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Léninisme et unité

avril 2011

Dans l’oeuvre de Lénine, la question de l’unité a toujours été pensée en lien étroit avec les
principes marxistes, c’est-à-dire sur de fermes positions de principe, ce qui n’exclut pas,
bien au contraire, souplesse et créativité. Pour le menchevisme et le trotskisme (dans les
premières années du XXème siècle), l’unité est celle de tous les états-majors quelle que
soit leur ligne, et c’est le Congrès (où coexistent marxistes et opportunistes) qui tranche !

L’unité de la classe ouvrière

Au stade impérialiste du capitalisme
s’opère une scission du mouvement
ouvrier. Les surprofits dégagés par
le pillage monopoliste des colonies
et semi-colonies permettent, selon
Lénine, de « corrompre et d’acheter
 » certains secteurs et dirigeants
du mouvement ouvrier (aristocratie
et bureaucratie ouvrières). Ces derniers
combattent certains aspects du
capitalisme dont ils sont victimes,
mais le défendent aussi, en dernière
instance, en tant que couche sociale
intermédiaire. Nous avons là la base
sociale du réformisme. Dans tous les
pays capitalistes développés, le
courant réformiste est dominant.
Lénine et l’Internationale Communiste
ont appelé, pour créer les
conditions de la révolution socialiste,
à « conquérir la majorité de la
classe ouvrière
 », tant dans le mouvement
syndical que politique, par le
déploiement du front unique avec la
base réformiste.

Aujourd’hui, nous oeuvrons dans un
rapport de forces beaucoup plus
difficile. La voie du succès des communistes
est de refuser le « solo
funèbre » (Marx) et l’isolement, en
agissant comme si la domination
réformiste n’existait pas. Les révolutionnaires-
communistes doivent
exposer leurs programme et axes de
lutte, appeler au front unique dans
l’action, tout en démasquant et critiquant
les positions des dirigeants
réformistes, afin de rallier et de gagner
aux positions communistes les
travailleurs encore influencés par le
réformisme. L’objectif n’est pas celui
de « l’unité pour l ’unité », mais bien
d’assurer l’hégémonie du courant
révolutionnaire anticapitaliste, dans
un processus dont nul ne peut prédire
la durée : « Pour vaincre dans
la Révolution, il faut avoir au préalable
écrasé le socia-ldémocratisme

 » (Lénine et Staline).

C’est le sens de la stratégie URCF
de Front d’Alternative Populaire
anticapitaliste.

L’unité des communistes et
de leurs organisations

Pour la réaliser, il faut d’abord se
poser la question suivante : Pourquoi
une telle diversité et la multiplication
des groupes communistes ?
Les facteurs subjectifs existent, mais
avant tout, il y a des différences de
points de vue et des divergences sur
les origines et la gravité de la liquidation
du PCF (comme parti révolutionnaire
de type léniniste) ; de là
découlent des divergences sur la
ligne pour construire un nouveau et
authentique Parti Communiste. L’Internationale
Communiste a été
confrontée à l’existence de plusieurs
partis ou groupes communistes dans
chaque pays. L’autorité de Lénine, le
respect exigé des 21 conditions d’adhésion
à l’Internationale, ont favorisé
le rapprochement des groupes, et
ont abouti à la formation d’un Parti
Communiste unique dans chaque
pays.

La division des communistes en
France constitue un handicap pour le
Mouvement communiste de France
(MCF) et un atout pour le Capital, la
réaction, la social-démocratie. Le
meeting et les appels communs du
PRCF, du RCC, de l’URCF, sont un
événement important pour l’avenir
du MCF. L’unification (unité organique)
des groupes communistes ne
s’est jamais réalisée par la seule addition
d’organisations, sans travail
conditionnel de démarcation et de
clarification des positions de chacun.
Lénine et les Kominterniens ont
mené un combat impitoyable contre
les vues de Kautsky (centrisme) qui
tentait de maintenir les vieux partis
socialistes avec une aile droite et
une aile gauche. Dans la France
contemporaine, le centrisme existe ;
il pose la question de la
« reconquête du PCF » ou passe des
accords électoraux locaux avec le
parti de Laurent-Buffet. Cette politique-
là éloigne des milliers de communistes
de la tâche fondamentale
de construction du Parti Communiste
de France.

Pour quels résultats ? Nous demandons
à chacun de réfléchir. N’est-ce
pas ainsi servir de caution de gauche
à un parti membre du PGE et totalement
sous perfusion électorale du
PS, ayant approuvé dans le gouvernement
Jospin, le programme européen
de Lisbonne ?
D’un point de vue méthodologique,
Lénine appelait à dépasser le travail
forcément partiel de chaque organisation
communiste. Il préconisait de
« dresser tout de suite les divergences
 », pour ne jamais les oublier !
Mais pour les examiner, forts de
l’unité d’action entre chaque détachement,
et des liens de luttes créés
entre militants. C’est le sens du Bloc
rouge des organisations communistes
comme base du Front d’Alternative
Populaire.

Quant aux divergences, parfois liées
à des malentendus, elles pourront se
traiter à partir des positions de principe
marxistes-léninistes, dans un
climat combatif, fruit de l’unité d’action
systématique.

Au fur et à mesure des progrès de
l’unité communiste dans l’action, une
fois surmontées les divergences tactiques
(souvent à l’origine des ruptures)
qui nécessitent une lutte permanente
contre l’opportunisme, l’unité
supérieure, organique, se concrétisera,
et la tâche historique immédiate
sera celle de la fondation du Parti
communiste !