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Echos des Fédés (mars - avril 2011)

avril 2011

FÉDÉRATION DE SEINE-SAINT-DENIS

La Fédération du département de
Seine-Saint-Denis a organisé le 16 décembre
une rencontre publique pour donner
un compte-rendu à la population du
3ème Congrès de l’URCF. Plusieurs dizaines
de sympathisants, travailleurs, chômeurs,
jeunes des cités populaires, y ont
participé. La stratégie de l’URCF attire
une vive attention, car elle permet de
répondre à la question : «  Par où passe la
ligne de démarcation entre la gauche et
la droite aujourd’hui ?
 ». Le PS, qui a
soutenu le Traité de Lisbonne signé par
Chirac et Jospin, puis le Traité Constitutionnel
Européen, n’est plus crédible visà-
vis des revendications populaires en
matière de retraite, d’emploi, de services
publics, de pouvoir d’achat, de logement...

Jean-Luc Sallé, Secrétaire Général de
l’URCF, a expliqué que « les éléments les
plus droitiers et atlantistes du PS se sont
collés directement au nouveau dispositif
du Capital dès l’élection de Sarkozy
 ».

Les interventions des camarades, initiées
par le rapport du Secrétaire de la Fédération,
ont dénoncé le syndicalisme d’accompagnement,
le ralliement de la CGT à
la CES, l’appel à la collaboration des
classes par l’intersyndicale. La discussion
a débouché sur la recherche de perspectives,
alors que la “gauche de la gauche”
reste collée électoralement aux basques
du PS. La raison d’être du PCF, dont le
Secrétaire National Pierre Laurent préside
le Parti de la Gauche Européenne, demeure
cantonnée au report des voix avec
le PS. Le Front d’Alternative Populaire,
proposé par les communistes révolutionnaires
de l’URCF, occupe alors le centre
des discussions. En effet, il ressort que ce
n’est pas l’unité en elle-même qui garantit
l’évolution de la conscience des masses,
mais la prise de conscience révolutionnaire
des travailleurs dans la lutte qui crée
les conditions de l’unité contre le Capital.

À l’issue des discussions, abonnements
à Intervention Communiste, adhésion
à l’URCF ont été réalisées. Le rendez-
vous est pris pour l’assemblée de
remise des cartes. Le message révolutionnaire
est passé.

CONTRE LA FERMETURE DU SERVICE DE CARDIOLOGIE DE L’HOPITAL BALLANGER

Les militants de la Fédération du 93
ont participé à la lutte contre la fermeture
du service de cardiologie de l’hôpital
Robert Ballanger, conséquence de la loi
“Hôpital Patient Santé Territoire” destinée
à favoriser l’hôpital privé au détriment
du public. Dès son adoption, la loi
avait soulevé
l’opposition
des personnels
soignants
hospitaliers contre un traitement de
choc visant à tuer l’hôpital public. Un
tract a été distribué au personnel et à la
population qui ont fait un bon accueil à
cette initiative. Le tract dénonçait entre
autres le rôle du PS à qui l’on doit l’instauration
du forfait hospitalier en 1983 et
la suppression de 100 000 lits d’hôpitaux.

C’est d’ailleurs Claude Evin qui dirige
l’Agence Régionale de Santé d’Ile-de-
France, les ARS ayant été mises en place
dans le cadre de la réforme Bachelot, et se
caractérisant par la gestion bureaucratique
d’État (un des prétextes avancés pour
fermer le service est le nombre insuffisant
d’opérations par rapport au quota annuel
fixé arbitrairement) et l’ouverture vers le
marché. Voilà où conduit la prétendue
mixité public-privé défendue par le PCF
dès les années 80 : augmentation des
consultations payantes, et pour privilégier
les activités rentables, suppression de
pans entiers d’unités soignantes, afin d’obliger
les patients à se rendre dans le privé.
Dans la même logique, l’emploi précaire
remplace les emplois statutaires, au
détriment de la qualité des soins et du
service.

Le pouvoir sarkozyste, dans la continuité
de l’action du PS, parachève la destruction
des acquis sociaux et des services
publics afin de répondre aux appétits des
monopoles capitalistes au détriment de la
vie de la population. Cette politique de
précarisation de l’emploi, de baisse des
salaires, et de casse du service public est
la même dans tous les pays de l’Union
Européenne. Ainsi la mise en concurrence
du secteur public avec le privé amène-telle
les hôpitaux publics à adopter un
mode de gestion calqué sur celui des cliniques
privées. L’ARS d’Ile-de-France a
renoncé à fermer le service cardiologique
de l’hôpital d’Aulnay. A la place, c’est
celui de l’hôpital de Gonesse qui est menacé,
sous les mêmes prétextes (nombre
insuffisant d’interventions par rapport au
quota fixé).

L’URCF appelle à relier cette lutte à
la dénonciation du capitalisme et, dans
l’immédiat, à sauver l’Hôpital public.

DANS LES BOUCHES DU RHÔNE

Les militants de notre Fédération ont
suivi avec intérêt les développements de
l’action entreprise dès le 28 septembre
2010, suite à l’annonce faite par la multinationale
Unilever de la fermeture du site
de FRALIB implanté à Gémenos dans les
Bouches du Rhône, spécialisé dans la
fabrication du thé et des tisanes. C’est
l’emploi de 182 travailleurs qui est en jeu.
Cette lutte déjà relatée sur le site national
de l’URCF est exemplaire par l’opiniâtreté,
la combativité et l’inventivité des travailleurs
menacés dans leur emploi et leur
dignité. La décision patronale vient à la
suite de 10 années de restructuration et de
luttes. D’abord fusion avec l’usine du
Havre qui a entraîné 100 suppressions
d’emplois et 50 mutations du Havre vers
Gémenos. Au printemps 2010, une action
de grève est menée pour l’augmentation
des salaires qui sont passés de 46 % audessus
du SMIG il y a 20 ans à 3,6 % audessus
aujourd’hui. Elle durera 58
jours. Cette lutte avait pour mot d’ordre
révélateur : « Rompre avec cette logique
de misère !
 ». Cette combativité peut expliquer
en partie la décision de fermeture
prise par Unilever, poursuivant ainsi les
travailleurs qui luttent. Dans le cadre de
l’action contre cette décision, le 28 décembre
2010, des milliers d’affiches ont
été placardées dans la région, appelant au
boycott des produits Lipton. Le 3 janvier
2011, les élus du CE sont convoqués pour
« une enveloppe de départ » qu’ils refusent
et proposent un plan de relance de
l’entreprise. Pour se justifier, la direction
invoque le manque de compétitivité, alors
que les syndicats ont démontré qu’elle a
sciemment organisé la baisse de la compétitivité
pour délocaliser. Mais le 11
février, le TGI de Marseille, siégeant en
référé, condamne FRALIB pour irrégularité
manifeste et lui interdit de mettre en
oeuvre le plan social et de procéder au
licenciement des salariés. C’est une première
victoire qu’il faut saluer chaleureusement,
et nous devons féliciter les travailleurs
artisans d’un tel succès.

Néanmoins, les FRALIB ne relâchent
pas leur pression : avec l’aide de la population,
ils continuent d’élargir l’action
pour le boycott et la mise en place du plan
de relance, car ils savent que les requins
de la finance ne désarment pas facilement.
Très nombreuses sont les entreprises françaises
qui sont dans la même situation.
Mais cet exemple est emblématique de
l’efficacité de la lutte et de la nuisance
d’un système économique basé sur la
recherche du profit maximum et immédiat,
en vouant les familles de travailleurs
à la misère, à l’éclatement familial et à la
mal-vie génératrice de dépressions et de
suicides.

Seule l’éradication du capitalisme
peut garantir la pérennité des victoires, en
instaurant la propriété collective des
moyens de production et le socialisme.