Accueil > Documents URCF > L’URCF et l’UNITÉ DES COMMUNISTES

L’URCF et l’UNITÉ DES COMMUNISTES

2007

Récemment, lors d’une manifestation, un adhérent du PCF interpelle une de nos militantes : « Vous n’avez pas le droit de vous appeler communiste, depuis le Congrès de Tours, c’est nous ! ».

Éternelle question du rapport entre la forme et le contenu. Il existe en France, un parti qui n’a pas modifié son nom, à la différence des liquidateurs des autres partis communistes. Pour autant, si l’on parle de Tours et de la fondation du parti, que reste t-il des 21 conditions ? Aucune n’anime l’action du PCF ! Sa direction revendique cet abandon, puisque Francette LAZARD se félicitait de la rupture avec le modèle léniniste, bolchevique. (28 et 29ème Congrès). Que doivent faire les marxistes-léninistes, partisans des principes matérialistes : révolution, socialisme dans la perspective du communisme, dictature du prolétariat au lieu de celle du capital monopoliste ?

Constituer un ornement gauche, un peu vain, d’un parti devenu social-démocrate quant à ses objectifs ? Non, bien sûr, parce que nos convictions sont profondes. Nous avons opté pour que renaisse un véritable parti révolutionnaire dans ce pays. Deux vagues de militants ont quitté le PCF avec l’objectif de continuer « Tours ». Dans les années 60, des militants du PCF défendirent les orientations anti-révisionnistes du Parti Communiste Chinois et du Parti du travail d’Albanie. Exclus, sans qu’ils aient eu la possibilité d’une longue lutte interne, ils fondèrent le PCMLF. De ce courant, subsistent outre de petits groupes, le PCOF (Parti Communiste des Ouvriers de France), et le Collectif Militant Communiste. Dans les années 90, la contre-révolution en URSS, la social-démocratisation du PCF, après des décennies de révisionnisme, poussèrent des militants communistes à s’organiser. La vie a tranché entre ceux qui voulaient « reconquérir le PCF » et ceux qui voulaient « reconstruire » un nouveau Parti. La défense du marxisme-léninisme a conduit les militants de ces deux vagues de ruptures (ce sont parfois les mêmes), à se rapprocher sur le plan théorique et sur cet objectif : faire renaître un Parti véritablement communiste, véritablement marxiste-léniniste. Le résultat est actuellement l’éparpillement des forces, l’existence de 5 ou 6 organisations communistes actives dans le pays, avec une influence évidemment différente. Ce « pluralisme » a des causes objectives : la date de rupture avec le PCF, l’implantation dans telle région, les divergences historiques ou actuelles. Parfois aussi, des causes subjectives : refus de l’unité sous divers prétextes, sectarisme. L’URCF a dû lutter contre cette tendance à se concevoir comme l’embryon unique du futur Parti et ce au prix de l’autocritique. Est-ce à dire que nous nous sommes ralliés à l’unité sans principe ? Non, notre position s’est affinée : nous avons rencontré d’autres organisations qui avaient leur propre expérience, leurs analyses parfois convergentes, d’autres fois divergentes, mais qui étaient authentiquement communistes. Avec le Collectif Militant Communiste, né pour contribuer à l’unité des communistes en vue de la fondation d’un Parti, nous avons travaillé rejoints par la « Coordination Communiste du Nord et Pas-de-Calais », puis momentanément par « Communiste en lutte ». Ensemble, nous avons appelé au boycott des élections européennes. En 2005, à l’occasion du référendum, le Pôle de Renaissance Communiste en France et le PCOF ont participé au Front unique, dont le point culminant fut le meeting du 5 mai, pour la victoire du NON au référendum. Meeting qui a connu le succès avec 350 participants (un jour férié !). De plus, la tonalité internationaliste et combative du meeting a suscité l’enthousiasme, notamment des jeunes. Nous avons mesuré nos capacités de mobilisation ensemble. Un participant faisait remarquer, qu’à la prochaine initiative, nous serions le double. Car la division affaiblit nos forces alors que l’élan unitaire créera une dynamique. A nous, collectivement de prolonger dans l’action, ce qui est né le 5 mai.

Comment renforcer l’unité ?

Les propositions de l’URCF.

La première condition de l’unité est l’identité revendiquée et affirmée de chaque composante. L’adoption de nos « 200 thèses pour une identité révolutionnaire-communiste », organisant la rupture non seulement avec le révisionnisme moderne mais aussi avec ses survivances, nous a donné une physionomie politique et idéologique claire. Tant que nous n’avions pas tranché ces questions, agir pour l’unité pouvait nous mettre en « péril ». Le sectarisme est la conséquence de l’incapacité à défendre ses vues face aux déviations opportunistes. On ne sait comment argumenter, alors, on s’isole !

La seconde condition de l’unité est la recherche de toute action commune pour affaiblir l’ennemi. En haut et à la base, les militants, en frappant l’adversaire de classe, apprennent à travailler ensemble. C’est aussi un des acquis de la campagne du référendum, même si nous ne sommes qu’au début du processus. La pratique est première, parce qu’elle n’exige pas d’accord approfondi ; seulement la compréhension que l’unité d’action favorise la pratique de masse, autour d’une plate-forme minimale.

Troisième condition, la défense et le positionnement marxistes-léninistes. Certains camarades, parfois pressés, nous disent, vous êtes d’accord sur les grands principes, alors pourquoi, ne pas s’unir rapidement ? L’expérience nous montre que les divergences surgissent sur la compréhension des principes, sur les tactiques à mettre en œuvre, en réponse à « l’analyse concrète d’une situation concrète ». Tout rapprochement artificiel, non vérifié en profondeur, conduira à des divisions accentuées ! Certains des camarades dirigeants des autres formations sont issus de la coordination communiste originelle. Si nous avons eu des ruptures, c’est bien parce que le cadre de luttes (une coordination), n’était plus adapté à la confrontation pratique et idéologique. L’unité sans principes et sans vérification sur le terrain, conduirait à la naissance d’un parti du type Refondation italienne, où la coexistence des divers courants engendre à chaque heure le social-démocratisme, atmosphère où pullule naturellement le trotskisme. Faire renaître un véritable parti marxiste-léniniste exige l’unité d’action dans la pratique et la confrontation idéologique, non par anathèmes, mais par la démonstration scientifique appuyée par le matérialisme-historique et dialectique. Tout en continuant à développer et renforcer notre organisation l’URCF, (et dans la dernière période, nos progrès se sont traduits qualitativement et quantitativement), nous agirons pour que la question de l’unité des communistes et à terme de l’union des communistes dans un parti unifié, authentiquement révolutionnaire, grandisse et soit posée par des camarades toujours plus nombreux. L’unité de l’avant-garde du prolétariat ne peut se réaliser que si existe une seule organisation reconnue par les masses comme « LE » parti communiste. Nous proposons que tant l’unité d’action que la confrontation théorique soient organisées dans une Confédération d’action des communistes, avec 2 délégués par organisation signataire. Évidemment, cette proposition prendra le temps nécessaire pour entrer dans la vie. Elle implique l’indépendance de chaque composante qui conduit sa politique en toute liberté, comme la possibilité de relations bilatérales, parfois inégales. Ce n’est pas un secret qu’avec Le Collectif militant communiste, notre unité est approfondie. Cette Confédération aurait pour mission d’établir une plate-forme minimale sur chaque action concrète commune et de confronter les analyses. L’unité d’action et le travail de vérification idéologique sans concession sur les principes, telle est la voie de la construction du parti communiste, ouvrier et marxiste-léniniste