Accueil > International > Année en cours > Royaume-Uni : A propos du Parti travailliste...

Royaume-Uni : A propos du Parti travailliste...

mardi 6 octobre 2015

L’élection de Jeremy Corbyn comme secrétaire du Parti Travailliste a fait couler beaucoup d’encre. Après la cuisante défaite de ce parti aux dernières élections législatives, d’aucun prévoyait un renforcement de son courant le plus favorable aux intérêts du grand capital, la poursuite de ce qui fut engagé par Margaret Thatcher et Tony Blair et poursuivi par les gouvernements travaillistes et conservateurs.

Malgré une campagne vigoureuse pour accréditer l’idée que le seul choix était dans cette continuation, c’est un représentant de l’ « aile gauche » du parti travailliste qui a été largement élu. L’analyse des résultats montre que J. Corbyn a obtenu un large soutien des jeunes et des syndiqués. A cette occasion des dizaines de milliers de britanniques se sont inscrits pour participer à l’élection et ils ont largement plébiscités J. Corbyn.

Il n’est pas possible de comprendre ce résultat sans prendre en considération le profond ras le bol qui secoue la société britannique. Les contrats zéro heure où le patronat dispose des salariés à sa façon, la liquidation du service de santé publique, du logement public, des services publics en général, le développement de la misère et le rejet de la participation aux guerres impérialistes en particulier en Irak ont suscité de nombreuses manifestations populaires d’une ampleur inégalée depuis des décennies.

C’est le rejet de cette politique qui est au coeur de l’élection de J. Corbyn qui sur ces questions a affirmé son attachement aux services publics et à une politique de paix.

Il nous faut cependant mesurer qu’il n’a pas mis en cause pour autant le système capitaliste lui-même et qu’il s’en tient à une vision de redistribution des richesses produites dont il est possible de mesurer les limites dans le contexte de la crise aiguë du système capitaliste. Déjà, J. Corbyn marque les limites des changements qu’il envisage. Il ne se prononce pas sur la place du Royaume Uni en Europe en affirmant qu’il faut que celle-ci devienne sociale. S’il se dit contre l’armement nucléaire, il n’envisage pas de rompre avec l’OTAN et donc avec le bras armé de l’impérialisme US. En posant ces « limites », J. Corbyn ne remet surtout pas en cause la suprématie du système des monopoles capitalistes. Retenons que dans toute l’Europe les mécontentements grandissent, ils entraînent la recherche d’une issue que les partis officiels s’appliquent à capter.