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PSA : soutien aux travailleurs en lutte !

samedi 14 juillet 2012

PSA : Défendre l’usine d’Aulnay, et le site de Rennes

Le 28 juin 2012, les travailleurs
de PSA de tous les
sites de France et même de
quelques sites étrangers manifestaient
devant le siège du groupe contre la
fermeture programmée de l’usine
d’Aulnay sous Bois (plus de 3000 salariés,
dont environ 300 en intérim).

Cette usine produit la C3 dont la fin
est programmée pour 2016, et qui est
aussi fabriquée à l’usine de Poissy.
L’arrêt des investissements et le passage
à deux équipes confortent aussi
les craintes des travailleurs. Un CCE
extraordinaire s’est tenu le 11 juillet
2012. C’est la CGT qui avait dévoilé en
juin 2011 un document interne prévoyant
la fermeture de l’usine d’Aulnay
en 2014. Le groupe s’est rapproché
de General Motors (monopole américain)
qui a acquis 7% du capital, avec
qui il compte produire
des automobiles
en 2016. Le plan
d’économies de la
direction s’élève à 1
milliard d’euros et
entraînerait la suppression
de 6000
postes en Europe
dont 4300 en France.

Alors que les usines
ne tournent pas à plein, la direction
estime encore à 20% les surcapacités.

En 2011, le chiffre d’affaires atteignait
60 milliards pour un bénéfice net de
588 millions, et il avait atteint 1,1 milliard
en 2010 (déductions faites des
salaires et des colossales indemnités
des dirigeants et cadres supérieurs) !

À peine la lutte commencée, malgré
une apparence de front commun pour
le maintien du site, se profile la division
et la trahison. Un délégué central
de FO a ainsi déclaré, après avoir rencontré
Varin : “On a dit que l’on n’était
pas dupe. Nous savons que nous n’allons
pas pouvoir continuer de maintenir un site
comme celui-là dans le contexte économique
actuel, il est urgent de dire la vérité
aux salariés et de leur proposer une nouvelle
porte ouverte, du style réindustrialisation
”.

Outre le fait que de telles affirmations
mettent en lumière la signification
des slogans sur la réindustrialisation
sous le capitalisme, c’est-à-dire
rien de plus que des promesses pour
faire accepter par les travailleurs les
fermetures d’usines et neutraliser leurs
luttes, ce discours est conséquent avec
l’idéologie de la bourgeoisie qui subordonne
la production aux profits et non
aux besoins. En tout cas, FO tombe
déjà le masque, alors que même la
présidente du SIA à Aulnay
(“syndicat” maison pro-patronal (ex
CSL, ex CFT) s’en tient au moins à dire
qu’ “Aulnay est une des meilleures usines
du groupe. Il n’y a pas besoin qu’on la
ferme
”.

Pour l’URCF, l’heure n’est plus à se
lamenter ni à attendre que la direction
dévoile ses intentions, mais à passer à
l’offensive pour exiger la nationalisation
sans indemnités du groupe PSA
qui a reçu des milliards d’euros de
subventions de l’État, et pour interdire
la fermeture et tous les licenciements
programmés. Nous proposons de rejeter
les discours fatalistes et attentistes
vis-à-vis de l’État au service des monopoles.

Dans la continuité de la lutte de
2007, il faut aussi revendiquer partout
l’embauche de tous les intérimaires, la
possibilité de partir en retraite pour les
travailleurs de plus de 55 ans, et 300
euros d’augmentation pour tous. Ces
gains ne se feront que par une lutte de
grande ampleur de tous les ouvriers
du groupe automobile, lutte à laquelle
l’URCF est prête à contribuer dans
tous ses volets.

Une grande lutte qui montrera
l’exemple à suivre à tout le salariat
pour sauver les emplois
et faire payer la
crise au Capital, l’occasion
aussi de montrer
la force collective
extraordinaire
des travailleurs en
lutte. Le mot d’ordre
de nationalisation
sans indemnité et
sous contrôle ouvrier
de PSA pourra créer une brèche dans
le dispositif de liquidation de la classe
ouvrière et de l’industrie en France. Un
vaste mouvement de toutes les usines
menacées de fermetures doit se créer
autour de la question de la propriété.
Ce secteur nationalisé constitué veillerait
à produire des voitures solides et
bon marché, des machines agricoles,
des bus, et s’insérerait dans un large
pôle industriel automobile où les différents
modes de déplacements modernes
se combineraient dans la complémentarité
pour satisfaire les besoins.

De tels pôles restent cependant dans le
cadre du capitalisme et de la dictature
de son État.

Mais les véritables révolutionnaires
se distinguent par la capacité à relier
les tactiques mises en oeuvre à la victoire
stratégique. Ces pôles ne verront
le jour que par une lutte de classes
acharnée où les besoins sociaux et économiques
revendiqués se heurteront à
la dictature de classe de l’État bourgeois
au service des monopoles et de
son oligarchie financière qui apparaitra
aux yeux d’un grand nombre
comme arc-boutée sur ses étroits intérêts
de classe, incapable de répondre
aux besoins de l’humanité. Si les communistes
révolutionnaires jouent leur
rôle, se posera alors comme seule solution
durable, par la révolution socialiste,
l’élimination politique de l’oligarchie
capitaliste, le bris de l’État bourgeois,
le pouvoir ouvrier de l’entreprise
à l’État engageant le pays dans la
construction du socialisme.