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Grèce : au lendemain des élections, l’analyse du KKE

dimanche 24 juin 2012

Les communistes grecs et les élections du 17/06/2012

Les résultats des élections qui se sont tenus en Grèce le 17 juin ont été les suivants :

- Parti Communiste de Grèce (KKE) : 4,5%
- Nouvelle Démocratie (ND) : 29,6%
- SYRIZA (alliance de forces opportunistes et de transfuges du PASOK) : 26,9%
- PASOK : 12,3%
- Grecs Indépendants (Scission de ND) : 7,55%
- Aube Dorée (Néo+nazis) : 6,9%
- Gauche Démocratique (scission de SYRISA et quelques forces venant du PASOK) : 6,3%

- Le KKE a obtenu 12 élus.

Après l’annonce des résultats, la secrétaire Générale du CC du KKE a fait la déclaration suivante :

Le résultat des élections est négatif pour le peuple qui a beaucoup souffert de la crise économique et des mesures adoptées, le mémorandum, le contrat de prêt, les lois d’application.

Le peuple va être confronté à des problèmes et des évènements graves, et quel que soit le gouvernement qui sera formé, il ne répondra pas à ses attentes ; bien au contraire.

Notre évaluation du caractère négatif du résultat des élections se base sur les éléments suivants :

- Premièrement : la progression de la ND, parti connu, anti-ouvrier et antipopulaire, qui n’a pas changé. Le pire n’a pas eu lieu comme l’a dit monsieur Samaras au peuple ; le pire est à venir. Le gouvernement qui, à ce qu’il semble, se formera en ayant la ND comme noyau, ne résoudra aucun des problèmes populaires ; au contraire, il va les compliquer !

- Second élément : la progression de SYRIZA dans cette seconde bataille électorale, en comparaison avec l’augmentation significative qui s’était déjà produite aux élections de mai. Cette fois, SYRIZA a reçu un grand nombre de voix et un pourcentage élevé, mais il a adouci beaucoup de ses mots d’ordre par rapport au mémorandum, au contrat sur les emprunts, les lois d’application, avec la position très claire que sa politique au gouvernement sera dans le cadre de « la voie du sens unique de l’Union Européenne ». Il donné des assurances à la classe dominante et aux puissances étrangères que la Grèce resterait dans l’Euro coûte que coûte. Dans ce sens, nous considérons que l’appui qu’ils ont reçu est un élément négatif, étant donné qu’ils ont changé de positions, et ce indépendamment du fait que nous ne croyons pas qu’ils auraient mis en pratique ce qu’ils promettaient le 6 mai.

- Troisième élément négatif : les grandes pertes qu’a subies, sans aucun doute, le KKE, seront de la plus grande importance quand à la disposition du peuple à intervenir à la lumière de l’aiguisement des problèmes découlant de la crise en Grèce, et surtout de l’approfondissement de la crise dans la zone euro.
S’est confirmé ce que nous avons dit depuis le 7 mai : que la bataille électorale serait la plus difficile, la bataille la plus complexe des dernières quarante années pour le KKE. Nous savions les immenses obstacles que le parti devrait affronter, bien plus grands en comparaison de ceux que nous avions surmontés jusqu’au 6 mai, à savoir les dilemmes de l’existence des deux nouveaux pôles, celui de la ND et celui de SYRISA. Les deux ont lutté pour le résultat électoral, l’un en utilisant l’intimidation, et l’autre en semant des illusions. Cependant, pour que le bilan soit exhaustif et plus juste, le résultat électoral sera analysé par le parti, la KNE (Jeunesse communiste), les amis et sympathisants du parti, comme nous le faisons pour toutes la batailles électorales.

- Quatrième élément négatif : les votes et le pourcentage de l’ « Aube Dorée ». Et ce malgré que depuis le 6 mai il y ait eu plus de preuves quand à sa nature fasciste et provocatrice.
Le KKE préfère dire au peuple la vérité sur le caractère de la crise et les évènements possibles qui peuvent en découler en liaison avec les développements négatifs dans la zone euro, en ce qui concerne le caractère de l’Union Européenne, la nécessité de l’annulation unilatérale de la dette, la nécessité du retrait de l’UE, de la lutte pour le pouvoir populaire de la classe ouvrière. Nous avons dit tout cela très consciemment.

La participation du KKE à un gouvernement pour gérer la crise dans une phase aussi cruciale, quand ce dont il y a besoin, c’est d’une ligne de rupture et de contre-attaque, conduirait tôt ou tard à une grande défaite pour le mouvement, dès lors que la participation du KKE à un gouvernement auquel on ne pourrait se fier, présentant deux visages, un pour les affaires intérieures et l’autre pour les relations extérieures, pourrait être utilisé comme un alibi pour un compromis du peuple et l’alignement de la ligne politique du gouvernement avec les intérêts des monopoles.

Nous saluons les membres du parti et de la KNE, les amis et sympathisants du parti qui ont mené cette dure bataille, tous ceux qui ont résisté à la pression et ont voté pour le KKE. Nous affirmons que le KKE restera debout malgré la réduction de nombre de sièges au parlement, qu’il continuera son intense activité dans le mouvement et défendra et appuiera tous les points de départ de la lutte et de l’espoir.

Nous sommes certains que le peuple va se rappeler les problèmes que nous avons soulevés durant les deux batailles électorales, les prédictions, les avertissements sur les évènements dans la zone euro, en ce qui concerne la possibilité de la participation de la Grèce dans une guerre, spécialement après les élections aux Etats-Unis. De plus nous considérons que ceux qui n’ont pas voté pour le parti bien qu’appréciant ses positions et son rôle, se rendront compte des conséquences face à la possibilité d’un gouvernement anti mémorandum de coalition.

Nous les assurons que nous allons faire tout ce que nous avons dit au peuple avant les élections. Nous allons être aux premières lignes, dans chaque lutte, nous allons appuyer toutes les initiatives de lutte quant aux problèmes graves qui sont en cours, nous allons préparer le peuple, dans la mesure où cela dépend de nous, à affronter les nouvelles tempêtes qui arrivent.

Nous espérons que le recul de l’orientation radicale, qui a marqué surtout la seconde bataille électorale, ne durera pas longtemps ; parce que les évènements négatifs se développent très rapidement et objectivement, peu de temps s’écoulera avant la reprise du mouvement.

Le KKE considère que la base de la contre-attaque populaire doit être les centres de travail, les secteurs et les quartiers. Avant tout, ce qui a la plus grande importance, c’est le regroupement du mouvement ouvrier et populaire, l’alliance sociale, l’alliance socio-politique qui luttera pour les problèmes immédiats et urgents et réunira les forces pour le renversement radical qui s’impose.

Athènes, le 17/06/2012