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Italie : le PC interdit de liste aux Européennes !

dimanche 11 mai 2014

L’UE, c’est le bâillonnement pour les travailleurs !

La démocratie bourgeoise s’est toujours caractérisée par son formalisme : elle est fondamentalement réservée à ceux qui ont les moyens financiers pour en profiter. Mais c’est apparemment encore trop. Et aujourd’hui, dans tous les pays capitalistes, la démocratie bourgeoise fait place à des systèmes politiques autoritaires, qui visent, derrière le maintien du suffrage universel, mais étroitement contrôlé et truqué, à donner à croire à un consensus avec la politique décidée par la seule bourgeoisie monopoliste.

L’UE est véritablement emblématique dans ce domaine : elle accentue cette tendance dans chaque État, en donnant l’impression qu’elle impose ses décisions aux gouvernements, alors qu’elle ne fait que mettre en forme les désidérata du grand capital avec l’accord et le soutien desdits gouvernements. Mais cette tendance à la réaction politique a des prolongements locaux.

Ainsi en Italie, partisans de Berlusconi et renégats de l’ex-PCI, non seulement sont tombés d’accord pour liquider la proportionnelle réelle et tripatouiller le découpage électoral, mais ils y ont rajouté un petit supplément : un parti politique qui n’a pas d’élus sortants ne peut pas présenter de listes aux élections, sauf à réunir des conditions difficilement réalisables.

Pour les élections européennes, cependant, de telles conditions n’étaient pas imposées. Nos camarades du Parti Communiste (Italie), créé en janvier 2014, ont donc présenté une liste (avec la faucille et le marteau comme symbole). Les Verts ont fait de même. Mais le tribunal électoral a tranché : la liste communiste a été refusée, sous prétexte qu’elle n’aurait pas de liens au Parlement Européen, la faucille et le marteau n’étant pas le logo d’un des groupes existants. Le fait que le KKE ait la faucille et le marteau comme logo, et que le Parti Communiste (Italie) participe à l’Initiative des Partis Communistes et Ouvriers d’Europe, dont deux partis le KKE et le Parti Socialiste Letton aient des élus à Bruxelles, a dédaigneusement été écarté par le tribunal. Quant aux Verts, dont la liste au demeurant ne remplissait même pas les conditions légale de présentation, le tribunal a accepté leur candidature, sous prétexte qu’ils participaient d’un mouvement européen ayant un groupe parlementaire. Il est vrai que le Parti Communiste, comme l’a rappelé son Secrétaire général, le camarade Marco Rizzi, est contre l’Union Européenne et le capitalisme, pour le socialisme vers le communisme, ce qui n’est pas le cas des Verts ! Par cette double décision, les autorités italiennes mettent en évidence la volonté de la bourgeoisie à l’échelle de l’UE d’empêcher la classe ouvrière et les couches populaires d’avoir une expression politique électorale propre, et de favoriser les mouvements petits-bourgeois qui tentent de faire dévier le mécontentement sur des questions secondaires. Cette décision a lieu d’autre part dans une situation politique marquée par le soutien de l’UE aux fascisto-nazi en Ukraine, comme par les mesures de criminalisation du communisme en Europe centrale et orientale, et les tentatives de les étendre à toute l’UE.

L’URCF dénonce la décision scandaleuse interdisant aux communistes italiens de présenter leur liste et exprime sa solidarité avec le Parti Communiste (Italie).