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CONFERENCE INTERNATIONALE DES PARTIS COMMUNISTES ET OUVRIERS - BRUXELLES, le 2 OCTOBRE 2014

samedi 25 octobre 2014

Intervention de l’Union des Révolutionnaires-Communistes de France :

LE COMBAT CONTRE LA POLITIQUE DE L’IMPERIALISME FRANÇAIS ET D’AUSTERITE DE LA SOCIAL-DEMOCRATIE

En 2014, nous avons assisté à la brutale aggravation de la crise du capitalisme avec l’intensification des contradictions entre pays et blocs impérialistes. Les guerres deviennent plus que jamais le moyen d’affaiblir, d’encercler ses concurrents et d’occasionner un nouveau repartage du monde (Ukraine, Irak, Gaza).

Pour réaliser leurs objectifs, les impérialismes des Etats-Unis et de l’Union européenne, principaux instigateurs des guerres n’hésitent pas à s’appuyer sur les forces nazies-fascistes comme en Ukraine. La politique de discriminations, l’anticommunisme bestial avec l’assassinat de militants comme à Odessa, la volonté d’interdire les organisations et symboles communistes, montrent que l’impérialisme est l’adversaire des libertés démocratiques.

Tous ces faits montrent que la lutte de classe actuelle se déroule sur fond d’une crise aigue de surproduction et de suraccumulation des capitaux dont les racines ne proviennent pas, comme le prétend l’opportunisme contemporain des « dérives financières » d’un système que l’on devrait simplement « humaniser » et « assainir ».

Ces racines se trouvent dans le mode de production capitaliste lui-même, confirmant pleinement le concept léniniste de capitalisme pourrissant et parasitaire propre au stade impérialiste. Nous vivons toujours à l’ère de l’impérialisme et des révolutions socialistes.
On peut parler de sénilité du capitalisme puisque les politiques d’austérité mises en œuvre partout pour accroître la compétitivité de « leurs » monopoles, affaiblir leurs concurrents, détruire le capital excédentaire en paupérisant la majorité des travailleurs, engendreront une résistance populaire de plus en plus forte et en dernière instance aggraveront la crise du capitalisme.

En France sévit une crise multiforme d’ampleur, récession sur le plan économique, austérité sur le plan social avec l’appui ou la passivité des bureaucrates syndicaux. La dimension de la crise politique mérite attention.

Le pouvoir du Capital (dictature) repose sur l’alternance mystificatrice entre la droite et la social-démocratie (avec le soutien électoral du Parti communiste français/Parti de la gauche européenne (PCF/PGE). Droite et social-démocratie sont en consensus total sur les questions cardinales : application de la stratégie fixée par le Capital, construction d’une Union européenne impérialiste, politique d’austérité tous azimuts, défense des intérêts des monopoles et de la politique de guerre de l’impérialisme français et de l’OTAN.

Cette identité de classe de la politique de la droite et de la social-démocratie entraîne une méfiance grandissante à l’égard de la représentation politique. Lors du référendum sur le Traité constitutionnel européen, les partis des monopoles : droite et social-démocratie (90 % des parlementaires) appelaient au OUI) et le NON l’emporta par 56 % des suffrages.

Aux dernières élections municipales et européennes, la majorité des électeurs populaires et de la classe ouvrière se sont abstenus exprimant leur mécontentement et rejet des politiques antisociales et anti-ouvrières.

Le président de la République Hollande, alors candidat avait déclaré « l’ennemi c’est la finance » ; sans surprise et dans le même temps, il rassurait les milieux financiers à l’étranger « vous n’avez rien à craindre de nous ».

Aujourd’hui, la déception de ceux qui ont été une fois de plus dupés par la social-démocratie, grâce à la complicité de l’opportunisme du PCF-PGE, est plus forte que jamais, car le gouvernement social-démocrate poursuit et aggrave le processus de liquidation des conquêtes sociales obtenues par les luttes et grèves de la classe ouvrière et par l’existence et les pressions qu’exerçait le camp socialiste sur les bourgeoisies de tous les pays.

Ces conditions favorables ont disparu et la social-démocratie aux affaires pille toujours plus les revenus du travail pour les distribuer au Capital. Qu’on juge de l’ampleur des cadeaux faits à la classe capitaliste sous prétexte de « relancer la compétitivité » des entreprises françaises et de respecter les critères de convergence sur les déficits : 40 milliards d’exonérations fiscales, 50 milliards de réduction des dépenses publiques, 230 milliards d’aides diverses aux entreprises.

Le capitalisme, c’est toujours plus d’exploitation, de chômage de masse, de paupérisation de la majorité de la population, de précarité et de flexibilité des emplois.

Cette politique fait évidemment le lit des forces fascistes. Les médias capitalistes parlent du Front national- parti de type fasciste comme « le premier parti dans la classe ouvrière ». La réalité est toute autre.
Plus de 70 % du prolétariat s’abstient aux élections, les fascistes recueillent 30 % des ouvriers votant. La montée du courant nationaliste, xénophobe et fasciste est encouragée par la social-démocratie qui y voit un moyen de rester au pouvoir. Les communistes doivent déjouer le piège, rejeter le chantage de la social-démocratie et combattre résolument la politique anti-ouvrière et anti-populaire du Capital tout en portant leurs coups également contre les forces réactionnaires et fascistes

Dans cette situation dramatique, les responsabilités de la stratégie opportuniste des années 60 liée aux thèses du XXème congrès du PCUS sont particulièrement grandes.

Cette stratégie « d’union de la gauche » entre le Parti communiste et la social-démocratie, autour d’un programme de réformes dans le cadre du système capitaliste, a assuré une hégémonie puissante au réformisme, liquidé l’identité révolutionnaire du Parti communiste français (PCF), affaibli sensiblement le syndicalisme de lutte de classe et renforcé de fait le capitalisme.

Cette politique « d’union des forces de gauche » avec la social-démocratie demeure celle des opportunistes et révisionnistes. Par « dépassement du capitalisme », l’opportunisme entend dans le cadre même des rapports de production capitalistes, proposer un aménagement « social » du système d’exploitation, l’insertion dans une UE rénovée dans le cadre du pouvoir des monopoles, pour aboutir, jugez du flou à une « société plus humaine et juste ».

Aux dernières élections européennes, ce programme a été loin de convaincre le mouvement populaire.

Dans les entreprises et quartiers populaires avec nos tracts, avec les appels de « l’Initiative des partis communistes et ouvriers d’Europe », nous avons pu mesurer l’écho d’une ligne résolument opposée à l’UE impérialiste, à l’OTAN, agissant pour la rupture avec ces instances impérialistes, dans la perspective de lutte pour le socialisme.

L’impérialisme français incarne le maximum de bellicisme en Europe. Après avoir détruit la Libye, armé et renforcé les terroristes islamistes sous l’ancienne présidence (Sarkozy) ; Hollande a poursuivi et aggravé la politique de guerre de l’impérialisme français puisque la France est engagée dans des guerres dans trois pays, Mali, Centrafrique, Irak et on sait combien la France a été l’artisan le plus actif en 2013 pour une intervention impérialiste en Syrie.

L’impérialisme français agit à la fois comme premier lieutenant des Etats-Unis dans l’OTAN mais aussi pour servir les propres intérêts de ses puissants monopoles comme TOTAL ou AREVA.
L’Union des Révolutionnaires Communistes de France voit dans la lutte anti-guerre, un axe important du combat de classe. Comme en 1914, tous les partis bourgeois et petits-bourgeois prônent l’union sacrée autour des intérêts du pays, c’est-à-dire de la classe capitaliste française et soutiennent la politique belliciste. Les opportunistes du Front de Gauche ne font pas défaut et soutiennent les interventions armées à condition qu’il n’y ait pas « d’escalade militaire », dans le droit fil du kautskysme !

Pour notre part, nous relions la dénonciation des guerres impérialistes en général et françaises en particulier, en les liant au combat revendicatif des travailleurs, pour refuser que le fardeau de la crise du capitalisme soit payé par ses victimes.
La reconstruction d’un parti communiste en France continue de retarder sur les conditions objectives.

Il y a à cela plusieurs causes. Tout d’abord, le PCF garde sa dénomination « communiste » et trompe ainsi les travailleurs. La division entre groupes communistes joue négativement. Les divergences ne sont pas secondaires, cependant puisqu’elles portent sur le degré de rupture avec la stratégie opportuniste des années 60. Certaines organisations se tournant encore vers une étape intermédiaire à caractère national ou antilibéral à la lutte pour le socialisme ou prônent encore la lutte interne dans le PCF servant ainsi de caution de « gauche » à l’opportunisme.

Le mouvement syndical voit ses directions intégrées à l’Etat bourgeois et à l’Union européenne, ce qui place le mouvement ouvrier sur la défensive, chaque grève restant limitée au plan local ou corporatif par les bureaucraties syndicales.

L’URCF agit pour la solidarité de classe et appelle au soutien multiforme des grévistes, ses militants aussi sont engagés dans le déclenchement des grèves comme celle de 13 jours des cheminots.
L’Union des Révolutionnaires-Communistes de France a conscience d’être un détachement modeste du mouvement communiste international mais fondant ses activités sur le marxisme-léninisme et l’internationalisme prolétarien, nous avons renforcé notre organisation.

C’est pourquoi nous sommes très attachés à œuvrer à consolider « l’Initiative des Partis communistes et ouvriers », à apprendre de l’expérience des Partis frères.
Notre conférence internationale « 1914-2014 : un siècle de trahison de la social-démocratie » qui a rassemblé, le Parti Communiste de Grèce, le Parti Communiste ouvrier de Russie, l’Union des Communistes d’Ukraine, le Parti communiste des Peuples d’Espagne, le Parti Communiste/Sinistra popolare, le Parti d’Avant-garde pour la démocratie et le socialisme (Algérie) et l’URCF a été un grand succès ; que les partis frères soient vivement remerciés !

Notre politique s’est traduite, cette année, par un renforcement de notre organisation qui accorde la priorité au travail dans les entreprises, pour assurer un caractère prolétarien au Parti que nous voulons construire. C’est un développement de notre politique visant à renforcer le facteur subjectif révolutionnaire, puisque nous centrons la stratégie sur le socialisme comme seule alternative au capitalisme

Nous avons forgé de nouvelles sections communistes dans les entreprises, avec une diffusion massive des journaux de sections qui suscitent un réel intérêt chez les travailleurs.

Nous nous sommes renforcés dans la jeunesse populaire et en 2015, nos jeunes camarades vont fonder une organisation de la jeunesse révolutionnaire-communiste.

C’est le résultat de notre stratégie ferme liant le combat contre l’Union européenne, l’OTAN, pour les revendications sociales et démocratiques à la nécessité d’œuvrer à la conscientisation de l’avant-garde dans la classe ouvrière, sur la nécessité de renverser le capitalisme par la révolution socialiste pour instaurer le socialisme avec le pouvoir de la classe ouvrière et de ses alliés.