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Arabie Saoudite : après les mises à mort un cran de plus dans l’affrontement

lundi 11 janvier 2016

Dans notre numéro de décembre N° 434, nous indiquions à propos de la situation au Moyen- et Proche-Orient qu’un : « affrontement inter impérialiste de grande ampleur se prépare... ». Nous n’étions pas les seuls à expliquer que les guerres en cours ne sauraient s’apaiser tant que les intérêts qu’elles recouvrent sont en action. Ainsi, l’organe d’information et d’analyse américain "Foreign Policy" écrivait récemment :" Au cours de ces cinq dernières années dans le Monde, le nombre des conflits armés s’est accru et il ne faut pas s’attendre en 2016 à une amélioration de la situation dans le règlement des crises de guerre". Le développement de la situation, et en particulier l’aggravation du conflit entre l’Iran et l’Arabie Saoudite nous donne raison.
Décrire ce conflit uniquement comme un conflit religieux entre Chiites et Sunnites, cette analyse superficielle masque en réalité la nature même des conflits en cours dans cette région.
Les faits sont connus : La mise à mort par la dictature saoudienne de 43 "terroristes" dont un dignitaire Chiite a mis le feu aux poudres dans un chaudron du Moyen-Orient où les guerres impérialistes embrasent la région et au-delà : Irak, Syrie, Libye, Yemen, Afghanistan, Soudan, Liban, Palestine sont au coeur de ces affrontements.
L’Arabie Saoudite, une dictature théocratique féroce, alliée des USA et de la France qui est un de ses grands fournisseurs d’armes, entend jouer le rôle de puissance régionale pour son compte et celui de ses suzerains. Possédant les plus grandes réserves mondiales de pétrole elle entend maintenir son leadership en abritant sa politique sous le couvert de la défense des populations sunnites. Ainsi, elle mène en alliée et en concurrence avec Daech et Al Qaida la guerre en Syrie, au Yemen et au Nigéria.
L’Iran l’autre grande puissance régionale qui entend jouer ce rôle est aussi un Etat théocratique. Ses réserves en pétrole sont tout aussi immenses que celles de l’Arabie Saoudite et sa place de leader régional s’assume par des interventions militaires, certes plus discrète, que celles de l’Arabie Saoudite mais non moins réelles.
Chacun fourbit ses armes et rassemble ses alliés tandis que les puissances impérialistes de premier rang s’appuient sur leurs champions régionaux. Notons que la Turquie et Israël ne sont pas étrangers aux affrontements en cours.
Tout cela, nous pouvons le lire ou presque dans la presse. Cette réalité n’est que la partie la plus visible de tous ces conflits, la partie la moins visible est soigneusement cachée.

Cette partie c’est celle des formidables intérêts capitalistes en jeu. Cette région représente plus de 50% des ressources pétrolières actuelles et dans le détroit d’Ormuz, circulent en direction principalement de l’Asie plus de 30% du commerce pétrolier mondial. Royal Dutch, Shell, Exxon Mobil, BP, Chevron et Total auxquels il faut ajouter les majors gaziers en premier lieu Gazprom, sont les monopoles pétroliers et gaziers les plus puissants. Leur capitalisation dépasse celle de beaucoup d’Etats et ils ont d’immenses intérêts à défendre. Leur concurrence est encore plus féroce lorsque le prix du baril est au plus bas. En réalité, c’est la lutte de ces multinationales qui engendre ces guerres qui sont bel et bien la forme des affrontements au sein de l’impérialisme pour le repartage du Monde.
La lutte pour la paix et l’indépendance des peuples et des Nations ne peut donc passer que par une lutte résolue contre le capitalisme dans sa forme impérialiste. Le meilleur soutien aux peuples qui souffrent cruellement de ces conflits c’est celui de la lutte contre ces monstres monopolistiques et leur expropriation, au bénéfice des peuples et des Nations.