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LE PROGRAMME DU FN : SAUVER LE CAPITALISME ET MUSELER LES TRAVAILLEURS

lundi 9 avril 2012

Dans le système de mystification
de la population
que constitue l’élection
présidentielle, le
rôle de la candidate de la
droite fasciste est de dévoyer
la colère d’une partie
de la population victime
de la crise et d’entretenir
une aspiration à un
pouvoir réactionnaire
fort tout en garantissant
le fonctionnement de l’alternance
UMP-PS par
l’effet du vote
“républicain”.

La démagogie des fascistes
au service des monopolistes
Pour capter les voix de larges
couches populaires jusque dans
la classe ouvrière, le FN a mis au
second plan, y compris avec l’exclusion
d’un certain nombre de
cadres au discours trop ouvertement
raciste, son apparence de
parti fasciste, pour adopter un
discours aux accents socialpatriotiques
contre “la dictature
de l’Europe et des marchés”,
pour une réindustrialisation de la
France, dénonçant les politiciens
de l’UMPS, “l’illusion de la démocratie”
du système actuel, la
perte de souveraineté de la
France, etc. On trouve même
dans le programme le gel des
directives européennes sur la
libéralisation des services publics.

Derrière la démagogie pseudo populaire,
c’est pourtant bien le
système capitaliste “national” et
sa compétitivité que défend la
candidate du FN. Il est aisé de le
déceler dans ses discours déplorant
que l’Union européenne soit
la zone ayant la croissance la
plus faible au monde et dont “la
monnaie forte plombe nos exportations”
(discours à Ajaccio le 17
mars). En passant, nous exprimons
notre préoccupation de
retrouver textuellement cet argument
dans des écrits d’autres
organisations communistes.

Dans la bouche des fascistes, l’accent
mis sur les exportations révèle
cependant que la production
n’aura pas pour but la satisfaction
des besoins populaires.

Dans le programme des fascistes,
l’accent est mis sur le soutien aux
PME-PMI, avec la création d’un
Fonds de capital-développement
financé à hauteur de 12 milliards
par an par affectation de 15% du
résultat net des 50 grandes entreprises
à plus forte capitalisation
boursière. Outre le fait que ces
petites entreprises constituent le
plus souvent des zones de non-droit
pour les travailleurs livrés
sans défense à l’arbitraire patronal,
les PME-PMI ne constituent
pas un contre-pouvoir aux monopoles
mais en sont un rouage
[voire très souvent des filiales
directes], du fait justement que
les salaires y sont bas et que
l’existence de ces clients et sous-traitants
permet aux monopoles
de trouver des débouchés à leur
production. L’État, par son soutien,
permet alors à ces PME de
résister à la concurrence et entretient
des couches de petits entrepreneurs,
réserve électorale du
système.

La proposition d’un salaire parental
équivalant à 80% du Smic
pendant trois ans à partir du 2ème
enfant contribuerait également à
écraser les salaires et à exclure les
femmes du travail. D’autres mesures
patronales classiques : exonération
des “charges sociales”
pour les salariés touchant moins
de 1,4 fois le Smic, à hauteur de
200 euros, “l’obligation d’un déficit
structurel égal à zéro afin
qu’aucune mesure budgétaire ne
soit gagée par la croissance” relèvent
d’une politique de transfert
des revenus du travail vers le
capital et d’austérité aggravée
pour les travailleurs. Quant aux
services publics, on trouve bien
le retour à une poste publique
d’État (rien sur le critère du profit,
sur le statut des agents et sur
leurs droits syndicaux), mais la
délégation de missions de services
publics sera toujours possible
(les conditions seront seulement
durcies).

Racisme et démagogie

Le discours sur le retour au franc
semble lui aussi un argument
démagogique, chauvin, qui correspond
aux vues de PME centrées
sur le marché national, mais
pas aux grands monopoles. Le
FN, qui s’entend avec tous les
partis fascistes d’Europe, des
mussoliniens aux rexistes belges,
des néo-nazis autrichiens aux
oustachis croates, ne se prononce
pas pour le retrait de la France de
l’Union Européenne, mais reste
fidèle à son idéal d’une Europe
des patries, impérialiste et chauvine.

Le discours anti-immigrés
est lui aussi constant, qu’il s’agisse
de la revalorisation des
allocations familiales aux Français,
l’expulsion de “sanspapiers”
et l’interdiction des manifestations
de solidarité, la suppression
pour ceux-ci de l’aide
médicale d’État... Le racisme est
ici plus flagrant puisque le FN
déplore que la politique familiale
ait entraîné « une baisse de la
natalité française », qui compromet
le renouvellement des générations.
Preuve de sa conception
ethnique de la nation.

Le FN a toujours recours aux
rumeurs et bobards de type hitlérien,
en inventant des boucs
émissaires, dernièrement sur la
viande halal, comme il le faisait à
une époque sur le SIDA, afin de
détourner l’attention des travailleurs
et des couches moyennes
de la dictature du Capital et de
ses mécanismes.

On retrouve également l’inscription
dans l’expansion de l’impérialisme
français et de ses possessions
coloniales, par l’augmentation
de la force de frappe et du
budget des armées. Un accent est
mis sur la coopération avec l’impérialisme
russe, ce qui explique
les récentes déclarations de leur
candidate sur la Libye et la Syrie.

L’analyse du programme du FN
montre où peut mener la défense
de la nation impérialiste derrière
un verbiage populiste. En s’attaquant
à la bourgeoisie et à sa
dictature, l’URCF arrachera les
travailleurs aux fausses solutions
réformistes qui font le lit du fascisme,
et sera à leurs côtés pour
défendre les acquis démocratiques
et la solidarité internationaliste.