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IC 93 : Le Capital continue de nous faire payer sa crise...

mercredi 1er juillet 2009

L’offensive du Capital se poursuit malgré la combativité et la colère des grévistes ; les directions syndicales d’aménagement ont réussi à empêcher la grève générale… pour la plus grande satisfaction des patrons et du pouvoir. « Heureusement que la CGT n’est plus celle de 68 », disait FILLON.

Attaques contre les salaires et l’emploi

Depuis 1978, le pouvoir d’achat des couches populaires a baissé de 20 à 30%. Avec SARKOZY, l’allongement du temps de travail, de durée de carrière, et le travail le dimanche se traduisent par l’extraction de plus-value absolue qui paupérise totalement les ouvriers et employés. Les fermetures d’usine, les licenciements massifs nous conduisent vers le million de chômeurs supplémentaires. Les conséquences touchent l’ensemble du monde du travail, avec le renforcement de l’exclusion et de la misère. Déjà 8 millions de travailleurs vivent en dessous du seuil de pauvreté, bien d’autres privés d’emploi vont les rejoindre. Le chômage accentue la concurrence entre salariés pour la vente de la force de travail, et tire les salaires vers le bas et la précarité. Les inégalités sociales s’aggravent (voir tableau) avec les cadeaux fiscaux aux richards et les « aides » au Capital. La politique de la réaction sarkozyste est de transférer toujours plus les revenus du travail dans les poches de l’oligarchie financière. La surexploitation devient la règle des capitalistes qui, pour assurer leur profit maximal, n’hésitent pas à préconiser la baisse du salaire nominal comme à British Airways.

SARKOZY/MEDEF : l’ivresse de la revanche antisociale

Présenté mensongèrement, par les médias à la botte, comme " renforcé par sa victoire électorale aux élections européennes " (11% des inscrits !), le pouvoir accentue sa stratégie consistant à faire payer la crise du capitalisme par ses victimes. La dette colossale de l’État bourgeois (1 500 milliards d’euros) a été largement provoquée par les aides publiques aux monopoles soi-disant « pour sauver les emplois et les investissements ». Or cette dette indéniable devient l’alibi pour justifier les suppressions drastiques d’emplois publics : 34 000 postes dont 16 000 pour la seule Éducation nationale, alors que les dépenses parasitaires en faveur du Capital augmentent. École, transports, santé publique, logement, recherche, sont des secteurs sinistrés où les besoins vitaux sont toujours moins assurés.

SARKOZY annonce un nouvel emprunt d’État de 80 à 100 milliards pour les entreprises du numérique, de la recherche, des nano-technologies. Ces mesures vont en réalité accroître le déficit de l’État, puisque l’argent dégagé par l’emprunt alimentera les caisses du Capital, comme cela s’est fait en début d’année (Areva, Renault, PSA, Airbus) au détriment des salaires et de l’emploi. Les parlementaires de l’UMP avancent de nouvelles propositions d’austérité renforcée : hausse du taux de cotisation/chômage des fonctionnaires ; fiscalisation des indemnités relatives aux accidents du travail ; refonte du système d’aides sociales. Toutes ces mesures visent à ponctionner les couches populaires doublement, par la limitation de la satisfaction des besoins, et en leur faisant payer les conséquences des suppressions de postes. L’emprunt GISCARD coûta 80 milliards de francs de paiement des intérêts, soit 10 fois le montant emprunté ! C’est un dispositif de l’État capitaliste qui vole l’argent des travailleurs pour alimenter la masse des capitaux et ainsi trouver les fonds que l’on placera sur les actions boursières. C’est précisément cela le pourrissement du capitalisme au stade impérialiste. La politique de SARKOZY n’a pu s’imposer que par l’entreprise de division et de soutien camouflé au pouvoir, menée par les bureaucraties collaboratrices de classe. L’enjeu de classe immédiat est bien le combat multiforme, local, régional, national, pour que se fédèrent les mécontentements et les résistances, afin que la crise soit payée par ses fauteurs, les capitalistes. Les paroles de Benoît FRACHON, dirigeant historique de la CGT, contre les syndicalistes complices du pouvoir et du patronat, gardent leur actualité :

« L’arrogance patronale ne peut-être vaincue par des courbettes ou des manœuvres subalternes. Contre une attitude aussi insolente, seule l’unité pour une action déterminée est efficace. Cette unité, les travailleurs la veulent… En définitive, elle se fera malgré tout, et ceux qui auront essayé de l’entraver seront balayés par le courant des masses. »

NON, LES TRAVAILLEURS NE PAIERONT LEUR CRISE !