Accueil > France > Année en cours > L’URCF au 7 ème congrès de Communistes.

L’URCF au 7 ème congrès de Communistes.

mercredi 10 décembre 2014

Rolande PERLICAN (fondatrice de Communistes) a ouvert le congrès en saluant la présence de nos camarades de l’URCF (Union des Révolutionnaires Communistes de France), Jean Luc SALLE secrétaire général et Alain BOISJOT membre du Bureau politique qui ont répondu chaleureusement à l’invitation de notre Parti.

Leur présence n’est pas fortuite. Des échanges ont eu lieu ces derniers mois entre nous. Il en est résulté un constat et une proposition.
R. Perlican fait un court rappel « historique ». Il s’est avéré de plus en plus clairement, après le programme Commun, la présidence de Mitterrand, la défaite de l’URSS, que le PCF poursuivait « son virage social-démocrate ».
Des militants qui souhaitaient garder un parti révolutionnaire se sont exprimés dans les fédérations, les sections. Je me suis exprimée devant le Comité Central dont j’étais membre.

Des groupes opposants, plus ou moins importants se sont formés à l’intérieur du PCF. C’est le cas de la Coordination en 1991 et d’autres, en particulier après 1997 quand le PCF, pour la seconde fois, a décidé de participer au gouvernement socialiste Jospin. Certains de ces groupes existent encore aujourd’hui, liés peu ou prou au PCF.
Des camarades qui lisaient mon intervention dans l’Humanité m’ont contactée, nous en avons-nous-mêmes contacté d’autres. Nous nous réunissions pour faire le point, à ce moment là- dans le PCF. Notre constat que ses dirigeants poursuivraient son évolution sociale-démocrate nous a amenés à prendre la décision de le quitter en mars 2000 au 30ème congrès

Un Parti révolutionnaire est indispensable à la classe ouvrière et au peuple, nous avons décidé d’en créer un. En mai 2000, des camarades se sont réunis, ils ont lancé un appel à la création de ce parti dont le 1er congrès a eu lieu en mars 2002. Nous l’avons appelé « Communistes ».
L’URCF n’existait pas en 2002. Les circonstances historiques faisaient que nos camarades étaient membres depuis 1991 de la « Coordination ».

Ils ont ensuite eux-mêmes créé les conditions de leur évolution avec la création de l’URCF. Jean Luc vous l’expliquera.
Aujourd’hui le moment est venu de conjuguer nos forces pour travailler ensemble à faire franchir une nouvelle étape à ce Parti révolutionnaire qui nous sera commun ».

 
J.L. SALLE secrétaire général de l’URCF s’est adressé aux congressistes au moment de l’ouverture du congrès :
 

« Chers camarades,
Je voudrais tout d’abord, au nom de l’Union des Révolutionnaires-Communistes de France, vous remercier chaleureusement, en particulier votre secrétaire national Antonio Sanchez, de votre invitation fraternelle au 7ème Congrès de votre Parti et Rolande Perlican pour son discours d’accueil.

En 1991, confrontés à la fois à l’achèvement de la mutation réformiste du PCF et à la victoire de la contre-révolution en URSS, nous avons participé à la création de la Coordination Communiste qui était unie sur l’objectif de défendre l’identité communiste dans le PCF.
La Coordination Communiste remporta quelques succès mais se heurta plus durement sur la stratégie : reconquérir le PCF ? ou rompre pour reconstruire un Parti communiste véritablement marxiste-léniniste ?
En mars 2000, lors du 30ème Congrès du PCF, la majorité de la Coordination (aujourd’hui URCF) opta pour la rupture et s’engagea à faire renaître un Parti révolutionnaire, au prix de la scission des minoritaires dans nos rangs.

Dans le même temps et depuis plusieurs années, Rolande Perlican menait un combat résolu contre l’opportunisme et regroupait aussi beaucoup de militants ; ce qui a abouti à la création de votre Parti en 2002.

Avant même de créer l’URCF en 2004 et après, nous avons dû construire notre unité politique et théorique et affronter l’opportunisme sous diverses formes.
L’URCF a axé le travail militant principalement dans et en direction des entreprises ; nous avons acquis une solide unité politique et avons progressé dans la classe ouvrière, colonne vertébrale d’un véritable parti communiste et chez les jeunes.
Nous avons des statuts, un Programme de luttes pour le socialisme, un Comité central, nous constituons une organisation véritablement pré-parti.

Parallèlement, nous n’avons jamais ignoré qu’en créant « Communistes », vous étiez la seule organisation, avec l’URCF, à avoir rompu réellement avec le parti opportuniste et réformiste.
Nous avons toujours suivi avec beaucoup d’attention et d’intérêt le travail sérieux de votre Parti. Nous avons mesuré les convergences stratégiques et politiques existantes.
Nous avons établi un constat commun. Vous avez acquis une expérience précieuse et des résultats en tant que Parti révolutionnaire.
L’URCF est proche de se transformer en Parti et va fonder une Jeunesse Communiste.

L’efficacité et l’intérêt des travailleurs commandent que tout soit fait pour concrétiser l’unité des révolutionnaires en un seul parti.

Aussi, d’un commun accord, nous avons décidé d’œuvrer à un processus d’unification de nos deux organisations en un seul Parti des communistes avec pour objectif central le renversement du capitalisme, de son mode de production et de son Etat par l’instauration du socialisme.
Nous savons l’écho et les espoirs que cela va susciter. La dynamique révolutionnaire qui en sera la conséquence puisque un Parti plus fort, plus ancré chez les travailleurs, les quartiers populaires et la jeunesse en sera le résultat.
Nos responsabilités sont grandes mais nous sommes confrontés tous ensemble à une tâche enthousiasmante ! 
C’est pourquoi l’URCF avec ses militants est prête à s’engager côte à côte avec vous dans un processus d’unification ».
 

 
Antonio SANCHEZ Secrétaire National de « Communistes » prend la parole :
 
« Merci à nos camarades de l’URCF d’avoir répondu à notre invitation à participer à notre congrès. Merci à Jean Luc Sallé pour son intervention et ses vœux de succès à notre congrès.

Voilà plus de 12 ans que nous avons créé ce parti révolutionnaire parce qu’il n’y en avait plus en France et qu’il était urgent de donner à la classe ouvrière et au peuple de notre pays, cet outil indispensable pour mener son combat de classe contre le capitalisme.
Nous pensons que le moment est venu de mettre en commun nos forces avec celles de l’URCF qui a les mêmes objectifs, les mêmes orientations que notre parti, pour construire ensemble ce parti révolutionnaire.
Construire ensemble ce Parti, répond tout à fait à la nécessité, à l’intérêt de la lutte des travailleurs de France.

D’un commun accord nous avons décidé comme l’a dit Jean Luc de créer les conditions pour réaliser cet objectif dans les prochains mois.

Nous sommes persuadés qu’ensemble, avec l’expérience, les capacités des uns et des autres, avec notre détermination commune, nous construirons un parti révolutionnaire, plus fort, plus influent, qui comptera dans la vie Nationale.
Je suis convaincu que notre décision commune aura sans aucun doute un écho important »
 
Les interventions de R. Perlican, de J.L. Salle, A. Sanchez ont été chaleureusement applaudies.
 
Le congrès de Communistes a donné mandat à son Comité National pour mettre en œuvre cette décision commune avec notre organisation.

Discours de clôture de l’URCF au 7ème Congrès de « communistes »

Chers camarades,

Hier, je souhaitais plein succès à votre Congrès. L’objectif a été accompli et vous pouvez être légitimement fiers de vos travaux.

La qualité du rapport de Tonio Sanchez et des interventions des congressistes permettent la compréhension de manière concrète des souffrances immenses engendrées par le capitalisme dans le monde. Capitalisme qui constitue plus que jamais l’obstacle à la satisfaction des besoins matériels et culturels même les plus vitaux.

Sur le plan de l’analyse de la situation en France, vous avez montré la capacité de « Communistes » à relier la question des luttes à l’entreprise avec l’analyse de la stratégie du Capital.

Vos interventions montrent que nous avons des convergences pour dénoncer et lutter contre les Partis du Capital : UMP, PS, FN ; combat indissociable de la lutte contre l’opportunisme
c’est-à-dire, les divers tenants de l’aménagement du capitalisme y compris les directions syndicales intégrées au système et à l’Union européenne.

Nous avons apprécié votre mise en avant, partout des luttes, ces dernières, même isolées, et laissées sans véritable solidarité de classe et sans direction stratégique, ont d’autant plus un caractère d’exemplarité. Notre responsabilité commune est de faire connaître et populariser ces luttes et grèves.

Comme vous et à contre-courant, nous montrons que les monopoles dirigent les États, les gouvernements et les instances impérialistes.
Le 21ème siècle voit les contradictions inter-impérialistes entre multinationales et États se manifester avec une acuité qui n’est pas sans rappeler l’avant 1914.

Les guerres et le recours au fascisme comme en Ukraine sont le produit du mode de production capitaliste et le moyen barbare pour détruire les capitaux en excès et les forces productives et essayer de conjurer la crise.

La lutte anti-guerre et contre le fascisme est donc avant tout une lutte contre le capitalisme.

L’opportunisme dans le mouvement communiste international et la contre-révolution en URSS ont détruit nombre de Partis communistes ; mais la reconstruction s’opère internationalement, nous pensons que l’unification de « Communistes » et de l’URCF va créer un Parti plus fort qui jouera le rôle qui doit être le sien dans le mouvement communiste international.

Enfin, votre Congrès a réaffirmé avec force votre engagement pour abattre le capitalisme. Nous avons une analyse partagée de la nature de la crise qui est bien celle du mode de production capitaliste (et non la seule « crise financière ») dont on peut se demander si elle n’indique pas la sénilité incurable du système d’exploitation.
Mais le capitalisme ne tombera pas de lui-même comme un fruit pourri. Le changement de mode de production et de société exige une révolution !


Comment construire l’alternative véritable : le socialisme ?

Nos deux organisations ont rompu avec l’héritage opportuniste des années 60 qui déconnectait les tâches intermédiaires du but final stratégique : le socialisme.

Dans l’immédiat, les communistes révolutionnaires ont pour mission de soutenir et développer les luttes pour se défendre afin que les capitalistes responsables de la crise en soient les payeurs. Nous devons faire grandir la colère contre le pacte de responsabilité qui institutionnalise les aides publiques au Capital, la collaboration de classes et légifère sur le transfert de l’argent des travailleurs dans les poches du Capital.

Défense des emplois, (salaires et pensions), satisfaction des besoins sont les clés du contenu des luttes quotidiennes, mais nous devons avancer dans les luttes, des mots d’ordre politiques comme la nationalisation sans indemnisation des services publics privatisés et des monopoles casseurs d’emplois, la défense des droits démocratiques afin de permettre aux forces ouvrières d’être représentées dans les instances élues avec la proportionnelle intégrale, la défense de la souveraineté nationale contre l’UE et l’OTAN, la lutte contre la guerre à un moment où l’impérialisme français se montre le plus belliciste d’Europe.

A PSA Aulnay, en avançant le mot d’ordre de nationalisation sans indemnisation, nous n’avons pas gagné la bataille mais nous avons élevé des consciences en mettant au premier plan pour transformer révolutionnairement la société, la remise en cause de la propriété capitaliste les moyens et instruments de production et de l’État des monopoles qu’il faut abattre pour que les nationalisations aient un caractère véritablement socialiste.

La lutte pour le socialisme exige la défense résolue de la première expérience de construction du socialisme en URSS, la clarté sur la période ascendante avec des réalisations économiques et sociales inouïes et la période descendante
où l’opportunisme et la négation de la lutte de classe couplés aux réformes de marché ont alimenté la contre-révolution de 1991.

Enfin, je voudrais remercier tous les congressistes pour leur accueil fraternel. Nous avons avec émotion, suivi votre vote unanime en faveur du processus d’unification, l’URCF sera à la hauteur de ses responsabilités, soyez en sûrs camarades.

JL. Sallé, Secrétaire général de l’URCF.