Accueil > International > Année en cours > CES : un Congrès aux couleurs du Capital

CES : un Congrès aux couleurs du Capital

mercredi 7 octobre 2015

Du 29 septembre au 2 octobre s est tenu, à Paris le 13 ème congrès de la CES, Confédération Européenne des Syndicats, rassemblant 500 délégués issus de 39 pays. Pour la France, les 5 syndicats membres : la CGT, FO, la CFDT, la CFTC et l UNSA y ont pris part.

Le choix des intervenants de la première séance ne laissait aucune place au doute. Se sont succédés à la tribune : François Hollande, Jean-Claude Juncker, président de la Commission européenne et Martin Schulz, président du Parlement européen. Un trio de choix pour défendre les revendications du grand patronat dont les trois invités susnommés sont de zélés serviteurs.

Hollande a plaidé pour " une convergence » oui, mais par le bas « des politiques européennes en matière de droits sociaux, de salaires et de protection sociale".

Jean-Claude Juncker a déclaré : « l’état de l’Union Européenne n’est pas bon. Il n’y a pas de quoi être d’un optimisme béat ». Puis, il est parti déjeuner avec Manuel Valls.

Martin Schulz, " l’ami du syndicat européen ", ne pouvait être en reste. La seule tâche qu’ il assigne aux syndicats : " dompter la révolution numérique " comme " ils ont « dompté la révolution industrielle ».

La secrétaire sortante de la CES, Bernadette Ségol, elle, était passée directement de l’université aux sphères ouatées du syndicalisme européen. Elle a bien mérité du capitalisme, elle a œuvré servilement pendant tout son mandat pour que les capitalistes rencontrent le moins possible d’obstacles dans l’exploitation des salariés européens. Son successeur l’Italien Luca Visentini est écrivain et poète. Il a même trouvé le temps de publier 3 recueils de poèmes en 2004-2005 et 2007. Il a déclaré dans son discours de clôture : « Je me prononce pour une nouvelle alliance avec le patronat intelligent ».

Tous ensemble, dirigeants politiques porte-voix des grands patrons du Business Europe et du CEEP ( les homologues patronaux de la CES) se sont félicités de ce " dialogue social" européen sans aucune fausse note que les " partenaires sociaux " entretiennent et qu’ ils souhaitent protéger de toute irruption de lutte des travailleurs. La CFDT et les siens ont approuvé bruyamment.

La CGT et ses huit délégués ne risquaient guère de porter la voix de la lutte des classes dans cette enceinte après que Philippe Martinez ait confirmé la semaine précédente « le syndicalisme est par essence réformiste » .

Mais des luttes se développent tant en France qu’en Europe sans attendre que le syndicalisme soit "rassemblé", ni que les partenaires « dialoguent ». Elles seules permettront d’avancer, de construire une autre société .

Une chose est sûre, l’Union européenne est par essence capitaliste et la CES en est une des institutions complètement intégrée.