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Corée

jeudi 11 avril 2013

Les États-Unis doivent quitter la péninsule coréenne !

Depuis plusieurs semaines, on assiste à une grave et dangereuse dégradation de la situation dans la péninsule coréenne. Une fois de plus le gouvernement français et l’appareil médiatique sont aux premières loges pour appeler à la guerre contre la République Populaire et Démocratique de Corée. Alors que tout au long de l’année 2012, les dirigeants de la RPDC ont multiplié les gestes de paix, les États-Unis et leurs alliés ont créé un climat de tension et de provocation. Pour comprendre la situation il est nécessaire, de rappeler les points suivants :

• Courant octobre avec l’aval des USA, les autorités de Corée du Sud ont décidé de rallonger la distance de frappe de leurs missiles de 200 à 800 km. Aussi bien Washington que Paris se sont félicités d’une mesure, ouvertement destinée à accroître la menace sur la RPDC.

• Le 7 décembre la RPDC lançait son premier satellite artificiel dans l’espace, devenant la 10ème puissance spatiale ayant la capacité de lancer ses propres satellites. Après avoir, pendant plusieurs jours, tenté de nier le succès scientifique Nord Coréen, les États-Unis ont orchestré une violente campagne pour dénoncer le lancement. C’est la première fois dans l’histoire de l’aéronautique qu’une telle chose se produit. Pire encore, sur pression des Etats-Unis, le Conseil de Sécurité de l’ONU a voté une résolution de condamnation assortie de sanctions économiques venant s’ajouter à l’embargo mis en place par les USA depuis 1950. Il est pour le moins paradoxal que les cinq membres permanents, tous des puissances spatiales, aient pu voter un tel texte, ou alors c’est clairement la manifestation de leur volonté de se garder un monopole technologique ! Par contre début janvier la Corée du sud devenait la 11ème puissance spatiale sous les applaudissements des Etats-Unis.

• C’est pour protester contre cette situation, que la RPDC aurait effectué son deuxième essai nucléaire, et ce à quelques jours du début des manœuvres militaires conjointes Etats-Unis - Corée du Sud, entrainant une nouvelle condamnation du Conseil de Sécurité. Mais les Etats-Unis, comme leur marionnette de Corée du Sud eux-mêmes, sont incapables de confirmer la véracité de cet essai. L’adoption, le 7 mars, d’une nouvelle résolution du Conseil de Sécurité condamnant durement la RPDC a encore alimenté la tension.

• Par contre le Conseil de Sécurité de l’ONU, son Secrétaire Général – sud Coréen par ailleurs – n’ont rien à dire devant le déclenchement des manœuvres militaires conjointes des Etats-Unis et de la Corée du Sud. Or ces manœuvres ont pour objectif explicite de préparer une agression contre la RPDC ! Elles mobilisent des dizaines de milliers de militaires utilisant un matériel hautement sophistiqué, dont des B52 susceptibles de porter des charges nucléaires dont deux font partie de la dernière génération dit « bombardiers furtifs » et des sous-marins nucléaires !

Alors qu’il est de « bon ton » de qualifier de « gesticulations » les déclarations du Premier Secrétaire du Comité central du Parti des travailleurs de Corée, Kim Jong Un, on n’a assisté à aucune protestation, aucune condamnation, aucun appel au calme et à la retenue, s’agissant des propos du ministre des affaires étrangères sud-coréen, avant toute déclaration venant de Pyongyang, promettant de balayer la RPDC de la carte du monde ! Concernant l’attitude de la RPDC concernant l’arme nucléaire, l’opinion publique doit savoir que si quelqu’un exerce un chantage nucléaire, ce n’est pas l’agressée, la RPDC, mais les Etats-Unis qui ont truffé leurs bases militaires en Corée du Sud d’armes nucléaires de toutes sortes. Dans les trois dernières années, ils ont envoyé plus de 300 engins armés avec des dispositifs de nouvelle génération, 24 chasseurs-bombardiers opérationnels, ils ont doublé le nombre d’hélicoptères de combat, envoyé une division entière supplémentaire. Ils laissent à disposition de Séoul leur arsenal nucléaire et annoncent des accords de coopération et d’assistance militaire permettant à celle-ci d’intervenir si elle détectait une escarmouche sur la ligne de démarcation.

60 ans après l’armistice de Panmunjom, la péninsule coréenne, après les espoirs suscités par les rencontre de Kim Jong Il et des Présidents sud-coréens en 2002 et 2007, de nouveau la guerre menace, en particulier de par le fait que les USA n’ont jamais accompli certaines clauses des accords d’armistice, comme le départ de leur troupes de la péninsule en 1954, qu’au contraire ils ont militarisé leur colonie sud-coréenne à outrance, soutenu les dictatures successives, pratiquant la corruption du personnel politique. L’élection de la fille du chef de la dictature militaire, Park Geun-hyi en décembre dernier s’inscrit dans ce contexte.

L’URCF exprime sa condamnation de la politique belliqueuse et revancharde des Etats-Unis contre la RPDC. Elle condamne les manœuvres américano-sud-coréennes et demande leur arrêt immédiat, préalable à toutes négociations. Elle soutient la demande de la signature d’un traité de paix entre la Corée du nord et les USA que refusent ces derniers. Les troupes étrangères doivent évacuer la Corée du sud, permettant l’ouverture de négociations entre les deux États coréens, sans ingérence étrangère, et pour parvenir à la réunification. L’URCF appelle les travailleurs, les démocrates, à rejeter les calomnies contre la RPDC, et à rejeter la propagande de guerre. Elle exige que le gouvernement français reconnaisse diplomatiquement la RPDC, comme l’ont d’ailleurs déjà fait ses alliés.

Paris le 10 avril 2013