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Edito

dimanche 31 mars 2013

PSA, ARCELOR-MITTAL, RENAULT, GOODYEAR, FRALIB, SANOFI...

Nationalisation sans indemnisation des monopoles casseurs d’emploi !

20avril_v2

Aujourd’hui, la principale
forme d’affrontement
entre Capital et Travail
concerne la sauvegarde et le développement
des emplois face aux incessants
plans de licenciements et fermetures de
sites conduits par les monopoles. Pour
satisfaire le profit maximum en période
de crise du système capitaliste, les propriétaires
des entreprises n’hésitent pas
à licencier pour rogner sur le facteur
humain, à augmenter la durée du travail
et les cadences pour les autres.
Nous avons maintes et maintes preuves
que le régime capitaliste est plus
que jamais parasitaire et pourrissant.
La bourgeoisie monopoliste, comme
l’aristocratie autrefois, est devenue une
classe décadente qui, en raison de ses
intérêts de caste et de son système d’exploitation,
ne peut résoudre la question
de la satisfaction des besoins des travailleurs
du pays.

Quelle revendication
face aux suppressions
d’emplois,
à la casse industrielle ?

Contre les fermetures et les licenciements,
les directions syndicales d’accompagnement
pilotées par la socialdémocratie
prônent un « plan social
juste », de « bonnes mesures d’accompagnement
 », « un bon repreneur ».
Cela se traduit par les licenciements
effectifs, le Capital en sortant gagnant.
Certains syndicats, les partis du Front
de Gauche et les organisations trotskistes
ont avancé le mot d’ordre
« d’interdiction des licenciements ». Parce
qu’une partie significative de la classe
ouvrière soutenait ce mot d’ordre,
l’URCF l’a défendu malgré ses limites :
inscription dans les rapports de production
capitalistes, statu quo certes
pour les emplois, mais pas de sauvegarde
véritable du tissu industriel. De
plus, une telle mesure exige un débouché
parlementaire immédiat, ce qui est
impossible avec la majorité socialedémocrate
au parlement. L’URCF a
lancé en juillet 2012, après les sinistres
annonces du directoire de PSA, le mot
d’ordre de « nationalisation du groupe
sans indemnisation et avec contrôle
ouvrier », mot d’ordre élargi à tous les
monopoles casseurs d’emplois.

À revendication inédite,
forme inédite de combat.

Confronté à un Capital qui n’hésite
pas à détruire le travail vivant pour
réaliser ses profits, il est nécessaire de
joindre à la lutte syndicale des revendications
politiques. L’URCF a d’abord
lancé une grande pétition nationale
avec aujourd’hui près de 6 000 signatures
attestant ainsi que ce mot d’ordre
oublié depuis plusieurs années jouissait
d’une réelle popularité.

Tirant l’expérience des nationalisations
entreprises en 1945-47 à l’initiative
des communistes, de leurs apports,
limites aussi (rachat par l’État des entreprises,
indemnités au Capital, déconnexion
d’avec le but final : le socialisme),
l’URCF avance le mot d’ordre
de « nationalisation sans indemnisation
 », c’est-à-dire, l’expropriation du
Capital de telle ou telle entreprise.
D’autres groupes communistes ont
repris tout ou partie de ce mot d’ordre
(PCOF – RCC) ce dernier notamment
en s’appuyant sur l’exemple du Venezuela
et d’autres pays d’Amérique Latine
et même de la Chine !

Notre démarche est différente et
inédite. En posant et en remettant en
cause la question de la propriété des
entreprises, nous voulons montrer largement
que la source des maux a son
origine, non dans la seule finance et
dans le seul « néolibéralisme », mais
dans le mode de production capitaliste
avec sa propriété monopoliste. Et ce
d’autant plus que durant des années
les théoriciens du PCF ont proclamé la
question de la propriété « secondaire »,
« ce qui est décisif, ce sont de nouveaux
critères de gestion » disaient-ils .

Autre particularité : à la différence
de l’Amérique Latine (et de la France
de 1945-47) où les forces progressistes
étaient au pouvoir et nationalisaient
« d’en haut », aujourd’hui, contre la
social-démocratie au pouvoir et l’UE
(qui interdit les nationalisations), nous
devons impulser à la base cette bataille
pour gagner les nationalisations,
comme autrefois le droit de se syndiquer,
la journée de 8 heures, la reconnaissance
des Comités d’entreprise …
C’est une bataille multiforme dont l’acteur
central est la classe ouvrière. Tout
dépendra d’elle.

À l’heure actuelle, si nous rencontrons
un bon écho chez les travailleurs,
nous nous heurtons aux bureaucraties
syndicales et bien sûr au MEDEF
furieux qui s’écrie au « vol de la
propriété ». On comprend pourquoi le
patronat est piqué au vif, car cette mesure
est la seule qui permette de sauver
les emplois induits et le tissu industriel.
Bien sûr, la lutte de classe économique
devra se poursuivre et se généraliser au
niveau local et national jusqu’à l’expropriation
du Capital.

« Arcelor-Mittal, PSA, Renault nationalisés
sans indemnisations », « le
système capitaliste resterait debout »,
font les fines bouches. C’est juste mais
les travailleurs ne s’arrêteront pas là ;
les communistes doivent oeuvrer à fédérer
tous les nationalisables, en posant
la question de l’ultime obstacle :
l’État capitaliste qu’il faudra briser par
la Révolution socialiste. Pour favoriser
la continuité de la lutte, l’URCF pose
une exigence nouvelle : le contrôle ouvrier
avec la reconnaissance à imposer
par la lutte d’une nouvelle institution
ouvrière : l’assemblée générale des
travailleurs qui exercera le contrôle de
l’entreprise nationalisée.

Ce combat de longue haleine posant
les questions fondamentales de la
propriété capitaliste et de l’État des
monopoles constitue avec la lutte idéologique
et politique, l’un des travaux
pratiques du combat révolutionnaire
pour le renversement du capitalisme et
l’instauration du socialisme.