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Rentrée des classes : l’école publique dans les serres du Capital

mercredi 2 septembre 2015

Le 1er septembre, jour de rentrée des élèves, F. Hollande est venu au secours de sa ministre de l’Éducation, en difficulté sur deux terrains : celui des emplois effectivement créés (bien loin des 60 000 postes promis) et celui des très contestées « réformes » sur les rythmes scolaires et sur le collège.

Derrière les discours creux évoquant « l’école, patrimoine de la Nation », sur l’air de « Tout va bien , Madame la Marquise », nous savons que Hollande et consorts ont en tête les injonctions des monopoles à l’échelle européenne (notamment depuis la « stratégie de Lisbonne » de 2000) : produire de « l’employabilité » et de la compétitivité à moindre coût et assurer à travers les contenus enseignés la pérennité du système d’exploitation capitaliste.

De ce point de vue, les conditions de cette rentrée, à nouveau dégradées du primaire au lycée, révèlent que l’école publique française est, comme l’ensemble de la société, touchée par une crise structurelle qui pourrait inquiéter y compris la classe capitaliste : la crise de recrutement (près d’un poste sur quatre n’a pas été pourvu, dans le Second degré, à l’issue des concours de recrutement) a conduit Hollande à « demander au ministre des Finances de prolonger le travail sur l’attractivité du métier d’enseignant » (sic !).

La hausse démographique ( + 49 000 élèves cette année dans les 1er et Second degrés), les départs massifs à la retraite d’ici 2020, la nécessité de rétablir une formation sérieuse pour les enseignants, le nombre de jeunes sortant sans qualification (un jeune sur cinq environ), sont autant de raisons objectives de créer des postes par dizaines de milliers.

Mais le régime capitaliste étant ce qu’il est, ce nombre ne doit en aucun cas peser sur le niveau de ses profits !

D’où l’insuffisance criante des moyens donnés à l’école publique, aggravant les conditions d’étude (le nombre d’élèves par classe augmente encore, passant largement au-dessus de la moyenne de l’OCDE), les inégalités entre élèves selon leur milieu social, les conditions de travail et le manque de formation des enseignants.

D’où le refus d’augmenter les salaires des professeurs, gelés depuis 2010 (perte de 20 % de pouvoir d’achat en 15 ans, salaires parmi les plus faibles d’Europe), et de diminuer leur temps de travail (plus de 40 heures par semaine en moyenne, selon les chiffres du Ministère).

D’où, aussi, le recours à des contre-réformes (rythmes scolaires et « réforme du collège ») qui réduisent le temps scolaire (au profit du « péri-scolaire ») et appauvrissent les contenus, font exploser le cadre national sous couvert d’autonomie des établissements mis en concurrence, qui imposent une gestion locale de la pénurie et dessinent les contours d’un système éducatif à l’anglo-saxonne : le privé et son offre de formation diversifiée pour les riches, le public et son socle commun minimaliste pour les pauvres. Ces pseudo réformes, menées avec précipitation, autoritarisme et incompétence, ont suscité de fortes mobilisations, chez les travailleurs des écoles et collèges ; mais cantonnées par les directions syndicales à des journées d’action, ces luttes n’ont pas réussi à converger vers un mouvement d’ampleur national. Une nouvelle grève contre la « réforme du collège » est prévue pour le 17 septembre.

Le Parti révolutionnaire – Communistes – exprime son soutien aux travailleurs et travailleuses de l’Éducation nationale engagé-e-s dans la lutte pour la défense de leur service public .
Il rappelle que l’avenir de l’École publique dépend étroitement du régime politique qui la contrôle : sous le capitalisme, son asphyxie et sa privatisation progressive se poursuivront, accentuant les inégalités et les injustices subies par les jeunes des milieux populaires ; sous le socialisme, société libérée du joug de l’exploitation, l’École sera une priorité réelle, car exclusivement tournée vers les besoins de la jeunesse, du peuple et du pays.