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La révolution numérique, au profit de qui ?

jeudi 14 janvier 2016

La nouvelle économique numérique, une révolution

 
La révolution numérique mondiale a débuté dans le milieu des années 60. La messagerie instantanée, le courrier électronique avec les ordinateurs, ont permis d’abord à des collectivités de se relier entre elles. Dans les années 1970, l’ordinateur personnel a élargi progressivement et considérablement cette possibilité. Puis dans les années 2000, le téléphone mobile et aujourd’hui les tablettes, les smartphones ont accéléré le mouvement.
Aujourd’hui par informatique les informations circulent de façon permanente et quasi instantanée. La connexion en réseau mondial permet d’informer, de communiquer, d’échanger la réflexion, elle relie les humains entre eux, elle permet d’échanger les expériences, les découvertes, d’en accélérer l’application, de favoriser l’émergence de nouveaux progrès, de l’innovation. Elle permet d’acheter, de vendre, de produire, de distribuer sons, images, textes, programmes etc.
C’est une révolution technologique qui a de plus en plus des applications dans de multiples domaines dans tous les secteurs de la société :
- Les livres, la télévision, le cinéma, tous les médias, les transports.
- Dans l’industrie par ex. avec l’impression 3D dans le bâtiment, l’automobile, l’industrie d’armement…
- Dans l’enseignement, il permet pour les élèves de stocker des documents, des devoirs, d’échanger. Elle est un outil aussi pour les enseignants.
- Dans le domaine de la santé elle concerne les consultations, les diagnostics, avec la 3D et son application, dans la chirurgie, la génétique. D’autres développements viendront avec l’arrivée des biotechnologies et des nanotechnologies.
Cette nouvelle révolution technologique pourrait permettre des progrès considérables pour l’humanité toute entière, pour améliorer la vie, pour le progrès humain, social.
Aujourd’hui à qui profite-t-elle d’abord, dans quel but est-elle utilisée, développée ?
Le capitalisme s’accapare le numérique
A propos du salon mondial annuel de la High-Tech qui s’est tenu la semaine dernière à Las-Vegas, le journal financier « Les Echos » écrit : l’arrivée en force des grands groupes , Valéo, La Poste, Engie, Dassault-Système etc. , restera l’un des faits marquants de ce salon
Les grands groupes capitalistes arrivent en effet en force dans le numérique pour capter les nouvelles sources de profits. Par ex. dans les transports avec le covoiturage, les taxis, la logistique, le tourisme, les services à la personne. Cette nouvelle forme d’activité devrait peser 94 milliards d’euros annuels d’ici 3 ans.
Le Ministre Macron, relayé par les médias, vante la création des start-up, des micro-entrepreneurs.
J.M. Messier ex.patron de Vivendi devenu banquier d’affaires, dans une interview au Figaro économique explique : « Les grands groupes ont compris que le consommateur préférait de plus en plus l’usage à la possession, ce qui a permis l’émergence de cette économie de partage. Aujourd’hui Facebook, le premier éditeur du monde n’a pas de journaux, Airbnb, le premier hôtelier du monde n’a pas d’hôtels, Uber, la première ,société de taxis n’a pas de voitures, Amazon, le premier distributeur n’a pas de magasins.
Plus de propriété ? Mais ces plateformes opératrices, des champions appartiennent à un ou des propriétaires qui font travailler des centaines, des milliers d’hommes et de femmes qui leur permettent d’engranger des dividendes, car ils les taxent, ils les font payer.
Ils ne possèdent pas de moyens de production, ils ne produisent pas de biens matériels, ils possèdent les grands moyens d’échange.
- Airbnb, l’hôtelier sans hôtel, règne sur la location de 1,5 million de chambres. Il prélève 6 à 12% du prix par chambre louée.
- Uber, plateforme de taxi sans voiture et sans chauffeur qui officie est estimé par les investisseurs à 47 milliards d’euros (autant que Général-Motors). Les « indépendant sont plus que dépendants, impossible pour un chauffeur de fixer ses propres prix et il doit verser à Uber 20% du prix de chaque course. Uber qui opère dans le monde a une concurrence rude, en Chine où il est implanté il se livre une concurrence acharnée avec son concurrent local Didi Kuadi
- Blablacar, leader du covoiturage mondial prélève 11% du prix du covoiturage. Avec 20 millions d’utilisateurs, il a levé 188 millions d’euros en 2015.
Les multinationales ont bien compris les sources de profits fabuleux qu’ils peuvent tirer du développement de cette nouvelle économie qui leur offre des opportunités en instaurant une nouvelle forme d’exploitation maximum. Orange, la Poste, BNP-Paribas, Saint-Gobain, Dassault…créent des start-up.
Le nombre de micro-entrepreneurs a doublé en 5 ans, ils sont aujourd’hui plus d’un million. Créer sa micro-entreprise peut apparaître un progrès pour celui qui est au RSA sans être déclaré, pour des jeunes sans travail. « Ils travaillent plus, la rémunération ne suit pas toujours mais ils sont ancrés à l’activité économiques et à des perspectives de mobilité »a déclaré Macron. Quel formidable avenir offert à la jeunesse comme l’a décrit un futurologue américain décrivant une journée de travail : « Chauffeur Uber le matin, livreur pour Amazone l’après-midi et le reste du temps il louera sa chambre d’amis via Airbnb… »
Pas d’assurance chômage, pas de couverture sociale, des revenus très faibles, des horaires flexibles, c’est la précarisation absolue, telle que la rêve le patronat capitaliste qui voudrait profiter du développement du numérique pour accélérer la casse du code du travail, avoir des salariés flexibles, baisser toujours plus le « coût du travail ».
Le Président d’Altedia (Cabinet de Conseil) déclare aux « Echos » : « La page du taylorisme, de l’organisation scientifique du travail se tourne définitivement ». Et ajoute Alain Bloch professeur à HEC, la première marche est « d’acclimater les salariés » !
J. Marie Messier dit aussi au gouvernement : « je constate quelques progrès mais il reste de sérieux obstacles. La flexibilité du travail est insuffisante, le niveau des dépenses publiques est trop élevé et peu productif… Nous n’allons pas assez vite dans les réformes ».
Hollande et son gouvernement utilisent le développement du numérique pour répondre aux exigences capitalistes.
Sans attendre ils livrent les marchés publics nationaux aux Multinationales. Par exemple, celui de l’éducation nationale. Alors que celle-ci dispose des ressources humaines compétentes pour créer ses propres outils, l’administration a passé le 30 novembre 2014 un marché avec Microsoft (le marché du numérique à l’école est évalué à 100 milliards d’euros à l’échelle mondiale avec une croissance prévue de 1500% d’ici 10 ans). Microsoft qui va former les 2500 chefs d’établissements disposera d’une vue d’ensemble du système d’éducation français et de l’ensemble des données privées concernant tous les personnels et des élèves puisqu’elles vont lui être confiées.
Les nouvelles régions pourront aussi passer du partenariat avec les grandes entreprises privées.
Le Ministre Macron et Gattaz Président du MEDEF sont allés ensemble au salon de Las-Vegas avec plusieurs représentants des multinationales françaises. A son retour Macron est allé inaugurer le 6ème immeuble d’une entreprise de vente en ligne. Il en a profité pour rappeler les objectifs de la stratégie du gouvernement pour les nouvelles opportunités économiques (dites NOE) : faire accélérer l’aide aux entreprises, aller plus loin que ce qu’on a déjà fait pour la simplification du marché du travail, sa fluidification, aider les entrepreneurs à prendre le risque d’embaucher des jeunes.
Les lois
- Le gouvernement met en discussion la semaine prochaine à l’Assemblée Nationale un projet de loi : « loi de la République du numérique » destinée au grand public, qu’il se targue d’avoir soumis aux internautes qui ont fait des suggestions. Cette loi comportera des facilités pour l’accès aux données publiques, elle vise à permettre l’accès au Web des territoires de France qui en sont aujourd’hui privés et encadrera les jeux vidéos en ligne qui sont un marché estimé à 800 millions d’euros pour 2018
- Un 2ème projet de loi est la feuille de route du gouvernement, intitulé « réforme du marché du travail et l’impact numérique » sera présenté en mars par la Ministre du travail M. ElKrouri qui insérera, en liaison avec Macron, des propositions sur la réforme du droit du travail en liaison avec le développement du numérique Ils avanceront au maximum leur projet de casse du code du travail, la disparition des conventions collectives au profit des « négociations » au niveau de l’entreprise pour accélérer la dérégulations, livrer les salariés au bon vouloir du patronat.
L’Europe
Les gouvernements français et allemands travaillent à une intégration européenne avec la création d’un marché européen unique du numérique, pour permettre aux multinationales européennes de tirer profit au maximum des opportunités et se placer dans la concurrence capitaliste mondiale
Le capital, avec le concours de son gouvernement se sert du numérique pour tenter de porter un nouveau coup aux travailleurs, au peuple.
La seule réponse, est la lutte partout, tous ensemble contre les coups du capital et du gouvernement pour les faire reculer. La lutte contre ceux qui nous exploitent et qui possèdent les grands moyens de productions et d’échange, les leviers de l’économie et le pouvoir.
Le capitalisme s’accapare les richesses produites par le travail des salariés, il détourne les progrès scientifiques et techniques. Aujourd’hui il détourne cette nouvelle révolution technologique et empêche ainsi l’humanité de profiter de ces progrès pour améliorer la vie des êtres humains, pour préserver la vie, pour assurer l’avenir de la planète.
Le capitalisme est un frein au développement harmonieux de l’humanité. Il faut le combattre sans ambiguïté et sans répit. Il faut en finir avec ce régime et instaurer le socialisme en France et dans le monde.