Accueil > International > Années antérieures > REFUSER LA GUERRE, C’EST COMBATTRE L’IMPERIALISME, PAS LE JUSTIFIER (...)

REFUSER LA GUERRE, C’EST COMBATTRE L’IMPERIALISME, PAS LE JUSTIFIER !

jeudi 5 septembre 2013

UNION DES REVOLUTIONNAIRES-COMMUNISTES DE FRANCE Construction du Parti Fédération de Seine-Saint-Denis

REFUSER LA GUERRE, C’EST COMBATTRE L’IMPERIALISME, PAS LE JUSTIFIER !

Un rassemblement à l’appel du Mouvement de la Paix « pour dire ensemble non à l’intervention armée en Syrie, non à la participation de la France, solidarité avec les forces de paix, de justice et de démocratie en Syrie » s’est tenu le mardi 3 septembre 2013 devant la Sous-Préfecture à Saint-Denis. L’URCF avait envoyé une délégation pour contribuer à dénoncer les préparatifs de guerre impérialistes contre un pays souverain, visant à assurer aux multinationales l’accès, entre autres, aux gisements de gaz, au pétrole, et briser l’axe de la Résistance contre l’impérialisme américano-sioniste. Peu de temps après notre arrivée, un tract signé du Maire Didier Paillard fut distribué aux participants. Quelle ne fut pas notre indignation d’y lire, dès la première ligne, que « la Ville de Saint-Denis condamne la répression du régime de Bachar el Assad », lui attribuant la responsabilité de dizaines de milliers de morts et un « refus de toute négociation politique ». Juste après est dénoncée l’utilisation des armes chimiques, sans que soit posée la question de sa réalité et surtout, de l’identité des auteurs de l’attaque.

Pas un mot sur les exactions des groupes terroristes, qu’ils s’appellent ASL, EIIL ou Al Qaida, qui sèment la terreur et le massacre parmi la population. Pas un mot sur les motivations des puissances occidentales, dont la France, ancienne puissance colonisatrice qui a choisi l’option du renversement de l’Etat syrien depuis longtemps ; pas une allusion au précédent irakien où avait été utilisé le même mensonge sur les armes chimiques qui n’ont jamais été découvertes, puisqu’elles n’existaient pas ; pas même un doute ou une prise de distance envers les mensonges des médias, pour la plupart aux mains du complexe militaro-industriel. Surtout pas une ligne pour refuser la dilapidation de millions d’euros dans une guerre de rapine alors que le gouvernement PS s’attaque aux retraites, flexibilise toujours plus le travail, asphyxie les services publics…

Nous ne dénions à personne le droit d’avoir une opinion sur le « régime » actuellement au pouvoir en Syrie. Mais il appartient uniquement au peuple syrien de choisir ses représentants, ce qu’il a d’ailleurs fait lors de récentes élections. Aucun prétexte humanitaire ou autre ne peut être admis pour s’ingérer dans les affaires intérieures d’un autre pays. Or, nous lisons dans la « Lettre du Maire » que la Ville de Saint-Denis appelle à saisir le tribunal pénal international, c’est à dire, après avoir renversé le gouvernement légal de la Syrie (comment ? si ce n’est par une intervention militaire extérieure), à juger devant le tribunal des vainqueurs ses dirigeants, comme c’est arrivé au Président Gbagbo, coupable de ne pas s’aligner sur la volonté du maître Françafricain. Qu’arrivera-t-il, dans cette logique, le jour où un gouvernement impopulaire sera renversé par les travailleurs de France et remplacé par un pouvoir populaire ? Acceptera-t-on qu’une puissance étrangère déclare illégitime le nouveau gouvernement, l’accuse de crimes aussi abominables qu’imaginaires, et envoie ses bombardiers pour « rétablir la paix et le droit » ?

Nous reconnaissons ici la tactique misérable des fauteurs de guerre qui consiste à faire porter à l’agressé la responsabilité du conflit. La Syrie, qui n’a jamais ménagé sa solidarité avec la cause palestinienne et dont l’Etat laïc garantit la cohabitation des communautés ethniques et religieuses, (nos soi-disant démocrates qui ont en permanence à la bouche le « vivre ensemble » pourraient en prendre de la graine) mérite le soutien de la population dionysienne. Contrairement à ce qui est écrit dans le tract municipal, le gouvernement syrien est prêt, sans préalable, à participer à une conférence internationale pour trouver une solution politique au conflit. Ce sont les « rebelles » qui ont toujours refusé de négocier en mettant comme condition le départ de Bachar El Assad.
La soi-disant rébellion n’a jamais exprimé de revendications sociales ni démocratiques et se bat pour transformer le pays en califat où règnerait la Charia, comme c’est déjà le cas dans les zones qu’elle contrôle. Un de ses maîtres à penser, le Cheikh Adnan Al-Arour, inonde internet de vidéos haineuses où est lancé le mot d’ordre « les chrétiens à Beyrouth, les Alaouites au tombeau », mot d’ordre largement appliqué sur le terrain par ses milices armées et encadrées entre autres par la France.

Dans ces conditions et face au peu de réaction des organisateurs devant cette propagande inacceptable, l’URCF s’est retirée du rassemblement. Elle appelle les forces de paix à se démarquer des prises de positions semblables à celles du Maire de Saint-Denis qui prétend s’opposer à la guerre alors qu’il en approuve les buts.
Retrait de tous les corps expéditionnaires français, halte à la françafrique !

Retrait de la France de l’OTAN !
Non à L’intervention en Syrie !
Pas un sou pour la guerre des monopoles !