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Retraites : qui veut noyer son chien...

mardi 13 juillet 2010

...l’accuse de la rage !

Cela fait maintenant
près de 15 ans que, pour justifier
la liquidation du droit à la retraite,
se multiplient les campagnes
de propagande, et ce au nom d’un
prétendu bon sens, étayé de surcroît
par « des méthodes scientifiques
indiscutables ».

En réalité, tout repose sur de grands
mensonges, qu’il faut dénoncer en
permanence partout.

C’est ainsi qu’on nous répète que,
l’espérance de vie augmentant, le nombre
de retraités va submerger le nombre
d’actifs au travail
. Le rapport de 4 pour
10 aujourd’hui passerait à 7 pour 10 en
2050. Certes, mais cela ne veut rien
dire, car ce qui est important, c’est le
rapport du nombre d’actifs salariés au
nombre d’inactifs. Car si les retraités ne
cotisent pas, les enfants, les adolescents,
les étudiants, les chômeurs, les femmes
au foyer ne cotisent pas plus. Et là, surprise,
ce chiffre est remarquablement
stable ! Il y a environ 163 inactifs pour
100 actifs aujourd’hui, et dans le pire
des cas envisagés, il y aura 173 inactifs
pour 100 actifs en 2050 ! Ce qui est une
quasi stabilité. Les propres prévisions
des animateurs de la campagne contre
les retraites et la Sécurité sociale, orchestrée
par la Commission de Bruxelles,
annoncent qu’en 2060, le
« surcoût » pour toute la protection sociale
(retraites et pensions, santé, dépendance)
du vieillissement serait de
2,7 point du Produit Intérieur Brut, soit
0,054% par année ! Or rien que de 1980
à 2008, la part de la masse salariale
dans le PIB a chuté de 10% ! Ce qui
s’est traduit par une perte de rentrée
des cotisations sociales énorme.

Les arguments statistiques qui
étayent les spéculations du COR, spéculations
auxquelles participent les syndicats
en matière démographique
au lieu
de les dénoncer, ne tiennent pas la
route.

Tout d’abord, les calculs se font à
partir de projections faites sur la base de
chiffres d’aujourd’hui, c’est-à-dire en
période de crise économique aiguë. Et
donc les rapports répercutent la crise
comme permanente dans son intensité
pour 40 ans : même chômage, même
productivité du travail. Comme on peut
le constater, nos experts sont d’un optimisme
extraordinaire sur l’avenir de
leur système ! Mais au-delà, ce type
d’extrapolation relève du niveau de
Nostradamus. Imaginons des prévisions
de ce type faites en 1913 : qui aurait pu
imaginer la grande boucherie impérialiste
de 14-18, la Révolution d’Octobre,
la crise de 1929, le fascisme et le nazisme
et la Seconde guerre mondiale ?
Et surtout, la base statistique aurait été
catastrophique pour la France en matière
démographique et exceptionnelle
pour l’Allemagne. Or en 1953, c’est le
contraire auquel on assiste. Donnez des
prévisions à 40 ans en partant de 1930,
et c’est l’Enfer de Dante ! Et d’ailleurs,
les projections en la matière en 2003
sont contredites par le fait qu’aujourd-
’hui un pays comme la France a une
démographie positive. C’est la raison
pour laquelle la campagne de 2010 ne
reprend pas les arguments de 2003 (de
même qu’on reste discret sur les fonds
de pension depuis qu’ils se sont effondrés
dans les pays anglo-saxons à la
suite de la crise financière…).

Notons
d’ailleurs que nos prévisionnistes partent
aussi sur l’allongement indéfini de
l’espérance de vie
. Or, si beaucoup plus
de gens vont vivre au-delà
de 80 ans - mais à
condition que cette politique
malthusienne que
sous-tendent les attaques
contre la protection sociale
soit mise en échec -
, l’augmentation du nombre
des plus de 90 ans
sera limitée pour des
raisons naturelles.

Il est évident que
nous, les révolutionnaires
communistes, n’avons
aucune réticence à
ce que l’on prélève des
taxes sur les profits financiers,
spéculatifs.
Bien plus, nous sommes
pour qu’on les confisque
 ! Mais l’argument de
« gauche » sur le financement
de la protection sociale par des
taxes dans ce domaine, est en fait un
argument « de droite »
, bassement réformiste.
Jusque dans les années 80, les
cotisations salariales représentaient
50% du financement. Le patronat versait
50%, le salaire différé. Or après
trente ans, la part prise sur le salaire est
de 78% et le salaire différé ne représente
plus que 12%.
La première mesure
à prendre, c’est de rétablir la parité
(ce qui se traduit par une augmentation
de fait du prix de la force de travail) et
d’augmenter les salaires. Et pas dans 40
ans ! Tout de suite.

Nous pourrions multiplier les
exemples. Mais au-delà, ceux-ci
conduisent à mettre en avant le fait que
le financement des retraites n’est pas le
sujet à l’ordre du jour : ce qui l’est,
c’est la suppression du droit à la retraite.

Par conséquent, ce n’est pas réécrire
la copie du projet qui doit être le
mot d’ordre, mais le retrait de celui-ci et
de toutes les remises en cause ayant eu
lieu depuis 1987.

Cela nécessite une mobilisation sur
des bases claires des travailleurs (donc
sans la CFDT et ceux qui s’inscrivent
dans la démarche mensongère d’une
réforme des financements obligatoires).

Cela nécessite de dénoncer l’Union Européenne
comme l’expression des intérêts
du Capital européen et leurs domestiques
en livrée, « les ours savants de la
social-démocratie
 » (Aragon) et du syndicalisme
jaune.