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Retour sur une lutte : la grève à la RATP

vendredi 15 janvier 2010

Six syndicats (CGT, FO, CFDT, Sud, Indépendants, UNSA) ont lancé une grève illimitée le 10 décembre 2009 sur la partie du RER A gérée par la RATP.

Cette ligne est l’une des plus chargées au monde avec plus d’un million de passagers par jour. Les travailleurs de la ligne demandaient une prime pérenne de 120 € mensuels et une prime variable de 30 € : c’est "un dû" au vu des efforts supplémentaires demandés aux 550 conducteurs de la ligne A depuis l’augmentation du trafic dans le RER en 2008, qui a entraîné une dégradation des conditions de travail.

Dans un communiqué commun, les syndicats dénoncent que la direction ait "fermé la porte à toutes discussions". Ils expliquent que ces préavis "font suite à un ensemble de problématiques, dénoncées depuis plusieurs mois" et "concernant notamment la dégradation des conditions d’exploitation de la ligne A du RER et l’absence de reconnaissance du professionnalisme et du savoir-faire des agents de conduite".

Après 6 jours de grève et à l’orée du 7ème jour de conflit, la direction de la RATP a ouvert les négociations.
La direction a notamment avancé la mise en place de nouveaux tableaux de service pour assurer la régularité du trafic et la création d’une « prime variable pouvant atteindre 80 € ». La résultante sera un trafic toujours plus surchargé, sans création d’emplois, ni de trains supplémentaires.

Quant à la prime, elle constitue un leurre, compte tenu de la vétusté du matériel et des voies, rentabilité financière oblige. De l’aveu même du porte-parole de la FUT-SP (usagers des transports), grève ou pas, les voyageurs du RER A ont "une grande chance d’arriver en retard", cette ligne étant « mal entretenue… » Quand on pense qu’il y a une dizaine de jours, la direction de la RATP avait proposé aux conducteurs de leur donner une prime si les trains arrivaient à l’heure.

Comme si c’étaient les conducteurs qui ralentissaient exprès les trains…
il est évident que, si les trains ont des retards, c’est parce qu’ils sont mal entretenus.

Dans la foulée, les conducteurs du RER A se sont réunis en assemblées générales, ont voté à l’unanimité la poursuite du mouvement. La direction a alors rompu les contacts avec les organisations syndicales.
9 jours plus tard, la direction contrainte reprenait les négociations, mais sans aucune proposition chiffrée.

La tactique de la direction de la RATP a été claire : ignorer totalement les revendications des travailleurs, les besoins en transport des usagers, jouer le pourrissement et passer en force.
Plus grave encore, la RATP n’a pas hésité à débaucher ses cadres briseurs de grève, pour conduire des trains, modes d’emploi à la main, au détriment de la sécurité des usagers.

Devant une telle lutte courageuse, de longue durée (jusqu’au 26 décembre), les organisations communistes, syndicales, démocratiques, ont le devoir de solidarité en se tournant vers les usagers, et en montrant que la lutte revendicative des conducteurs aboutirait, en cas de victoire, à une meilleure satisfaction de leurs besoins.

Retrouvez sur notre site Internet (www.URCF.net), notre programme de lutte et de Révolution sous le thème : « Le socialisme : seule alternative au capitalisme ».

L’URCF salue aussi tous les travailleurs en lutte :
Travailleurs des musées et monuments nationaux, des Pôle-emploi du Val-de-Marne, de la Documentation française, Crédit agricole, cheminots, aéroport de Brest-Bretagne, Bibliothèque
nationale de France, Total Petrochemicals de Gonfreville l’Orcher, Tisséo, transport en commun de Montpellier, convoyeurs de la Brink’s Bordeaux, ligne L du Transilien, Samu centre 15, éboueurs d’Albi, port du Havre, usines d’incinération Géval (filiale de Véolia), Total à Lacq, Pimkie (famille Mulliez) : ce n’est qu’un début, continuons le combat, sur tout le territoire, auto-organisons-nous en comités de lutte !