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Edito

mardi 8 mai 2012

Après l’élection du social-démocrate Hollande...

le combat des communistes

Une fois de plus le piège institutionnel a fonctionné et au second tour, en raison du rôle idéologique joué par l’appareil d’Etat, on a retrouvé le candidat libéral et le social-démocrate. Ce second tour constitue un piège y compris pour les communistes. La position de principe aurait été d’appeler au refus des deux candidats bourgeois. L’un et l’autre sont favorables à la même politique de classe anti-populaire. Cela avait été notre mot d’ordre aux élections précédentes.

Toutefois, nous connaissons le principe tactique léniniste « avoir raison est une chose, en convaincre la classe est autre chose ». Sarkozy a conduit la politique la plus réactionnaire en France depuis Pétain : cadeaux fiscaux à l’oligarchie financière, recherche systématique de l’extorsion de plus-value absolue, paupérisation aggravée avec un bilan terrible : un million de chômeurs supplémentaires, 500 000 emplois industriels supprimés, 160 000 postes de fonctionnaires dont 80 000 postes d’enseignants supprimés. Dans ces conditions, il était clair que la majorité de la classe ouvrière et des travailleurs voulait sanctionner Sarkozy tout en gardant des illusions encore sur le candidat social-démocrate ; nous risquions de nous couper des masses fondamentales, car le mot d’ordre d’abstention aurait été vu comme un soutien implicite à Sarkozy, surtout si ce dernier l’avait emporté.

Dans le même temps, nous ne pouvions être d’accord avec les mots d’ordre unilatéraux : « battre Sarkozy », « utiliser le bulletin de vote Hollande », « référendum anti Sarkozy ». La juste ligne communiste était de cibler les deux candidats du capital avec un mot d’ordre qui d’ailleurs a eu à la fois du succès dans les manifestations du 1er mai et provoqué la fureur du Parti socialiste : « Aujourd’hui on dégage Sarkozy, demain on dégagera Hollande ! ».

Dans notre appel, nous rappelions les propos de Hollande dans la presse britannique pour rassurer la finance : « la gauche a gouverné pendant 15 ans pendant lesquels elle a libéralisé l’économie et ouvert les marchés à la finance et à la privatisation. Il n’y a pas de crainte à avoir ».

C’est pourquoi nous rejetons les mots d’ordre de « soutien critique », « vigilance », « autonomie constructive » qui ignorent le caractère de classe de la social-démocratie, sous couvert « d’appartenance à la gauche » et constituent un soutien réel à ce parti du capital.

L’URCF, disions-nous dans cet appel se situe dans l’opposition révolutionnaire et anticapitaliste au pouvoir social-démocrate et à l’Etat des monopoles.

A l’avenir, si le mécontentement grandit, comme cela est prévisible , la bourgeoisie a œuvré dans cette campagne à préparer une double relève avec d’un côté, le parti néo-fasciste qui serait à l’origine d’une recomposition des forces de droite autour de ses thèses les plus réactionnaires et son créneau de division du prolétariat selon les origines religieuses ou nationales et à l’autre bord le Front de Gauche qui incarne la relève possible de la social-démocratie traditionnelle. Mélenchon, le leader du Front de Gauche est un orateur remarquable, doté de charisme ; il sait utiliser les références aux traditions révolutionnaires « insurrection citoyenne » (c’est-à-dire victoire électorale) mais le contenu politique de son programme relève du social-démocratisme. Son duel très médiatisé avec la dirigeante fasciste Marine Le Pen détourne l’attention de cette réalité : la contradiction principale n’est pas aujourd’hui en France entre fascisme et République mais entre capital et travail. On combattra le libéralisme, la social-démocratie, le néofascisme en faisant grandir à partir des besoins matériels et culturels de la classe ouvrière et des autres catégories de travailleurs, l’aspiration au socialisme.

Très vite, les travailleurs vont être confrontés aux mesures d’austérité dictées par l’UE et le gouvernement social-démocrate de Hollande ; ce qui sera décisif, ce ne sont pas les tractations politiciennes entre le PCF et la social-démocratie pour avoir des députés et soi-disant « peser » (contre celui qui vous permet d’être élus !), mais les luttes extraparlementaires pour imposer des reculs au Capital en refusant de payer la dette des oligarques et en leur faisant payer la crise de leur système.

Notre tâche la plus urgente est, à partir du travail opéré dans le prolétariat, d’accélérer la construction d’un véritable Parti communiste de France oeuvrant à la révolution anticapitaliste, au pouvoir ouvrier et au socialisme. Cette campagne a montré nos avancées, à l’URCF de les concrétiser !