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Guerre au Moyen-Orient : l’analyse de notre Parti

jeudi 22 octobre 2015

Moyen Orient : Accélération de la guerre de repartage impérialiste de la région

Le repartage du monde et des zones d’influence entre les puissances impérialistes concerne pratiquement tous les continents et traduit les antagonismes accrus entre les plus grandes puissances impérialistes. L’analyse de tous les conflits en cours montre qu’il en est ainsi. Chercher une autre origine à ces conflits, c’est vouloir dissimuler que la cause des guerres qui se multiplient prend sa racine dans le système capitaliste lui-même et dans son besoin d’accumuler toujours plus de profits.

Le Moyen- et le Proche-Orient sont de ce point de vue des zones particulièrement sensibles. Moyen- et Proche-Orient sont des notions larges qui désignent une zone particulièrement stratégique, carrefour et voie de communication entre les continents asiatique, européen et africain, zone riche en ressources gazières et pétrolières. Depuis l’extension du capitalisme aux XVIIIe et XIXème siècles par la voie des conquêtes et des dominations coloniales, cette région a été l’objet de conflits permanents entre les puissances impérialistes dominantes, qu’il s’agisse des Balkans, de la Perse, de la Turquie, des pays de la péninsule arabique et du Golfe, des pays riverains de la Méditerranée jusqu’à l’Asie centrale.

L’émergence de pays socialistes avec l’URSS a créé des conditions plus favorables à l’émancipation de pays jusque là sous la stricte domination des puissances impérialistes. Elle a amené une stabilité relative malgré des coups d’États fomentés par la CIA et visant à liquider des gouvernements trop enclins à affirmer l’indépendance économique et politique de leur pays. La formation de l’État d’Israël à partir de 1947 a profondément changé la situation en donnant aux USA un allié sûr dans la région, allié qui possède aujourd’hui, au mépris du droit international, l’arme atomique.

La défaite du camp socialiste a brutalement modifié le rapport des forces. Très rapidement les pays d’Europe centrale, comme les Républiques issues de l’URSS (à l’exception de la Biélorussie) ont liquidé la propriété sociale et les acquis populaires. Ils se sont engagés dans un développement effréné du capitalisme. En peu de temps, la plus puissante d’entre elles, la Russie, est redevenue une force qui compte à la fois par sa capacité militaire et par ses grands monopoles publics ou privés, qui se sont « invités » dans la compétition économique mondiale. Le choix fait par la Chine d’un développement capitaliste a permis de constituer, avec d’autres pays émergents, à côté et contre les anciennes puissances capitalistes un ensemble qui aspire à prendre toute sa place dans le repartage du Monde au profit de leurs nouveaux champions monopolistiques.

Cette situation de concentration des monopoles s’est accentuée, la fusion du capital financier et industriel est devenue la règle à l’échelle de toute la planète. Ces monopoles imposent dans leur lutte pour la domination des règles qui font reculer les avancées démocratiques et sociales. L’exemple le plus frappant de ce point de vue est bien celui de l’Union Européenne, ensemble capitaliste, qui permet aux monopoles de dicter directement les règles qui sont favorables à l’accumulation du capital.

Nous sommes rentrés dans une étape nouvelle du développement capitaliste. A cette étape, le repartage du Monde et des zones d’influences est plus que jamais à l’ordre du jour. Les idéologues bourgeois nous abreuvent de considérations morales à ce propos : « Combattre l’Empire du mal », « Le choc des civilisations » gloussent-ils mais jamais ils ne mettent en évidence la lutte aiguë des monopoles pour s’approprier l’exclusivité des richesses minérales, de la terre et des hommes nécessaires à la réalisation des profits capitalistes.

Les luttes pour ce repartage se traduisent par des interventions militaires directes comme ce fut le cas en Afghanistan en Irak, en Yougoslavie et en Libye où les USA et leurs alliés de l’OTAN opérèrent à visage découvert. C’est le cas aujourd’hui de la Syrie et du Yémen victimes d’une agression voulue et entretenue par les USA et la France et qui s’exerce par des troupes de mercenaires mais ces guerres ont aussi, sous le contrôle des forces impérialistes dominantes, des caractéristiques plus régionales et s’y affrontent des pays de second rang comme la Turquie, l’Iran, le Qatar, les pays du Golfe, chacun essayant de devenir ou de maintenir sa domination régionale. Dans ce concert, Israël est au premier rang et joue un rôle central pour son propre compte et celui des USA. C’est dans un contexte, à la fois de découverte de vastes gisement gaziers en Méditerranée dans les eaux territoriales et dans les zones maritimes revendiquées par le Liban, ’Israël, la Palestine, Chypre, la Grèce et la Turquie et des prémices d’une nouvelle phase de la crise du capitalisme que s’affrontent les monopoles gaziers et pétroliers, les pays concernées et les puissances appartenant au système impérialiste mondial. Dans ces conditions, les alliances se font et se défont en fonction des intérêts défendus.

Dans ces alliances, il n’y a pas de place pour l’émancipation des peuples. Ainsi, la légitime lutte du peuple palestinien pour un État est-elle étouffée par Israël avec l’accord des grandes puissances en conflit, qu’il s’agisse des USA ou de la Russie. Le premier ministre Netanyahu a même reçu lors de son voyage officiel en Russie l’assurance que les intérêts d’Israël ne seraient pas touchés, autant dire qu’il a obtenu le feu vert pour réprimer le peuple palestinien avec la complicité de la bourgeoisie au pouvoir en Palestine. Dans le monde aucune voix ne s’est faite entendre pour condamner la violente répression du pouvoir Turc contre les Kurdes.

Les interventions militaires qui s’enchaînent en Syrie n’ont pas d’autre but que d’assurer à ceux qui les mènent des positions leur permettant de négocier le partage ultérieur de la région.

Sans la résistance acharnée du peuple syrien, son attachement à un État unitaire, la question aurait été réglée comme elle l’a été en Irak et en Libye par la destruction de l’État et la mise en coupe réglée des populations par des bandes de mercenaires au service de l’impérialisme.
Soyons lucides sur la nature des affrontements en cours. Leur cause est en rapport direct avec la nature même du système capitaliste.

La tâche des révolutionnaires est de combattre ce système, de défendre la souveraineté des Nations et d’ouvrir la perspective d’un changement révolutionnaire de société.