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Ce que propose le PC de Grèce (KKE)

mardi 14 février 2012

Ci-dessous des extraits de l’interview de la Secrétaire générale du Parti communiste de Grèce (KKE), Aleka Papariga, dans le programme matinal de la chaîne de télévision ANT1.

Que propose le KKE ?

Aleka Papariga : C’est un parti qui ne cherche pas à conquérir le pouvoir bourgeois. Il ne dit pas « Votez pour nous, nous formerons un gouvernement et cela va changer ».

Que proposez-vous afin de nous sortir de l’impasse ?

Aleka Papariga : Quand nous disons aux gens que le système capitaliste – et nous disons cela au sujet du système capitaliste Européen qui est en fin de cycle – ne peut objectivement aujourd’hui apporter de solutions, il a donné tout ce qu’il avait à donner, cela signifie qu’il ne faut pas attendre du KKE qu’il participe au système politique bourgeois, dans un gouvernement de gestion du système qui n’a plus rien à offrir.

Donc, vous parlez de renverser le système.

Aleka Papariga : Bien entendu.

Cela ne vous intéresse pas de participer à une coalition gouvernementale ?

Aleka Papariga : La question n’est pas de savoir si cela nous intéresse. Les conséquences en seraient désastreuses pour notre peuple. Et nous serions nous-mêmes confrontés à une grosse contradiction qui est d’une part que nous lancerions des mots d’ordre qui vont dans les intérêts du peuple et invoquerions nos 90 ans d’histoire et d’autre part nous nous assiérions pour négocier la suppression des primes de Pâques et de Noël. La question n’est pas ce que nous voulons.

Si les gens votaient pour vous et vous permettaient de réaliser un gros score, je fais une hypothèse, que leur diriez-vous : « Je ne vais pas gouverner, car je vous ferais du mal, puisque je ne peux pas gouverner dans le cadre du système capitaliste » ?

Aleka Papariga : Le peuple grec, lorsqu’il donnera une telle majorité au KKE, sera prêt à se jeter dans la bataille. Nous expliquons notre ligne politique dans son intégralité. Nous ne sortons pas dans la rue pour dire qu’un gouvernement peut imposer deux ou trois bonnes solutions. C’est le genre de mensonges que sortent les autres partis. Et, selon moi, nous devons dire soit que les politiciens et les cadres sont incompétents, chose que je ne crois pas, soit qu’ils mentent consciemment.

Si nous pouvions nous prémunir des conséquences de la crise et résoudre les problèmes que connaît le peuple, en participant à un gouvernement, nous y participerions. Nous avons de l’audace et nous prenons des risques. Mais c’est impossible. Que ces partis qui parlent de gouvernements progressistes de gauche ou de centre-gauche, ou de centre-droit nous expliquent qu’ils vont former un gouvernement. Le jour suivant, ils auront à faire face à plus de mémorandums, de prêts, à la Fédération hellénique des entreprises, aux fédérations patronales. Vous savez ce qui se passe actuellement ? Même lorsque dans un secteur ou une usine, la lutte permet de faire pression sur le patron et le contraint à un petit recul, la fédération patronale lui saute dessus et lui dit surtout de ne pas reculer car cela créerait une brèche dans d’autres entreprises. Ainsi, le travailleur n’a pas seulement à affronter son propre patron, mais aussi les propriétaires de capital et des moyens de production dans son ensemble.

Élections : si nous jetons un œil aux sondages, nous n’aurons pas de gouvernement sans coalition. Quelle place jouerez-vous dans ce processus ? Est-ce que le KKE va encore une fois clamer haut et fort qu’il est le seul à représenter la gauche ?

Aleka Papariga : Nous le disons pas de la manière dont vous le dites. Nous cherchons à exprimer objectivement, par nos positions, les intérêts de la classe ouvrière et d’une grande partie des travailleurs indépendants et d’une grande partie des paysans, mais pas tous les indépendants ni tous les paysans. Nous identifions des forces sociales. Nous nous adressons au travailleur, tant à ceux qui votent Nouvelle démocratie que ceux qui votent PASOK. Nous ne voyons que des forces sociales, car, quand vous parlez en termes de gauche, de droite, de centre, aujourd’hui vous ne dites rien.

Les gens n’ont rien à perdre ; au contraire, ils ont quelque chose à gagner si un gouvernement faible sort des élections. Plus fort sera le gouvernement, plus dur et résolu il sera contre le peuple.