Accueil > France > Années 2012 - 2013 > EDITO

EDITO

dimanche 17 novembre 2013

AVEC HOLLANDE,

RÉACTION SUR TOUTE LA LIGNE !

Forger une opposition populaire et anticapitaliste !

Le pouvoir Hollande-Ayrault
s’inscrit pleinement dans la
poursuite et le parachèvement
de la destruction des conquêtes
sociales accélérée par Sarkozy. Toutes
les contre-réformes : Accord national
interprofessionnel signé par le MEDEF
et les syndicats les plus réformistes,
retraites ou budget 2014 ont pour finalité
l’application zélée de la stratégie du
Capital monopoliste pour la seule satisfaction
de la classe capitaliste. Stratégie
du Capital qui a pour objectifs et
moyens de faire baisser le « coût du
travail » par la baisse réelle du pouvoir
d’achat, les licenciements, l’austérité
généralisée ; afin de faire payer la crise
du système par les travailleurs au nom
de la « dette de l’État », largement due
aux aides publiques aux entreprises.

Les travailleurs et les couches moyennes
sont victimes également d’un véritable
matraquage fiscal, avec la hausse
brutale des taxes et impôts frappant
même ceux qui n’y étaient pas jusqu’ici
assujettis. Les sacrifices demandés au
nom des « emplois de demain » sont
vains, car les entreprises continuent de
fermer et le chômage de grimper !
L’austérité frappe également les besoins
sociaux élémentaires : logement social,
santé et hôpitaux publics, École publique.
Nul domaine n’échappe à cette
politique droitière.

En politique internationale, dans le
droit fil de Sarkozy, Hollande incarne
une démarche belliciste de déploiement
et d’ingérence de l’impérialisme français
contre la Syrie et en Afrique. Le
pouvoir social-démocrate avait misé sur
une intervention et des bombardements
massifs contre la Syrie, prêtant ainsi de
fait assistance aux fascistes d’Al Qaïda
et autres groupes terroristes. Les contradictions
inter-impérialistes avec la Russie,
les hésitations d’Obama, le refus du
parlement britannique, auront eu raison
(provisoirement ?) du déchaînement
guerrier du pouvoir Hollande. Mais
déjà, la France évoque une possible intervention
en Centrafrique !

Les travailleurs seront à même de mesurer
que l’argent qu’on leur refuse
pour leurs revendications et besoins
sociaux est disponible pour de coûteuses
interventions militaires. Réaction tous azimuts y compris sur les droits
démocratiques. Les scandaleuses déclarations
de Valls, à caractère anti-Roms,
doublées par l’expulsion lors d’une sortie
scolaire de la jeune Léonarda, montrent
que la « pratique » accompagne le
discours. Les campagnes anti-Roms du
gouvernement, partagées par l’UMP
dans le droit fil du discours de Grenoble
de Sarkozy, exacerbées par le FN,
visent à faire diversion de la situation
économique et sociale catastrophique,
par le recours à un bouc-émissaire.

Les médias du Capital déchaînent les
clichés les plus moyenâgeux à l’égard
des Roms. Ces derniers sont victimes de
véritables pogroms dans leur pays d’origine
 : Hongrie, Roumanie, Kosovo,
Bulgarie etc. Beaucoup n’ont d’autres
ressources que l’exil. Là où le socialisme
avait permis l’intégration des Roms, la
restauration capitaliste en a fait des parias
de la société. Pour détourner la colère
populaire en France, les forces du
Capital misent sur le racisme et la division,
alors que c’est l’aristocratie financière
qui est responsable de nos malheurs.

Ne pas laisser le
monopole de
l’opposition à la
droite !

Le mécontentement et la colère
sont grands mais ne débouchent
pas sur des grèves et
l’action à l’échelle du pays. La
social-démocratie a réussi à se
subordonner le mouvement
syndical via sa bureaucratie et
la collaboration de classe. Les
forces réactionnaires UMP et
surtout le FN capitalisent à
partir de la déception et du
mécontentement. Il faut vaincre
le sortilège de la Vème République
qui veut que droite et
PS se succèdent après leur propre
rejet. La stratégie du FN de
recomposition de la réaction,
sous sa direction ou en alliance
avec l’UMP, constitue un
grand danger. On ne surmontera
pas un tel danger en considérant la politique gouvernementale
comme un « moindre mal », comme
le fait le PCF ; il faut forger une opposition
anticapitaliste grâce aux forces ouvrières
et populaires. Les lycéens et étudiants
nous montrent la voie dans leur
mobilisation pour le retour de Léonarda
et Kaltchik, avec leur mot d’ordre de
sanctuarisation non seulement de l’école
mais des études.

Contre la politique de droite du gouvernement,
contre le retour
« programmé » de l’UMP et du FN, il
faut, dans les luttes extraparlementaires,
imposer la satisfaction de nos revendications
 : salaires, retraite à 60 ans,
emplois...

L’URCF, dans la perspective de construction
du Parti communiste de
France, va déployer son action en direction
des hôpitaux pour la défense d’un
système de santé de qualité, pour le
retour aux principes fondateurs de la
Sécurité Sociale, en direction des travailleurs
des monopoles casseurs d’emplois
(comme dans l’agro-alimentaire),
par la bataille pour la nationalisation
sans indemnisation et le contrôle ouvrier.
Ce sont là des pas importants
pour forger une opposition anticapitaliste,
reconstruire un véritable camp
progressiste et combattre jusqu’au bout
le gouvernement de trahison sociale de
Hollande-Ayrault !

L’URCF, novembre 2013