les travailleurs et le
pays de la politique de Jospin et de
Sarkozy, de l’UMP et du PS qui ont
conduit le pays au déclin pour servir
les intérêts capitalistes.

3. Il faut forger un front d’alternative populaire
anticapitaliste avec, pour
noyau, le bloc rouge des organisations
de communistes révolutionnaires.
Front qui doit se fixer comme principal
axe de faire grandir l’exigence
d’abrogation de la Vème République,
de proposition d’une Assemblée
Constituante enrichie par les propositions
des assemblées de base
(entreprises et quartiers), d’instituer la
proportionnelle intégrale à toutes les
élections, avec droit de vote pour les
travailleurs immigrés.

Le peuple-travailleur, appuyé par le Front
d’alternative populaire, porterait un coup non
définitif mais sensible au pouvoir capitaliste,
en renforçant la lutte démocratique, lutte indissociable
de la lutte pour le socialisme.