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Edito

samedi 8 septembre 2012

Emplois, salaires, énergies, Europe

Travailleurs,

Tout dépend de nous !

Hollande n’aura
pas eu le temps
de célébrer ses
« 100 premiers jours » que les
illusions tombent puisque la
« confiance » est en deçà des 50 %.
Nous avons vécu un été des
mauvais coups : licenciements
massifs, fermetures d’entreprises,
expulsions de Roms. Pour
analyser et combattre cette politique,
il faut dépasser les formules
psychologisantes sur « le
capitaine de pédalo », « la mollesse
 », « le brave type qui
cède ».

Cela « cogne » et peut faire
sourire mais la réalité est autre.
Ce sont les monopoles qui exercent
le pouvoir sous le régime
capitaliste et Hollande sans mollesse
gouverne pour satisfaire
leurs objectifs. La crise capitaliste,
la récession montante
poussent partout le Capital financier
à l’objectif stratégique :
faire payer la crise par le travail,
pour assurer le profit maximum.

Combattre
jusqu’au bout le
nouveau Traité
européen

Le « pacte budgétaire » ou
Traité sur la Stabilité, la Coordination
et la Gouvernance
(TSCG) s’inscrit dans la continuité
aggravée du TCE rejeté au
référendum mais depuis
« adopté » (Traité de Lisbonne)
par un putsch institutionnel
conduit par l’UMP et le PS, violant
sans vergogne la souveraineté
et les intérêts populaires.
Nous assistons depuis le déclenchement
de la crise à la volonté
du Capital financier international
de satisfaire ses objectifs en
exerçant sa dictature de classe
de manière directe. Le TSCG
donnerait une légitimité constitutionnelle
à cette mainmise
directe des monopoles sur les
Etats. Le Capital financier grâce
à l’Union impérialiste dirigée
par l’Allemagne et la France
veut rendre obligatoire partout
et durablement la politique
d’austérité en criminalisant
(puisque « illégale ») toute politique
qui ne s’inscrirait pas dans
la baisse des « coûts » salariaux,
dans les privatisations, la précarité
des contrats de travail, l’allongement
continu du temps de
travail et de carrière, la casse des
sécurités sociales en Europe.

La promesse de
« renégociation » formulée par
le candidat Hollande n’avait
pour but que de gagner des
voix, puisque Hollande et
Ayrault vont appliquer le Traité
« Merkozy ». Les références à la
« croissance » comme base pour
améliorer le sort des travailleurs
n’ont pour les réformistes que
l’enjeu d’embellir le capitalisme
en accréditant l’idée qu’une gestion
« humaine » et « sociale »
peut naître dans le cadre du
système d’exploitation.

Qu’on se rappelle aussi les
imprécations « plus à gauche »
sur la « transformation de la
BCE » en Banque pour l’emploi.
Dur rappel de la réalité de
classe, la BCE va jouer un rôle
décisif pour contrôler les budgets
nationaux et transférer l’argent
populaire (sous couvert
« d’aides ») dans les poches du
Capital !

Le TSCG, pour imposer ses
diktats, prévoit toute une série
de sanctions financières pour les
pays qui dépasseraient les 0,5 %
de déficit budgétaire annuel du
PIB, sous l’égide de la Cour de
Justice Européenne ! La socialdémocratie,
avec la complicité
de l’UMP, prévoit la ratification
de ce Traité par le Parlement.

Soyons vigilants.
L’aile dite de « gauche »
du PS annonce déjà qu’ils
voteront NON au Parlement
… mais se situe
dans le cadre parlementaire
où le OUI sera forcément
majoritaire ! L’exigence
à faire grandir et à
imposer - ce qui sera difficile,
car la bourgeoisie a
retenu les leçons de son
échec - c’est celle d’un
référendum. Un large
front uni se dessine pour
le NON. C’est là un atout.
Dans l’action, il faut regrouper
tous les tenants
du NON. Mais, l’URCF, à
la différence du Front de
Gauche, rejette l’idée que
l’Union européenne puisse être
le cadre de transformations progressistes,
étant donné son caractère
impérialiste. Nous appelons
à lier la bataille pour le
NON au TSCG à la bataille générale
pour la rupture avec l’union
impérialiste (UE) et pour le
socialisme. Référendum ou pas,
la lutte devra être continue, internationale,
et d’ampleur, y
compris si il y a ratification.

La bataille
pour sauver les
emplois

Les suppressions d’emplois
(PSA, Air France, Carrefour …)
ont suscité la colère. Le gouvernement
(Montebourg en tête) a
eu des paroles lénifiantes mais
avoue son impuissance. La
lutte pour les emplois à PSA et
ailleurs constituera le grand
combat de classe à la rentrée.
Pas de faux fuyants, ce sera un
test important pour mesurer le
rapport de forces entre Capital
et Travail. Une nouvelle défaite
libérerait les mains du Capital,
de la réaction et de la socialdémocratie
pour porter toujours
plus de mauvais coups.

Or, les PSA, les Air France et
tous les autres, ne pourront
l’emporter sans une vague de
fond de solidarité de classe
active y compris par des grèves.
Autrefois, c’était la règle
mais avec le syndicalisme d’aménagement,
la conscience a
reculé. Nous devons donc franchir
une nouvelle étape. Une
revendication grandit, l’exigence
« d’interdiction des licenciements
 » ; mais nous devons
aussi éclairer sur la nature
même du capitalisme qui engendre
le chômage à chaque
heure par soif de profits. Les
monopoles qui se préparent à
la liquidation massive d’emplois
ont reçu pendant des
années des « aides financières
 » (argent public) dilapidées
dans la spéculation et les
erreurs stratégiques.

C’est la raison pour laquelle,
outre la revendication précédente,
l’URCF combat pour la
nationalisation sans indemnités
avec le contrôle ouvrier de
PSA et des autres monopoles
casseurs d’emplois. Confrontés
aux conditions économiques et
sociales actuelles : l’offensive
capitaliste dans tous les domaines
avec l’UMP ou le PS aux
affaires, la nationalisation s’attaque
aux plans des monopoles,
à la stratégie générale de
l’UE. Ce serait une mesure qui
permettrait la sauvegarde des
emplois, la satisfaction de certains
besoins. Bien sûr, cette
mesure se situe encore dans le
cadre du capitalisme mais ce
serait un pas en avant pour le
rapport de forces contre le Capital
 ; ce qui créera des conditions
plus favorables pour le
renversement ultérieur du capitalisme
et de la dictature des
monopoles.

L’URCF