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Sarkozy, un monarque au service de la bourgeoisie monopoliste et de l’impérialisme

lundi 9 avril 2012

À quelques jours des
élections présidentielles et
législatives, les candidats
du système capitaliste labourent
l’espace politique,
espérant capter en leur faveur
l’adhésion de la population,
avec l’aide des
instituts de sondage et des
médias.

Ils excellent d’ingéniosité pour
faire avaliser aux Français leurs
programmes qui s’inscrivent
dans les plans de rigueur et
d’austérité version Traité de Lisbonne
ou dans l’illusoire régulation
du système capitaliste par la
satisfaction possible de quelques
revendications sociales.
Bien sûr, se défaire du régime
Sarkozy est un objectif fondamental.
Mais de là à semer l’illusion
que l’alliance PS/Front de
gauche serait la solution pour les
victimes du capitalisme, sans
poser la question de l’alternative
socialiste est un pas à ne pas
franchir pour tout marxisteléniniste,
au risque de glisser
dans le révisionnisme.

En effet, la cinquième République
a permis à la bourgeoisie
monopoliste de renforcer sa dictature
sur la classe ouvrière et
sur les autres couches de la population.

Le monarchoprésidentialisme
a renforcé l’autorité
du « président providentiel
 » au service des banques et
des marchés.

Ainsi, le règne sans partage de
Nicolas Sarkozy s’est traduit par
un bilan exécrable jamais égalé
jusque-là. Les abandons de souveraineté
voulus par le Capital
depuis l’adhésion de la France à
l’Union européenne au profit de
Bruxelles et des monopoles,
confèrent à ce bilan un caractère
encore plus nocif, tant l’objectif
stratégique de l’Union européenne
est de dépouiller les travailleurs
et les peuples d’Europe
de tous leurs acquis sociaux et
politiques.

Même le magazine l’Express est
obligé de constater dans son édition
de juillet 2011 « qu’en cinq
ans, le chômage a augmenté, la dette
et les déficits publics ont explosé, la
France a connu une récession et,
désormais, une croissance plate, le
pouvoir d’achat stagne, dans le meilleur
des cas. Le candidat Sarkozy,
l’homme du "plein-emploi d’ici à
cinq ans", celui du "travailler plus
pour gagner plus", celui qui n’a
"pas été élu pour augmenter les
impôts", n’a respecté aucune de ses
promesses… ».

Chômage en
hausse,
logements en
baisse, pouvoir
d’achat en
berne…

Rien de surprenant hélas.
Concernant le chômage, le nombre
officiel des demandeurs
d’emplois est de 5,16 millions
dont 400 000 dans les départements
et territoires d’Outre-mer.
Ces chiffres n’incluent sans
doute pas les précaires et tous les
exclus du système. Voilà ce qu’il
en est réellement de la promesse
chimérique du monarque Sarkozy
au début de son règne.
La destruction massive d’emplois
s’est accompagnée d’une
forte baisse du pouvoir d’achat.

Ainsi, depuis 2007, avec moins
de 954 euros par mois, plus de
400 000 personnes supplémentaires
sont passées sous le seuil de
pauvreté. Selon l’agence ONPES
[observatoire national de la pauvreté
et de l’exclusion sociale], ils
sont désormais plus de 11 millions
de pauvres, dont huit millions
sous le seuil de pauvreté.
Dans la même période, le salaire
de M. Sarkozy a augmenté de
172%, celui des dirigeants du
CAC de 45%.

Les autres catégories ne sont
pas en reste. Les réductions budgétaires
dans le domaine social
(santé, retraites, éducation…) et
les hausses de prix répétées
(produits alimentaires, logement,
charges, énergie, soins, impôts et
taxes, contraventions…) ont laminé
leur pouvoir d’achat. Le
nombre de salariés pauvres ne
cesse d’augmenter.
Selon le président du Secours
Populaire Français, M. Lauprêtre,
la situation continue de se
dégrader : « Quand toutes nos
fédérations disent : « ça augmente
sans cesse », il y a une réalité. Les
chiffres de l’Insee sont malheureusement
en dessous de la gravité de
la situation en 2011. Les pauvres
deviennent de plus en plus pauvres,
mais il y a aussi des personnes
qui ne s’attendaient pas à ce
qui leur arrive : cadres, petits commerçants,
petits artisans. » Le
pire reste à venir.

Par ailleurs, la crise du logement
touche aujourd’hui plus
de 10 millions de personnes,
dont près de 600 000 enfants.
Selon le rapport annuel 2011 de
la Fondation Abbé Pierre « 10,1
millions de personnes subissent
cette crise. 3,5 millions d’entre eux
sont des sans-abri ou des mal-logés
qui vivent dans des cabanes ou
dans des chambres d’hôtel, et 6,6
millions « fragilisés », en instance
d’expulsion, vivant dans des copropriétés
insalubres, en situation
d’impayés, en situation de surpeuplement
(3,5 millions), hébergés
chez des tiers ». Soit un habitant
sur 5.

Tous les indicateurs mesurant
l’accès des Français à un
logement ont viré au rouge l’an
passé. Sous l’effet des réductions
budgétaires et de la crise
économique, l’offre immobilière
s’est « contractée ». Le
manque est estimé à plus de 1
million de logements par les
associations de défense des
locataires et des usagers. Parallèlement
le coût de la location
ne cesse de progresser.

500 000
emplois
détruits,
1600 milliards
de dette
publique…
75 milliards
d’euros de
cadeaux
fiscaux aux
riches
bourgeois

Le développement du chômage
et le sous-développement
en matière de politique de logement
montrent à quel point le
système capitaliste pourrissant
n’a plus la capacité de répondre
aux besoins élémentaires
des populations.

C’est d’autant plus vrai que
la désindustrialisation massive
de la France sape les bases
d’une économie productive.
Durant les cinq années du règne
Sarkozy, les fermetures
d’entreprises et leur délocalisation
se sont traduites par la
perte sèche de plus de 500 000
emplois industriels.

Ainsi, en matière économique
et sociale, la situation est littéralement
catastrophique d’autant
que la dette publique avoisine
aujourd’hui les 1600 milliards
d’euros passant ainsi de
64% à près de 89% du produit
intérieur brut (PIB) en 2011.
Elle serait de 89,3% en 2013 si
on se réfère aux prévisions du
ministère des Finances. Elle le
sera davantage encore si l’impérialisme
français renforce
son bellicisme à l’égard des
pays comme la Syrie, l’Iran et
d’autres encore.

Dans ce contexte économique
et politique délétère, marqué
d’un côté par une paupérisation
massive des couches populaires
et un appauvrissement
accéléré des couches moyennes
et, de l’autre côté, par un enrichissement
outrancier des classes
aisées, Sarkozy a poussé
l’outrage à son paroxysme en
accordant 75 milliards d’euros
de cadeaux fiscaux aux riches.
Dans le même élan, il augmente
le taux des prélèvements
obligatoires qui atteindra d’ici
fin 2012 45%. Il était de 43,4%
au début de son règne. Rappelons
que sa « TVA sociale » qui
devrait représenter une hausse
de 11 milliards d’euros d’impôts,
affectera à coup sûr les
plus modestes.

Aussi, le bilan du monarque
Sarkozy n’est contesté par personne.
Au-delà des résultats
objectifs rappelés ci-dessus, le
règne Sarkozy est également
caractérisé par des atteintes
violentes à la justice sociale, par
les contre-réformes sur les retraites,
la santé, l’éducation
nationale, la justice. Ces atteintes
touchent également aux
droits démocratiques et aux
libertés fondamentales comme
par exemple la réduction des
droits des travailleurs et des
libertés syndicales. Sarkozy
s’est attelé durant toute sa
mandature à exercer un
contrôle sur toutes les instances
décisionnaires politiques, économiques
nationales et régionales.

De plus, les « affaires » de
toutes sortes (affairisme et corruption,
détournement de biens
sociaux, moeurs, etc.) donnent à
cette mandature une couleur
mafieuse et crapuleuse attestant
de l’état de décomposition
du système capitaliste. Sarkozy
cultive une impudeur politique
sans retenue, en osant se présenter
comme le candidat du
peuple. Cela atteste de la dégénérescence
des moeurs politiques
sous la Vème République.

La classe ouvrière et les travailleurs
ont besoin de rompre
avec les promesses chimériques
des candidats à l’élection présidentielle.

Ils ont besoin de rompre
avec le capitalisme à l’origine
de leurs difficultés grandissantes
et de ne pas céder à
l’illusion de sa transformation.