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Tunisie : Le jasmin de la colère

mercredi 3 février 2016

La situation sociale en Tunisie n’a cessé de se dégrader depuis des mois et aucune réponse n’a été apportée par le pouvoir pour qu’une amorce de changement se fasse jour. Depuis les révoltes qui ont conduit au départ de Ben Ali en 2011, les forces politiques de la bourgeoisie tunisienne, qu’elles soient laïques ou d’inspiration religieuse, qu’elles aient été au service de Ben Ali ou non, s’emploient à continuer une politique au service des capitalistes locaux. Les monopoles étrangers présents en Tunisie n’ont pas à se plaindre du pouvoir, ils génèrent des couches parasitaires serviles à leurs intérêts.

La raison principale des émeutes qui ont explosé résulte du fait que le chômage qui touche de larges couches de la population et en particulier les jeunes y compris diplômés, n’a pas été endigué par le pouvoir. Au contraire, la crise de l’industrie touristique a encore accentué une situation très difficile. Le chômage des jeunes, qui dépasse les 30 %, et les inégalités sociales sont le combustible qui alimente les révoltes sociales. Le pouvoir y répond par la répression et le tout sécuritaire en s’abritant derrière la menace d’actions terroristes. Si ces dernières sont une réalité alimentée entre autre par le chaos libyen, elles sont utilisées pour mettre au pas toute contestation sociale. L’absence d’une force politique révolutionnaire est évidemment un très lourd handicap car elle permet aux forces de la bourgeoisie tunisienne de manœuvrer pour maintenir leur domination.