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PAS DE REVOLUTION SANS PARTI REVOLUTIONNAIRE !

octobre 2007

Cette année, nous allons célébrer le 90ème anniversaire de la Révolution Socialiste d’Octobre, événement véritablement fondateur de l’Histoire moderne, où, pour la première fois, les exploités et opprimés ont renversé victorieusement leurs exploiteurs. La révolution soviétique est avant tout l’œuvre du prolétariat russe, de la paysannerie victime des survivances féodales, du mouvement des nationalités opprimées dans cette « prison des peuples » que constituait la Russie tsariste. Pour vaincre, l’avant-garde du prolétariat a dû se doter d’un instrument puissant de luttes révolutionnaires : le parti communiste des bolcheviks. Un parti de cette nature fait cruellement défaut en France. Fonder un tel parti est un chemin relativement inexploré puisque le PCF est né principalement grâce à la IIIème Internationale Communiste. Du travail de construction du parti bolchevik, nous pouvons tirer certaines leçons universelles.

Les étapes de la création du parti.

La question de créer un parti marxiste de la classe ouvrière s’est posée en Russie avec le développement du capitalisme et l’aggravation de l’exploitation dans les rapports de production. Les révolutionnaires étaient alors majoritairement regroupés sous la bannière du populisme, avec sa tactique erronée du terrorisme individuel, sur fonds d’apologie de la communauté rurale russe et de la peur du développement industriel. Lénine et Plekhanov, parmi les premiers marxistes, combattirent résolument ce courant, qui tout en s’affirmant pour la révolution, regardait du côté des forces sociales condamnées par l’évolution économique. Lénine affronta aussi le courant qualifié de « marxisme légal ». Les porteurs de telles vues reprenaient certains concepts du marxisme, mais dissociés de la lutte de classe. Les marxistes légaux misaient sur la bourgeoisie comme dirigeante de la révolution démocratique anti-tsariste et sur la subordination de la classe ouvrière aux intérêts et vues du capital naissant. Lénine montra que la première condition de la création du parti consiste à infliger une défaite aux courants qui nient la nécessité du parti ou qui y font obstacle en s’opposant dans les faits à une politique indépendante du prolétariat. Dans la France contemporaine, cela passe par la lutte idéologique contre l’avatar mutant du révisionnisme du PCF, qui inscrit son action dans le cadre de l’aménagement du capitalisme. Cela passe aussi par la réappropriation par le mouvement ouvrier de l’héritage de l’Internationale et des classiques sur la théorie matérialiste de l’État. Cela passe enfin par l’affirmation du socialisme comme seule alternative.

L’organisation pré-parti et la lutte dans la classe ouvrière.

Lénine et Plekhanov fondèrent « l’Union de lutte pour la libération de la classe ouvrière » qui fut la réunion des premiers cercles marxistes. Au début, « processus de développement utérin » (Lénine), l’Union de lutte agissait sur le seul terrain de la propagande. Très vite, Lénine fixa à son organisation l’objectif de se lier au mouvement de masse afin, à terme, d’en prendre la direction. De la propagande du marxisme auprès d’un petit nombre d’ouvriers avancés, Lénine proposa de passer à l’agitation politique dans les grandes masses de la classe ouvrière, autour de ses revendications économiques : durée du temps de travail, salaires, conditions de vie et de labeur mais en liant ces dernières à la lutte politique pour le renversement du tsarisme. Sous la direction de Lénine, l’Union de lutte fut la première organisation à opérer la « fusion du mouvement ouvrier et du socialisme scientifique », condition décisive de création du parti marxiste révolutionnaire. En France, l’URCF est née de la nécessité du passage du stade de propagande (étape de la Coordination communiste) à l’agitation dans les larges masses ouvrières. D’autres groupes communistes sont confrontés à la même tâche ; d’autres plus petits en restent à l’étape de propagande. Le renforcement de l’URCF dans la classe ouvrière atteste du début de processus de fusion avec le prolétariat (cf. notre Conférence nationale des sections d’entreprise). C’est là une contribution importante de notre organisation au combat commun des forces ML pour la fondation du parti.

La nécessité d’un organe de presse « l’Iskra » pour fédérer les cercles.

A chaque étape de développement, l’opportunisme revêt des formes différentes. Le mouvement ouvrier russe était alors en plein essor ; les grèves regroupaient des centaines de milliers de travailleurs. Certains marxistes, éblouis par ces luttes, théorisèrent sur l’idée que le prolétariat devait se cantonner aux revendications économiques pour se fortifier, laissant le combat politique contre le tsarisme à la bourgeoisie. Cette déviation : « l’économisme », est la source des déviations opportunistes dans le mouvement ouvrier : en s’inclinant devant le caractère spontané des luttes sociales, il les situerait uniquement dans le cadre des rapports de production capitalistes ! Lénine fonda l’Iskra (l’Etincelle) comme organe de presse visant à regrouper les marxistes disséminés dans toute la Russie et à préparer le Second congrès du POSDR (parti ouvrier social- démocrate de Russie), c’est-à-dire la création effective et non formelle du parti. La lutte contre l’économisme revêt un caractère indispensable. En France, ce courant a de puissantes racines, tant avec l’anarchosyndicalisme, qu’avec un mouvement comme « Lutte ouvrière ». Ils perpétuent le courant révisionniste dont les objectifs sont :« la lutte dans l’entreprise au syndicat, la lutte électorale au parti » ! Notre campagne « Accusons le capitalisme » vise à rompre avec cet héritage négatif, en reliant chaque revendication sociale, chaque réforme réactionnaire, à la source des maux : la propriété monopoliste et l’État bourgeois. Enfin, dernière condition objective de fondation du parti, la croissance et la radicalisation du mouvement ouvrier. C’est bien parce qu’il existe un puissant courant de lutte de classe dans le prolétariat, que les marxistes y ont des facilités pour développer la conscience révolutionnaire. En échange, la dialectique du réel, le lien avec les masses font progresser les militants révolutionnaires dans la définition d’une tactique appropriée à chaque étape de la lutte pour la révolution. Lutte idéologique contre les courants antimarxistes, travail d’agitation au sein des larges masses ouvrières (avant la création du parti), combat permanent contre l’opportunisme, c’est-à-dire l’incapacité à opérer une liaison entre les luttes sociales pour se défendre au quotidien et le combat politique général pour le renversement du capitalisme, telles sont quelques unes des leçons universelles du bolchevisme.