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Second tour des Présidentielles : position de l’URCF

jeudi 26 avril 2012

Aujourd’hui on dégage Sarkozy,

Demain on dégagera Hollande !

L’URCF a mené campagne, par sa position de boycott au premier tour, contre la monarchie élective instituée par la Vème République. Ce système élit, en orientant l’opinion publique par les sondages, un Président de l’UMP ou du PS d’apparence toute puissante, alors qu’il est en réalité la courroie de transmission du capital financier.

Le bipolarisme conduit au partage du pouvoir en alternance au gouvernement et dans les régions. Maintenant, les médias cherchent à « positionner » l’opinion publique pour le duel Sarkozy/Hollande, alors que les deux candidats ont le même positionnement en faveur du Capital, de l’Union européenne, des guerres de l’impérialisme français (Afghanistan, Libye et demain peut-être, la Syrie).

Ce sont ces deux partis qui ont conduit le camp du OUI au référendum sur le TCE (Traité constitutionnel européen), les mêmes qui ont voté, au seul Parlement, le Traité de Lisbonne.

Colère et mécontentement

Parlons tout d’abord de la forme dévoyée et liberticide de cette colère, qui s’est exprimée à travers le vote FN. Une partie des travailleurs a considéré que la source des maux quotidiens et durables a son origine dans l’immigration et se reconnait dans la diffusion du racisme. Sarkozy comme Président porte une lourde responsabilité par son recours au chauvinisme pour capter des voix au FN. Des électeurs ont préféré l’original à la copie.

La campagne montre que l’on ne fait pas reculer la réaction fascisante par les seules imprécations contre Marine Le Pen. Pour arracher les couches populaires au FN, il faut montrer que l’origine du malvivre et des difficultés se trouve dans le système capitaliste, y compris pour l’insécurité avec les divers trafics de morts : montrer que la classe ouvrière, immigrée et française, a besoin de son unité de classe pour vaincre le Capital.

Le vote Front de Gauche a exprimé une colère saine contre certaines conséquences du capitalisme, mais nous regrettons que la ligne de ce mouvement se situe dans le cadre de l’aménagement du capitalisme, dans le cadre des institutions de l’Union européenne.

Pour un langage de vérité

Sarkozy, on connaît. Tous les travailleurs mesurent l’ampleur des mauvais coups portés à la majorité de la population. Nous nous félicitons qu’il ait été désavoué par 4 électeurs sur 5 (y compris les abstentionnistes). Mais le caractère bipolaire de l’élection présidentielle conduit à un changement d’homme et d’équipe, pas à un changement de politique de classe.

Aux affaires, le PS a toujours trahi les espérances populaires : politique d’austérité dès 1982, politique néolibérale du gouvernement de « gauche plurielle » de Jospin avec le PCF et Jean-Luc Mélenchon (1997-2002).

Ce gouvernement a battu le record des privatisations (210 milliards de francs), a avalisé avec Chirac la déclaration du sommet de Lisbonne sur l’aggravation de l’austérité et le recul de l’âge de départ en retraite. Voulant rassurer la City (Bourse de Londres), dernièrement durant la campagne du 1er tour, Hollande faisait la déclaration suivante : « Mitterrand a nommé des communistes au gouvernement. Aujourd’hui, il n’y a pas de communistes en France… La gauche a gouverné pendant 15 ans pendant lesquels elle a libéralisé l’économie et ouvert les marchés à la finance et à la privatisation. Il n’y a pas de crainte à avoir ». Devant le tollé du Front de Gauche, Hollande a dû préciser , parlant du PCF : « Avant ils représentaient 20 à 22 %, aujourd’hui, il y en a 10 %, ça a changé sensiblement ».

Le message est clair, Hollande poursuivra la politique visant à satisfaire les marchés financiers et l’union impérialiste (l’UE). Comme en Grèce et l’Espagne, la crise, qui n’est pas seulement financière, mais celle du mode de production capitaliste, va se rappeler à nous après le 6 mai.
Le PS constitue l’alternance dans le cadre de la gestion capitaliste à Sarkozy, nullement une alternative populaire, un véritable changement progressiste.

Les luttes, seule voie pour satisfaire les revendications

Quel que soit le Président élu, les travailleurs seront confrontés à une même politique d’austérité. Les rassemblements, actions politiques, grèves y compris générales, seront nécessaires pour satisfaire nos revendications (SMIC à 1 700 euros, retraite à 60 ans, hausse des salaires et pensions …).

Les communistes révolutionnaires et les travailleurs doivent renouer avec une vieille tradition du mouvement ouvrier : chasser du pouvoir les gouvernements antisociaux et antipopulaires dans la perspective du renversement du capitalisme.

Au nom du million de chômeurs supplémentaires, des 500 000 salariés qui ont perdu leur emploi industriel, des 8 millions de pauvres, il faut sanctionner et dégager Sarkozy aujourd’hui.

Dès le 6 mai, si Hollande est élu, l’URCF sera dans l’opposition révolutionnaire et anticapitaliste au pouvoir social-démocrate dans la lutte pour la révolution socialiste, l’établissement du pouvoir ouvrier et du socialisme.

Ni austérité de droite
Ni austérité de gauche,

Aujourd’hui on dégage Sarkozy,
Demain on dégagera Hollande !

URCF le 1er mai 2012

Le tract du 1er mai :